SOM.MEJL DES FEUILLES
avec celui que les jeunes feuilles, diversement repliées , offraient déjà dans la préfoliaison, et l’on peut considérer le premier comme étant, jusqu'à un certain point, un retour au second. Aussi, aux modifications que nous avons déjà indiquées, peut-on ajouter quelquefois un degré de plus, celui de la plicature du limbe même des feuilles : nous citerons, pour exemple, celui de la foliole condupliquée en dehors dans les Oxalis. Plus les feuilles sont rapprochées de l’époque de la préfoliaison, plus elles retournent avec facilité à la disposition qu’elles présentaient à cette période de leur vie, plus elles sont disposées à dormir, et elles le deviennent de moins en moins en vieillissant. La mollesse des tissus, attribut général de la jeunesse ; la dureté qu’ils acquièrent de plus en plus avec l’âge, sont des indices de leur tendance plus ou moins grande au sommeil. Les feuilles épaisses, coriaces ou roides n’y sont pas sujettes; celles qui le sont se montrent toujours plus ou moins molles et minces. On y remarque aussi, le plus souvent, la présence des articulations si propres à favoriser le jeu des parties , et elles prennent au point d’attache des feuilles et des folioles un développement tout particulier dans les plantes signalées pour cette faculté , comme les Mimoses et beaucoup d’autres Légumineuses.
$ 656. Dans les jours sombres on voit les feuilles ou ne pas s’éveiller ou s’endormir beaucoup plus tôt, et la transition du clair à l’obscur, lorsque le temps se couvre à l’approche d’un orage, se fait sentir sur les plantes les plus impressionnables. Si l’on soustrait les plantes à l’influence de la lumière en les recouvrant ou les portant dans une chambre complètement obscure, elles prennent la position du sommeil, les unes plus tôt, les autres plus tard. Si on éclaire la chambre avec assez d'éclat, elles repassent à l’état de veille et se relèvent peu à peu. Decandolle, auquel on doit une suite d’ingénieuses expériences à ce sujet, était parvenu à tromper en quelque sorte et désheurer des Sensitives et quelques autres végétaux, à les faire dormir le jour dans une obscurité artificielle, à les faire veiller la nuit à la clarté des lampes. Il ne peut donc y avoir de doute au sujet de l'influence que la lumière exerce sur ce phénomène.
§ CS7. Cependant, de même que pour la direction naturelle des feuilles (§ Gô3), nous trouvons ici quelques faits qui semblent prouver que la lumière n’est pas l’agent unique. S’il est des plantes qui changent ainsi d’habitudes suivant qu’on fait varier son action, il en est d’autres qui, moins complaisantes, ne les perdent pas, qui dans l’obscurité même continuent à dormir la nuit et à veiller le jour. La Sensitive elle-même, privée de toute lumière
naturelle ou artificielle, présente des alternatives de sommeil et de veille, mais elles deviennent très-irrégulières. Les plantes des régions équinoxiales conservent dans nos serres, malgré l'inégale distribution des jours et des nuits, les mêmes habitudes de sommeil qu’on leur connaît dans leur pays natal, où les nuits sont égales aux jours. D’ailleurs les heures varient pour les différents végétaux, qui ne se règlent pas tous sur le jour et dont quelques-uns se lèvent ou se couchent plus ou moins long - temps avant le soleil.
§ 658. La lumière agit aussi sur les fleurs d’une manière analogue, avec quelques différences cependant qui tiennent à celle de leur structure et par suite de leurs fonctions. Certaines fleurs prennent sur leurs pédoncules, aux diserses heures du jour, diverses positions, telles qu’elles regardent toujours le soleil : et de là le nom d 'héliotropes qu’elles ont reçu (d’vjXi oç, soleil; xpoTir), action de tourner). On cite, sous ce rapport, le Soleil de nos jardins ( Ifelian thus annuus), où l’observation est facile à cause de la grandeur de la calathide qui forme sa fleur composée : mais , comme on voit quelquefois sur la même tige plusieurs fleurs tournées au même moment vers des points différents de l’horizon , cette propriété est au moins problématique.
§ 659. Un fait plus constant est celui de l’épanouissement de certaines fleurs à certaines heures, de leur occlusion à certaines autres. On a dit aussi d’elles que le premier état est leur réveil, le ■ second leur sommeil; et comme ces différentes fleurs s’ouvrent ou se ferment à des heures différentes, leurs habitudes une fois connues permettent de déterminer l’heure du jour par leur passage d’un de ces états à l’autre. C’est ce que Linné appelait l 'horloge de Flore, et les tables qu’il a construites pour le former ont été depuis étendues par d’autres observations. Mais, malgré toute la précision qu’on a cherché à leur donner , l'horloge est loin d’être bonne ; et c’est ce qu’il était facile de prévoir en réfléchissant que, dans notre climat surtout, tous les jours ne se ressemblent pas, que la floraison de certaines plantes se prolonge long-temps et se renouvelle même dans des saisons différentes, et que la lumière aussi inégalement distribuée doit déranger souvent l’instrument, précisément à cause de son extrême délicatesse.
§ 660. Les pétales ou les divisions qui les représentent ont, lésons par rapport aux autres, une certaine position que nous avons vue manifeste, surtout dans la préfloraison (§394). Pour s’épanouir ces parties s’écartent l’une de l’autre en dirigeant leur extrémité de dedans en dehors et de haut en bas ; lorsqu’elles se referment,
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