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MOUVEMENTS DES PARTIES DE LA FLEUR

D’autres fois c'est lo style qui se porte en dehors vers les étamines mobiles, comme dans les Passiflores, quelques Onagres et Cactus, le Nigella sativa, etc. On a observé même quelquefois une déviation assez forte pour que le style d’une fleur aille se mettre en rapport avec les étamines d’une autre ; dans une espèce de Collinsonia, par exemple.

Enfin, ces deux mouvements peuvent s’opérer à la fois; le stigmate et l’anthère se porter l’un vers l'autre par l’inclinaison, soit combinée, soit alternative, des filets et des styles, dans des Mau- Jr ves et autres fleurs de la famille des Malvacées, des Onagres, etc.

Le plus souvent, ce mouvement ne s’opère qu’une fois dans la i vie de la fleur; il est plus rare de le voir se renouveler plusieurs

iif fois. Peuvent-ils être comparés à ceux des feuilles et des corolles?

a Médicus, dans le Boerhaavia diandra , les a vus varier aux difTé—

[* rentes phases du jour et se modifier la nuit, tellement que, couché

3- sur le côté de la fleur le matin, le pistil, vers 1 0-1 1 heures, se rein- levait peu à peu vers lo centre jusqu’à ce que le stigmate ren-

bi- contrât quelqu’une des anthères; qu’au contraire, le soir, c’étaient

les étamines qui, couchées latéralement, se relevaient à leur tour in- pour aller trouver le pistil. 11 y avait donc un certain rapport entre la marche de ces organes et celle de la lumière, qui exerçait sur eux i» son influence si puissante sur la plupart des phénomènes végétaux. d § 665. Néanmoins d’autres agents peuvent la mettre en mouveen ment, et nous arrivons là à l'un des phénomènes les plus singuliers et jusqu’ici les moins explicables : celui de mouvements plus ilils ou moins brusques provoqués par l’attouchement d’un corps étranj ger. 11 y a déjà plusieurs siècles qu’on avait signalé le mouvevr- ment des filets de la Pariétaire lorsqu'on les touche, et par suite a duquel a lieu la déhiscence des anthères. Si, dans une Épine-vi- ». nette, on touche , même très-légèrement et à peine, la base d’un |f des filets, il se recourbe de suite en dedans comme si on lâchait un ? ressort, applique son anthère sur le stigmate, puis reprend plus } lentement sa position première; et cette expérience peut être rcf nouvelée un certain nombre de fois. Dans les Cistinées, dans le . Sparmannia l’irritation, portée de môme à la base des filets, exerce . un effet tout contraire, puisqu’ils se rejettent de dedans en de- . hors, s’éloignant ainsi du pistil ; mais ils y reviennent ensuite avec, ,i plus de force, comme un ressort plié en sens inverse de sa direction. Dans les Lobélias, la Gratiole, les Gentianes, ce sont les stigmates qui se meuvent par l’application d’un irritant étranger;

. et l’on voit alors les deux lames de celui de plusieurs Bignones [fig. 396), écartées au moment de la floraison, se rapprocher en se

contractant. Celui du Ruellia anisophylla, courbé dans un sens, so redresse lorsqu’on l’irrite, puis se courbe en sens opposé et vient ainsi se mettre en rapport avec les poils collecteurs de la corolle tout chargés de grains de pollen. Dans les Stylidium les fdets soudés avec le style forment une colonne habituellement pliée en dehors de la fleur, mais qui se relève brusquement dés qu’on la touche vers sa courbure. Les fleurons des Chardons, et d’autres plantes de la même famille, montrent, quand on vient à les toucher, une sorte de balancement dû à la contraction de leurs filets insérés sur la corolle, qu'ils entraînent ainsi dans leur mouvement.

Cette excitation, que nous opérons artificiellement, se- produit fréquemment dans la nature par le choc de l’air ou des petits corps qu’il transporte, et surtout par l’agence des insectes qui viennent se poser sur les fleurs et s’agiter au dedans en suçant les sucs des anthères et des stigmates. D’ailleurs le mouvement a quelquefois lieu sans excitation apparente, par exemple sur le Stylidium, vers le milieu des jours très-chauds, et on a remarqué qu’alors il est beaucoup plus lent et régulier.

§ 666. C’est principalement sur les feuilles qu’on a étudié les mouvements produits par une excitation venant du dehors; et chacun connaît la Sensitive , qu’on peut appeler vraiment classique sous ce rapport. Ses feuilles bipennées se composent d’un pétiole commun un peu redressé, de quatre pétioles partiels, situés deux à l’extrémité du précédent et convergents , deux un peu plus bas et en partant presqu’à angle droit; chacun d’eux porte plus de vingt paires de petites folioles horizontales. Les pétioles et les folioles sont articulés à leur base renflée on une petite masse cellulaire, dans laquelle les faisceaux vasculaires sont disposés en cercle près de la périphérie. Telle est la position des parties exposées à la lumière. Si l’on vient à remuer la plante un peu fortement. on voit sur-le-champ les folioles se redresser obliquement, de manière que celles d’une même paire s’appliquent l’une sur l’autre par la face supérieure et que toutes celles d’une même série s’imbriquent de bas en haut, puis le pétiole commun se rabat et devient pendant; enfin les quatre pétioles partiels se fléchissent en convergeant les uns vers les autres et tendent ainsi à devenir parallèles au commun, au bout duquel ils pendent. C’est précisément la même position que toutes ces parties prennent pendant le sommeil. Si, au lieu de remuer la plante, on touche une seule foliole, ou mieux encore son renflement basilaire, elle se redresse comme pour dormir; puis les voisines l’imitent de proche en proche: si c’est une foliole des paires inférieures, le redressement marche de

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