DIFFÉRENCE DES VÉGÉTAUX ET DES ANIMAUX
chlorhydrique et acétique ; se contracte par l'acide tannique en se combinant intimement avec lui. Tels sont les caractères distinctifs bien établis par les nombreux travaux de M. Payen.
Mais, si, au lieu d’examiner les membranes végétale et animale, isolées des autres matériaux qui remplissent leurs cavités et leurs interstices et le plus souvent les pénètrent et imprègnent elles— mêmes , nous les considérons associées à ces matériaux telles qu’elles forment l’ensemble du corps organisé, surtout à l’état de vie, la composition et les propriétés chimiques cessent de nous fournir des caractères généraux de distinction. Car nous trouvons dans les cellules végétales, d’une part, des produits quaternaires, analogues aux matières animales, quelquefois identiques; de l’autre, quelques produits purement minéraux (§ 314).
§ 676. Ün a signalé une autre différence dans la nutrition des deux genres. L’animal ne se nourrit que de particules organiques, le végétal que de particules inorganiques.
Mais on doit avouer que ces caractères , soumis peut-être à moins d’exceptions que ceux que nous avons employés en commençant, deviennent cependant comme eux fort incertains quand on veut les appliquer aux êtres situés sur la limite des deux règnes. M. Payen a constaté une composition chimique quaternaire tout à fait analogue à celle des animaux dans les petits corps végétaux capables de mouvements qui paraissent spontanés, comme les grains de la Fovilla, les corpuscules renfermés dans les tubes des Chara. On doit la présumer par analogie dans les Spores des Algues; et, à l’époque où elles se meuvent, elles forment le végétal tout entier, qui plus tard ne fera que se développer.
Quanta la nourriture de ces petits êtres, est-elle réellement connue? sait-on si ces Spores, qui présentent toute l’apparence des animalcules infusoires, ont un autre régime qu’eux et si l’eau où tous ces divers petits corps se développent entre pure dans les uns, chargée de particules organiques dans les autres?
g 677. Concluons que, si l’on compare les végétaux parfaits aux animaux parfaits, la somme des différences est grande et fournit une définition exacte et fondée sur plusieurs caractères à la fois; si l’on descend aux plus imparfaits, ou seulement du tout à ses parties, ces mêmes définitions qu'on continue à appliquer deviennent incomplètes, hypothétiques ou fausses; et l’impuissance où nous sommes de tracer une ligne nette de démarcation, de poser une règle sans exceptions, semble prouver l’unité du règne organique et confirmer, du moins par rapport à lui, cet axiome linnéen : Natura non facit saltus.