‹ Cours élémentaire d'histoire naturelleChapitre 153 sur 262 · CLASSIFICATION ET FAMILLES · texte numérisé non relu

CLASSIFICATION ET FAMILLES

§ 678. Quand nous jetons les yeux sur les végétaux répandus autour de nous, nous voyons dans chacun d’eux un individu. Ce nom même indique un tout indivis, des parties liées les unes aux autres sans discontinuité. L’apparence peut nous tromper souvent en nous montrant extérieurement comme séparées des plantes qui appartiennent à une souche commune cachée sous la terre. Ainsi les rhizomes du Carex arenaria , par exemple, parcourent une étendue très-considérable en longueur, émettant de distance en distance des tiges qui s’élèvent hors de terre et nous font l’effet d’autant d’individus distincts quoiqu’elles ne soient en effet qu’autant de parties d’un seul et même individu. II est clair que tous ces rejets offrent entre eux une ressemblance frappante ; telle qu’en les considérant à tort comme autant de pieds différents ; nous n’hésitons pas cependant à reconnaître que nous avons toujours affaire à une plante identique et à les appeler tous du même nom.

§ 679. Espèces. — Or cette ressemblance nécessaire des différents rejets d’un même individu peut se retrouver dans plusieurs individus réellement séparés. Un champ de seigle ou d’avoine nous en présente des milliers que nous pouvons facilement isoler l’un de l’autre, mais que nous ne saurions distinguer entre eux. Dans les champs, dans les jardins, nous reconnaissons de distance en distance des plantes que nous saluons sans hésitation du même nom. Cette collection de tous les individus qui se ressemblent ainsi entre eux a reçu , en histoire naturelle, le nom d'espèce (species) : leurs caractères communs, ceux dont la combinaison les distingue des autres, sont dits spécifiques. Nous savons de plus qu’en séparant les rejets d’un individu ou en faisant germer ses graines, nous obtiendrons autant d individus nouveaux semblables au premier. Cette notion complète la définition de l’espèce : collection de tous les individus qui se ressemblent entre eux plus qu’ils ne ressemblent à d’autres, et qui, par la génération , en reproduisent de semblables ; de telle sorte qu’on peut par analogie les supposer tous issus originairement d’un même individu.

§ 680. Variétés. — Cependant cette ressemblance fraternelle

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