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LINNÉ

encore on conservait des traces de cette dernière : c’étaient plusieurs arbres centenaires dispersés dans un petit bois sur remplacement actuel des galeries de botanique et de minéralogie. Il en reste encore un très-petit nombre, notamment le premier des Acacias qui ait été planté dans notre pays.

Mais, à ce sujet, faisons remarquer que, si la distinction des arbres et des plantes herbacées offre quelques avantages pour la plantation d’un jardin , elle constitue , dans toute méthode qui la prend pour base, un vice radical, puisque le même genre ( la Coromlie, par exemple) offre des espèces ligneuses à côté d’espèces herbacées; surtout puisque la même espèce (le Ricin, par exemple), herbacée dans certaines contrées, peut devenir ligneuse sous un climat plus favorable.

§ 687. Linné. — Le système de Linné, publié en 1734, fit abandonner généralement tous ceux qui l’avaient précédé. Il offrait un grand attrait de nouveauté en se basant sur les organes de la fécondation négligés jusqu’alors, et dont les usages physiologiques, d'une bien plus haute valeur que ceux des autres parties de la fleur, pouvaient être considérés comme une découverte encore récente. Linné, d’ailleurs, sut lier cette innovation à plusieurs autres d’une grande importance : il fit disparaître la confusion qui résultait de la multitude des variétés, qu’il réduisit ainsi que les espèces douteuses à celles qu’il savait nettement circonscrire ; et ce fut ainsi que, malgré l’addition d’un grand nombre de plantes nouvelles inconnues au temps de ses prédécesseurs, il ramena à 7,000 environ la totalité des espèces végétales. Il diminua aussi le nombre des genres, si bien établis néanmoins par Tournefort, et compléta leur signalement par l’emploi des étamines et de certaines parties du pistil. Mais surtout, grâce à des lois qui sont encore et resteront probablement en vigueur, il introduisit une admirable réforme dans la langue et la nomenclature botanique en définissant rigoureusement chacun des termes destinés à exprimer toutes les modifications d’organes qu’il devait employer comme caractères, et en réduisant l’appellation de toute plante à deux mots : le premier, substantif, qui désigne son genre; le second, adjectif , qui désigne son espèce. Avant lui, chaque genre portait bien un nom unique ; mais, pour l’espèce, ce nom devait être suivi d’une phrase entière récapitulant tous ses signes distinctifs ; plus il y avait d’espèces dans un genre, plus il fallait de signes pour les distinguer entre elles; les phrases, s’allongeant ainsi par les progrès même de la botanique , surchargeaient la mémoire au delà de ses forces et embarrassaient le discours, au milieu duquel la mention

d’une plante venait à chaque instant jeter toute une phrase incidente. C’était la confusion qui s’introduirait dans la société et dans le langage, si, au lieu de distinguer chacun par un nom de famille et un nom de baptême, on supprimait le second en y substituant l’énumération de plusieurs qualités distinctives de la personne. La nomenclature linnéenne déchargea donc la mémoire au profit d’autres facultés et dégagea l’allure de l’idiome botanique. Les ■ ouvrages où la série des plantes se trouvait exposée suivant son nouveau système devaient donc, offrant à la fois tous ces avantages, obtenir dès leur apparition une vogue presque universelle. C’est ce qui arriva. La réforme fut adoptée de tous les côtés et dans tous ses points : le système de Linné détrôna tous les autreset régna jusqu'à la fin du dix-huitième siècle presque sans contestation, si ce n’est de la part de quelques esprits plus retardés ou, au contraire, plus avancés que la généralité. On y classa toutes les plantes nouvelles à mesure qu’on les découvrait, et les tableaux . du règne végétal continuèrent à s'agrandir sans qu’on consentit à i changer les cadres. Comme on possède un nombre considérable d’ouvrages rédigés suivant le système de Linné et même de nos jours ; comme à cause de la nomenclature binaire, dès lors adoptée, ils sont consultés fréquemment et facilement ; comme, au contraire, la plupart des ouvrages antérieurs, écrits dans une langue qui n’est plus l’usuelle, ne le sont que rarement et n’ont conservé, pour la plupart, qu’un intérêt historique , nous avons dû omettre ou traiter rapidement les autres systèmes que l’élève n’est pas obligé de connaître. Mais il doit se familiariser avec celui de Linné, . et nous devons l’exposer ici avec plus de détail.

§ 688. Système de Linné. — On est habitué à définir ce système comme fondé sur le nombre des étamines, mais tout à fait à tort; puisque Linné, tout en choisissant dans les organes ses principaux caractères, a égard en premier lieu à d’autres considérations : celle de leurs rapports avec le pistil, séparé des étamines dans une fleur différente ou rapproché dans la même fleur; celle de leurs rapports entre elles, soit d’ahérencc par les filets ou par les anthères, soit de grandeur. Le nombre absolu ne vient qu’ensuite, c’est-à-dire au cinquième ou sixième rang. C'est, au reste, ce que le tableau suivant fera connaître d'un coup d’œil.

Étamines visibles ^0llj0llrs réunis non adhérents Etamines égales

etpistils dans la même fleur entre eux. libres cntreelles. 1 dans chaque fleur. ... 1 Monandrie.

2 2 Diandrie J . 244.

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