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| non réunis dans la même fleur. Fleurs mâles et femelles sur le même individu 21 Monœciey. 251.
sur deux individus différents. . . 22 Diœcie. et hermaphrodites, sur un ou plusieurs individus 23 Polygamie.
non visibles 24 Cryptogamie.
Nous avons déjà eu occasion, au chapitre de la fleur et des étamines, de faire connaître tous ces noms, qui, au reste, se trouvent! définis ici par le tableau même.
Les 24 classes ainsi obtenues sont subdivisées ensuite chacune d’après d’autres considérations puisées soit dans les étamines, soit dans les pistils. Ainsi, dans les 46e, 47e, 4 8e, 20e, 24e, 22e classes,, nous voyons reparaître le nombre absolu des étamines pour fournir des divisions secondaires : la monadelphie décandrie , par exemple,, comprendra les plantes qui offrent dix étamines réunies entre elles* par leurs filets; la gynandrie hexandrie , celles qui offrent six étamines portées sur le pistil ; la diœcie pentandrie, celles dont lesfleurs à cinq étamines sont dépourvues de pistils qu’on ne trouveque dans d’autres fleurs non staminifères et placées sur un individu différent. La 23e classe, d’après la distribution des fleurs de trois sortes sur un même individu ou sur deux ou trois différents, sesubdivise elle -même en polygamie monœcie , diœcie , triœcie. La 4 9e, dont les fleurs, réunies dans une même capsule, offrent cinqcombinaisons possibles de fleurs hermaphrodites, mâles, femelles* et neutres, se partage en plusieurs polygamies. Quant aux quinze premières classes, où le nombre absolu des étamines libres a déjà été employé, l’auteur, pour les subdiviser, a recours à des considérations tirées du fruit, court ou allongé dans la 4 5e, monosperme ( gymnospermie ) ou polysperme ( angiospermie ) dans la 4 4e; et, dans* toutes les autres, du nombre des styles, qui, simple, double, triple, multiple, donne les seetionsappelées monogynie, digynie, trigynie. . . , polygynie : par exemple, le Cerfeuil, qui a cinq étamines libres et deux styles distincts , se trouvera dans la pentandrie digynie.
§ 689. 11 est évident que toutes ces classes sont loin d’avoir la même valeur, puisque les unes sont fondées sur un caractère qui n’est, plus que secondaire dans les autres : le nombre absolu des étamines, par exemple. Ce nombre absolu, d’ailleurs, devrait avoir bien moins d’importance que le nombre relatif aux autres parties de la fieur, duquel résulte sa symétrie générale. Le nombre des styles est un caractère bien plus faible encore, car il n’est qu’apparent : le réel se trouvant souvent dissimulé soit par des soudures, soit par des dédoublements; de sorte que le compte des styles ne donne pas celui des carpelles, qu’il importerait bien plus de connaître et qui serait bien mieux d’accord avec l’étymologie du nom destiné à indiquer le nombre des organes femelles. Ainsi la pentandrie monogynie contient la Pervenche , qui a deux carpelles; le Diosma , qui en a trois ou cinq; et la pentagynie , au contraire, la Statice , dont l’ovaire est uniloculaire.
MÉTHODE DICHOTOMIQUE. 515
11 est vrai que ces défauts doivent être oubliés si l’on se contente de considérer le système de Linné comme un moyen commode et sur d’arriver à la détermination des plantes. Mais on pourra se convaincre par l’expérience qu’il est loin de l'être autant que le prétendent ses partisans exclusifs; et si en sortant des mains de son auteur il pouvait bien s’appliquer aux genres peu nombreux sur lesquels il avait été construit, il n’offre plus ces avantages après avoir reçu les nombreuses additions de scs successeurs. Les variations dans le nombre des organes sur les tleurs d’une même plante, celles qui résultent de leurs adhérences à divers degrés, de leurs avortements, jettent à chaque pas du doute sur la place systématique qu'elle doit occuper. Les exceptions se sont multipliées; les espèces des genres les plus naturels ont dù se séparer entre des classes différentes, et quelquefois même on serait obligé d’en faire autant pour les diverses tleurs d’une même espèce.
§ 690. Méthode dichotomique. — Lamarck un jour soutenait que. pour la solution de ce problème qui se propose la découverte du nom inconnu d’une plante, on pourrait trouver des procédés plus commodes et plus sûrs que ceux du système linnéen. Il accepta le défi qui lui fut porté à cette occasion, et bientôt, en réponse, apporta le plan et l’essai d’une méthode qu’on connaît généralement sous le nom d 'analytique ou mieux dichotomique. En effet, elle consiste à poser à l’élève une première question, qui partage les végétaux en deux classes, entre lesquelles il doit choisir d’après un caractère de la plante qui la place nécessairement dans l’une des deux > à l’exclusion de l’autre; puis une seconde question qui partage cette classe choisie en deux autres, à l’une desquelles la plante se rapportera ; puis une troisième, une quatrième, etc., etc.: de sorte qu'à chaque question le cercle se resserre, jusqu’à ce qu’une dernière nous mène, par cette suite d’exclusions successives, à l’unité que nous cherchons. Ce procédé diffère des autres systèmes parce que, bien plus franchement artificiel, il se sert presque indifféremment de tous les caractères sans s’astreindre à un ordre nécessaire. Dès qu’il y en a un sujet à exception, douteux, seulement difficile à apercevoir, il saute à un autre, et n’hésite même pas à vous conduire au même but par deux chemins différents. 11 en résuite que la méthode dichotomique ne peut guère être réduite en tableau, comme celles que nous avons mentionnées ou exposées avant; car elle emprunte quelque chose à loutes à la fois, et ses divisions, qui n’ont rien de fixe, varient d’après le but qu’on se propose. Tout ce que nous pouvons faire ici est donc de l’éclaircir par un exemple. Supposons que vous ayez une Renoncule entre les
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mains, sans savoir a quel genre vous avez affaire : voici la série des questions que vous aurez à résoudre, mené par la réponse que chacune vous suggérera à la suivante que vous indiquera un numéro de renvoi. 4° Y a-t-il des fleurs dans cette plante, ou nen existe-t-il pas? 2° Les fleurs sont-elles conjointes dans une enveloppe commune, ou disjointes? 3° La fleur disjointe a-t-elle en même temps étamines et pistils, ou seulement l’un ou l’autre? 4° Munie des deux à la fois, l’est-elle aussi de calice et de corolle; ou bien manquent-ils l’un ou l'autre seulement, ou tous deux? 5° La corolle est-elle monopétale ou polvpétale? 6° La fleur polypétale a-t-elle un ovaire libre ou adhérent? 7° L’ovaire libre est-il simple ou multiple? 8° S’il y a plusieurs ovaires, les feuilles ont-elles ou non des stipules? 9° Dans le second cas, y a-t-il ou non une glande en dehors de chaque ovaire? 4 0° S’il n’y en a pas, le fruit est-il charnu ou non? 4 4° S’il ne l’est .pas, les feuilles sont-elles opposées ou bien alternes? 42° Dans ce dernier cas. la fleur est-elle régulière ou irrégulière et éperonnée? 4 3° Le calice de la fleur régulière est- il à trois folioles ou à cinq? 4 4° S’il y en a cinq, chaque pétale est-il ou non intérieurement doublé à sa base d’une petite écaille? S’il l’est, l’inconnue appartient au genre Renoncule. On pourra maintenant arriver à l’espèce par une série de nouvelles questions.
Nous voyons quelle variété de caractères nous avons dù passer en revue ; comment nous avons pris, puis abandonné un organe pour passer à un autre, et quelquefois pour revenir ensuite au premier.
Cette méthode est très-commode pour les commençants, qu’elle conduit comme par la main jusqu’au but ordinaire de leur recherche, et ils n’ont besoin pour s’en servir que d’un très-petit nombre de connaissances, mais très-nettes et positives, puisque toute erreur vous fait faire fausse route, et que dès lors vous marchez en vous écartant de plus en plus du but au lieu de vous en rapprocher. Elle a l’inconvénient de ne pas résumer de distance en distance, comme cela se fait par les classes et autres divisions successives des systèmes, les caractères dont elle s’est servie; de telle sorte qu’une fois arrivé il est difficile de se rendre compte de tous les points intermédiaires par lesquels on a passé, et que la mémoire ne retient guère que le nom de la plante : ce qui est bien peu de chose. Enfin elle n’a été jusqu’ici appliquée qu’aux plantes de quelques pays plus ou moins bornés, notamment la France et la campagne des environs de Paris ; et par conséquent ne peut être employée que dans ces limites, et non servir a la déterminatioi: d’une plante inconnue quelconque.
11 est vrai que dans un grand ouvrage , qui s’achève en ce moment, M. Mèisner, en exposant tous les genres phanérogames connus , cherche à en faciliter la recherche par une suite de coupes qui rentrent dans l’esprit do la méthode dichotomique en présentant des caractères , sinon toujours faciles, du moins distribués de manière à ne présenter au lecteur que deux routes à chaque embranchement. Mais l’usage de ce livre suppose préalablement une connaissance déjà fort avancée en botanique : celle des familles, qui lui servent de point de départ et dont il nous reste à traiter.
§ 691 . Méthode naturelle. — Nous avons vu tous les individus végétaux dispersés dans la nature se grouper par espèces ou réunion de tous ceux qui sont semblables entre eux (§ 679), puis les espèces se grouper par genres ou réunion de toutes les espèces semblables entre elles (§ 681). Cette dernière réunioà est déjà plus conventionnelle que la première , puisque l’espèce est fournie immédiatement par la nature et que, malgré les doutes qui peuvent résulter de ses variations, si l’on a un nombre de données suffisantes , si l’on a pu observer plusieurs générations dans plusieurs conditions différentes, on est obligé d’admettre ou de rejeter son unité. Maintenant plusieurs de ces unités se rapprochent pour en composer une d'un ordre supérieur, un genre. Mais ici c’est notre esprit qui pose les limites de sa circonscription, qui évalue le somme de ressemblances, plus ou moins grande, nécessaire pour la définir. Le genre lui-mème n’en est pas moins dans la nature, même quand on change ses limites. Supposons, en effet, quatre espèces, a, 6, c, d, réunies en un genre m, parce qu’elles se ressemblent plus entre elles qu’elles ne ressemblent à toutes les autres ; elles ont néanmoins des différences propres à les distinguer : et supposons que ces différences soient telles que a ressemble plus à b qu’à c et à d, que c ressemble plus à d qu’à a et à b ; on pourra, d’après cette considération, faire deux genres : l’un, ??, comprenant a et b; l’autre, p, comprenant c et d; mais le changement ainsi introduit n’aura en rien altéré les rapports primitifs des espèces, s’ils ont été bien évalués dès le principe, et toutes quatre restant tou- | jours également rapprochées, à quelque point qu’on place une barrière entre elles, formeront toujours un tout aussi» naturel. Qu’on fasse m égal àa+b + c+d ou à.n = a + b et àp=c-\-d\, il est évident qu’on aura toujours les mêmes valeurs. La multiplication des genres, résultat nécessaire de celle des espèces, que les découvertes des voyageurs vont sans cesse en augmentant, ne prouve donc pas qu’ils ne soient pas conformes à la nature ; seulement il est clair
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qu’ils lo sont d’autant plus qu’on les divise ainsi, puisque parcelle division ils se rapprochent de plus en plus de l’espèce. Au reste, il suffit de prononcer le nom de certains genres bien connus pour sentir à quel point ils forment des associations naturelles. A-t-on besoin d’ôtre botaniste pour rapprocher les diverses espèces de Rosiers, ou de Saules, ou de Trèfles, etc.? La ressemblance va souvent si loin que c’est la séparation des espèces qui devient plus difficile que leur réunion en un genre commun : il faut une certaine étude pour distinguer telle rose de telle autre; il n’en faut aucune pour prononcer que c’est une rose.
§ 092. Tournefort, mieux que tous ses prédécesseurs, avait su définir les genres de manière que la plupart ne réunissent que des espèces en effet semblables et formassent ainsi des unités naturelles. Linné en réduisit le nombre; mais ses réductions, portant sur des genres en général semblables entre eux, ne furent qu’une opération inverse de celle que nous avons supposée plus haut, et par conséquent peu susceptible de dénaturer les genres, puisqu’en réunissant n et p en m, a et 6, c et d conservaient toujours la même place relativement l’un à l’autre. Mais, en poursuivant l’examen des systèmes de ces deux grands botanistes, nous trouverons qu’après avoir suivi la nature jusqu’aux genres inclusivement ils abandonnent sa marche plus ou moins complètement dans la suite de leur classement, lorsqu’il s’agit de présenter les genres suivant un certain ordre. Prenons des exemples dans le système linnéen : une plante a six étamines égales et un seul style ; elle devra donc prendre place dans Yhcxandrie monogynie , qui se trouvera ainsi comprendre le Jonc auprès de l’Épine-vinette. Or il n’v a aucun rapport entre ces deux plantes: pas plus qu’entre le Riz et YAtraphaxis , qui se rapprochent dans la digynie; entre l’Oseille, le Colchique et le Ménisperme, qui se rapprochent dans la trigynie : pas plus qu’entre la Vigne et la Pervenche dans la pentandrie monogynie, entre la Carotte et le Groseillier dans la pentandrie digynie, etc. Pourquoi cela? Parce que Linné avait eu égard, pour réunir entre eux tous les Groseilliers, à un ensemble de caractères tiré de toutes les parties de la plante ; tandis que, pour les rapprocher dans une même classe du genre Carotte, il n’a eu égard qu’à la présence des cinq étamines et des deux styles, rapports qui ne se lient à aucun autre et peuvent se trouver entre une foule de plantes essentiellement différentes.
§ 693. Familles. — Il fallait donc qu’on fit, pour grouper les genres entre eux, une opération analogue à celle qu’on avait faite Pour grouper les espèces enlrc elles; qu’on s’attachât à rechercher