‹ Cours élémentaire d'histoire naturelleChapitre 170 sur 262 · CHAMPIGNONS · texte numérisé non relu

CHAMPIGNONS

des, comme les thèques dans le cas précédent, se trouvent situées extérieurement ou intérieurement. Intérieurs, ils se présentent (comme dans les Sclérodermes) entremêlés aux cellules, aux parois desquelles ils sont accolés, ou tapissent la surface de lacunes plus considérables (comme dans les Lycoperdori) ; extérieurs, ils sont quelquefois recouverts d’une couche mucilagineuse (comme dans les Phallus) : mais plus souvent, extérieurement libres, ils sont épars sur toute la surface du réceptacle allongé en masse ou ramifié en manière d'arbre (comme dans les Clavaires), ou bien seulement sur sa face inférieure. C’est alors en général que le réceptacle offre la forme d’un parasol ou chapeau au-dessous duquel sont des lames rayonnantes (comme dans les Agarics), ou des veines (comme dans les Chanterelles), ou des tubes (comme dans les Bolets), ou des pointes (comme dans les Hydnum ), ou enfin une surface lisse ou hérissée de courtes papilles (comme dans les Téléphores). C’est cette surface ou celle des pointes, des veines, des lames, à l’intérieur des tubes, qui est recouverte parles basides.

Différents termes, outre ceux que nous avons déjà cités, ont été adoptés pour désigner toutes ces différentes parties et abréger ainsi la description des Champignons. Ainsi la couche formée par les corps reproducteurs, basides ou thèques, est Y hyménium. On voit que les Champignons les plus simples, tels que nous les avons décrits , sont à peu près réduits à cet hyménium ou môme à un fragment ; que, dans ceux qui le sont moins, une couche d’un autre tissu appartenant au système de la végétation vient s’y ajouter et former le réceptacle, puisque ce réceptacle s’agrandit de plus en plus et peut finir par présenter diverses parties. S’il est entièrement clos, c’est un peridium. Mais, môme dans les Champignons en parasol, le chapeau ( pileus ) dans la première jeunesse forme quelque temps une cavité close au moyen d’une membrane ( vélum \fig. 507 a]) qui de son bord va se continuer sur le pied, et qui plus tard, en se rompant, forme autour du pied une sorte de collerette ou seulement de cicatrice annulaire (a) ( anneau , annulus ) ; quelquefois en outre, dans le premier âge, un sac cellulaire ( volva ) enveloppe le champignon tout entier depuis sa base, autour de laquelle il s’insère, puis se déchire irrégulièrement pour la laisser se développer (dans l’Oronge, par exemple).

Ce (pie nous avons décrit ne constitue pas d’ailleurs tout le Champignon ; ce n’est en quelque sorte que son inflorescence. Avant que cette partie ne se développe, on voit des lilaments rayonnant d’un centre (probablement de la spore en germination) entre-croisés dans tous les sens; ils finissent par s’agglomérer et se

condensent en certains points où se forment les appareils que nous avons fait connaître. On nomme mycélium ce réseau filamenteux, caché le plus ordinairement sous la terre et échappant à notre observation par sa situation ainsi que par sa texture fragile. 11 n’est pas rare de les apercevoir sur les surfaces humides et obscures; sur les planches de nos caves, par exemple. Ce mycélium est une sorte d’arbre souterrain qui n'apporte au jour que ses extrémités chargées des organes de la reproduction, de sorte qu’en général tous les Champignons que nous voyons croître dans le voisinage l’un de l’autre appartiennent réellement à un seul individu : de là la disposition en cercle qu’ils affectent souvent, le mycélium se développant régulièrement dans un milieu homogène et envoyant tous ses rayons à la même distance.

Le tissu des Champignons est une sorte de feutre de cellules, les unes arrondies, les autres allongées et unies bout à bout en tubes L’hymeniumest souvent formé par l’extrémité de ces tubes, dont quelques-uns se terminent par les thèques, basides ou cystidcs, de sorte que ces filaments isolés représentent réellement des Champignons plus simples, cystosporés ou thrichosporés.

La membrane de ces cellules est de môme nature que celle de toutes les autres parois végétales : c’est de la cellulose. On croyait autrefois le tissu des Champignons formé par une substance tout à fait différente, très-azotée, et qu’on nommait fungine. Mais cette composition est étrangère à la paroi, et due sans doute aux matières qui la remplissent ou la pénètrent. Ils se montrent très-supérieurs aux Algues par les produits qu’ils sécrètent, et parmi lesquels on remarque l’albumine, le sucre, une matière grasse et divers acides, sans compter plusieurs qui leur sont propres et auxquels ils doivent sans doute leurs propriétés si connues. Il résulte de leur composition qu’ils croissent extrêmement vite, et, après une existence extrêmement passagère, se décomposent de même avec des phénomènes (§ 618) et des produits très-analogues à ceux qu’on observe dans les matières animales.

Us déploient des couleurs très-variées et quelquefois trèsbrillantes, mais presque jamais la verte. Aussi les voit-on vivre et se colorer tout aussi bien dans l’obscurité qu’à la lumière, et agir sur l’air atmosphérique à la manière des autres parties colorées autrement qu’en vert. Ils vicient très-rapidement l’air en absorbant son oxygène pour former et exhaler une égale quantité d’acide carbonique. Il est à remarquer que, dans l'oxygène pur, ils l’absorbent, en combinent une partie avec leur carbone et, le rendant sous forme d’acide carbonique, en conservent un autre qui semble

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