LICHENS
remplacer dans leur tissu une assez grande quantité d’azote qu’ils exhalent alors au dehors. Dans une atmosphère d’azote, ils modifient à peine ce gaz. C’est donc à la terre qu’ils empruntent ce principe si abondant chez eux, ainsi qu’on devait s’y attendre en les voyant vivre presque toujours sur les matières organiques en décomposition.
Chacun sait que les Champignons offrent, à côté de mets recherchés, des poisons extrêmement dangereux. Il n’y a malheureusement pas de caractères auxquels on puisse distinguer les vénéneux des innocents, et on doit apporter à leur usage d’autant plus de prudence que l'expérience des autres n’est pas toujours décisive. 11 paraît en effet que la manière de les apprêter entre pour beaucoup dans les effets qu’ils peuvent produire. On détruit les qualités malfaisantes de certaines especes on les faisant cuire ou saler, ou infuser dans le vinaigre; ce qui prouverait qu'en cas d’empoisonnement il faudrait se garder de sel ou de vinaigre, qui, dissolvant le principe vénéneux , le répandraient avec beaucoup plus de rapidité dans tout le corps.
$ 734. Lichens ( Lichenee ). Les Lichens forment ces expansions
511. Lichen hyménothalamé, le Parmelia acetabulum — L Thalliis. — s Apothecium en forme de seutelles et à divers degrés de développement.
512. Apothecium coupé verticalement et grossi assez pour qu’on aperçoive la couche lp formée par l’union des thèques et des paraphyses.
513. Une petite portion de l’apothecium, beaucoup plus grossie. — cm Couche médullaire. — ce Couche corticale. — l l Thèques à divers 'degrés de développement. — p Paraphyses.
ordinairement sèches que nous voyons s’étendre sur les pierres, la terre, l’écorce des arbres, qu’ils recouvrent de ces teintes variées qui leur sont propres. L’expansion qu’on appelle le thallus du Lichen a quelquefois la consistance d une ünc poussière et alors elle est mal circonscrite et sans forme arrêtée. D'autres lois (dit' forme une sorte do croûte de forme déjà plus régulière et de consistance assez analogue au stroma de certains Champignons. Enfin elle peut s’étendre en lames dont le contour est nettement circonscrit , souvent par des lobes qui en se développant se partagent par une sorte de dichotomie, ou bien s’allonger en filets simples ou rameux. On reconnaît dans le tissu deux sortes do cellules : les unes courtes, à parois épaisses et d’ordinaire unies intimement entre elles; les autres allongées en filaments lâchement feutrés. Les premières seules s’observent dans les Lichens de consistance pulvérulente ou crustacée; dans les autres elles ne forment que la couche centrale ou médullaire [fit]. 513 ci») sur laquelle vient s'étendre des deux côtés une couche corticale (c c) formée par les ■ cellules filiformes. Quelques-unes descendant de la face intérieure, sous forme de petits filets, servent à fixer le lichen au corps sur lequel il est porté, et simulent des sortes de racines, mais sans en remplir les fonctions.
Par les organes de la reproduction , les Lichens se rapprochent tout à fait des Champignons Ihécasporés * car chez eux ce sont aussi i des thèques contenant les spores au nombre de 2 ou do l'un dosesmultiples, i , 8 le plus souvent, quelquefois 12 ou IG. Elles* sont rapprochées par groupes tantôt portés immédiatement sur la substance du thaï lus, qui forme ainsi par places le réceptacle, tantôt; sur une substance propre et intermédiaire. Ce réceptacle se relève autour des groupes en un rebord saillant formé de môme aux dépens ou du thallus, ou de la substance propre, ou des deux à la fois, et qui tantôt forme autour une simple margelle; tantôt, dépassant; les thèques, se referme au-dessus d'elles de manière à les renfermer dans une cavité, et prend alors le nom de périt liecium. Souvent il ne les enveloppe complètement que dans le premier âge, puiss’entrouvre et s’étale. Aux thèques s’entremêlent des filets stérilesou paraphyses, qui, plus longues et unies par leur sommet, lient tout ce système en une sorte de masse unique. Cette masse, avec son réceptacle, représente évidemment celle des Champignons avec son hyménium, et prend ici le nom d ’apothecium. Le reste du thallus , ne pouvant donc répondre qu'au mycélium, établit ainsi entre ces deux classes une ditférence essentielle.
On peut distinguer les Lichens où le réceptacle est fourni par le