LICHENS. — HÉPATIQUES
thallus même en coniothalamés ou pulvérulents, en idiothalamés ou crustacés ceux où il est formé par une substance propre; en gastérothalamés ceux qui sont munis d’un perithecium clos, et hyménothalamés ceux où il est ouvert. L’apothecium a été souvent désigné sous d’autres noms suivant les différentes formes qu’il affecte : par exemple sous ceux de disque, scutellc, tubercule, globule, qui se comprennent d’eux-mèmes; ou encore sous celui de lirelle, lorsque, linéaire et üexueux, il s’ouvre par une fente longitudinale.
Les Lichens diffèrent encore des Champignons en ce qu’ils persistent pendant un temps très-long, et, s’appliquant sur des corps inorganiques, vivants ou morts, mais jamais en putréfaction, semblent rechercher l’air et le jour. Ils offrent cependant rarement la couleur verte, quoique tous la prennent sans distinction lorsqu’ils sont mouillés ou humides; et alors leur tissu, sec, cassant ou coriace, devient mou, flexible et facilement déchirable.
Le tissu de plusieurs lichens est employé utilement pour la nourriture des hommes dans certains cas, et des animaux dans certains pays ; c’est le Cenomyce rangiferina qui nourrit les rennes pendant l’hiver en Laponie. Les Cetraria islundicci (Lichen d’Islande), Sticta pulnionacea et autres fournissent une gelée saine et nutritive dont l’usage est avantageux pour certains états de santé. La cellulose qui forme les parois de la couche médullaire, isomérique, comme on le sait (§ 299), à la fécule, approche autant qu’il est possible de ses propriétés dans ces végétaux, où elle bleuit même par l’iode. C’est elle qui , étendue en gelée par une certaine proportion d’eau , et relevée par le mélange d’un principe légèrement amer contenu dans les cellules, peut fournir dans les Lichens un aliment doux et un peu tonique. Des espèces différentes sont remarquables par l’abondance d’un principe colorant, qui néanmoins ne devient apparent que par la préparation. En effet , dans la nature leur tissu est grisâtre; mais après qu’on les a fait fermenter avec un alcali (la potasse ou l’urine, si riche en ammoniaque) on obtient une couleur rouge, puis, si l’on force en potasse, bleue. La Parelle et surtout l’Orseille sont particulièrement employées à celte extraction ; plusieurs autres Lichens fourniraient le même principe , mais en moindre proportion.
§ 735. Hépatiques (Hepaiic œ). Les Hépatiques forment avec les Mousses une classe naturelle bien distincte de toutes les précédentes par la nature des tissus, où nous voyons dans l’intérieur des cellules apparaître la chlorophylle. Aussi la surface est-elle parsemée d’ouvertures ou stomates propres à les mettre en rap-
port avec l’air atmosphérique. C’est par cetle structure entièrement différente que la fronde des Hépaticées se distingue de celle des
Lichens. Tantôt cette fronde porte les organes reproducteurs ou enfoncés dans son épaisseur près de sa superficie , comme nous l'avons vu dans le Ricciu (§ 602 , fig. 493) , ou saillants au-dessus de cette superficie:
d’autres fois ils sont (dans le Marchantia , par exemple) exhaussés sur un pédicule qui figure une première ébauche d’axe, mais ne porte pas encore de feuilles. Enfin dans une grande partie des Jongermanniées on observe un axe chargé de petites feuilles d’une texture entièrement cellulaire, mais au milieu de chacune desquelles une série d'autres cellules allongées commence à ébaucher la nervure médiane.
Les organes reproducteurs sont souvent de deux sortes : des anthéridies, que nous avons fait connaître (§ 470); et des sporanges, dont nous avons donné une idée (§ 601 , 602, fig. 491 , 493). 11 peut même s’en ajouter d'une troisième sorte : ce sont de petits corps verts, cellulaires, attachés par un rétrécissement à la surface de la fronde, qui se relève autour de leurs groupes en une sorte d’involucre ; ils peuvent être comparés à des bulbilles.
Dans l’intérieur des sacs ou sporanges qui contiennent les spores on trouve des utricules de deux sortes: les uns, plus courts, dans lesquels se forment les spores tout à fait à la manière de grains polliniques (§ 602) et qui disparaissent peu à peu par résorption, de manière à laisser ces spores libres [fig. 515 s) dans l’intérieur de la cavité lorsqu’elles sont arrivées à la maturité; les autres (e), beaucoup plus longs, amincis en forme de fuseau, où
514. Un fragment de Jongermanne (Jungermannia lamarisci). — / Rameaux couverts de feuilles imbriquées, distiques, les deux latéraux portant chacun une capsule exhaussée sur un filet qu'environne à sa base un involucre formé par l'en-
„veloppe membraneuse de l’ovaire ou sporange. — c Capsule fermée. — c’ Capsule ouverte.
515. Un point r du réceptacle portant quelques élathères e dont une déjà découpée en double fil spiral. On voit aux environs des spores libres s.