Graine
589. La même coupée verticalement. — t Téguments. — p Périsperme. — e Embryon.
fig. 583), les rapproche ainsi d’une autre part de beaucoup d’Amentacéeset Urticées. Quoi qu’il en soit de la place définitive des Euphorbiacées, marquée plus bas dans la série par la structure du plus grand nombre de ses genres, plus haut par celle de quelquesuns dont la fleur s’élève en composition, on peut suivre la progression insensible des uns aux autres; et tous d’ailleurs se lient ensemble par quelques caractères communs, comme la séparation constante des étamines et des pistils dans des fleurs differentes , l’hypogynie des étamines distinctes ou souvent réunies, l’ovaire libre à plusieurs loges avec un ou au plus deux ovules pendants de l’angle interne dans chacune ; ces loges, le plus souvent au nombre de trois, se séparant .à la maturité en autant de coques ( fig . 586-87) ; l’existence d’un périsperme épais, charnu, oléagineux, autour d’un embryon à radicule supère, à cotylédons larges et aplatis {fig. 589). Leur port est très-varié, depuis celui d’arbres élevés jusqu’à d’humbles herbes. Il est singulier dans quelques espèces africaines d’Euphorbe dont les formes rappellent tout à fait celles des Cactus.
Beaucoup de plantes de cette famille, et particulièrement celles de son principal genre, ont un suc propre laiteux et âcre. C’est surtout dans ce suc que paraît résider le principe qui donne aux Euphorbiacées des propriétés uniformes, mais qui se prononce inégalement dans les diverses espèces, de manière que son action, réduite dans les unes à une irritation légère, détermine dans les autres une vive inflammation jusqu’au point où elle devient un violent poison. Les diverses parties où les vaisseaux propres abondent, la racine, les feuilles, l’écorce surtout, devront donc déterminer sur l’économie animale des effets énergiques; mais les graines sont aussi dans ce cas. On a fait à leur sujet cette remarque ingénieuse qu’il n’y a pas identité dans les propriétés de leurs parties différentes, et que celles de l’embryon, de la radicule particulièrement, sont beaucoup plus prononcées que celles du périsperme. Cette inégale répartition des principes les plus actifs dans les diverses portions d’une même plante rend compte des résultats contradictoires auxquels ont souvent conduit des expériences qui négligeaient de tenir compte de la portion employée. La médecine s’est beaucoup servie de ces vertus des Euphorbiacées pour en obtenir des médicaments émétiques (par exemple, des racines de 1 ’Euphorbia ipécacuanha) ou plus fréquemment | urgatifs. Mais, pour ceux-ci, elle a dès long-temps abandonné, comme trop dangereux, le suc laiteux et concentré qu’on tirait de certaines espèces d’Euphorbe, notamment des charnues, et elle emploie de préférence l’huile tirée des graines : de celles du Ricin ou Raima -