‹ Cours élémentaire d'histoire naturelleChapitre 198 sur 262 · EUPHORBIACÉES · texte numérisé non relu

EUPHORBIACÉES

Christi , par exemple, si l’on veut une action douce; de celles du Croton tif/liim , si l’on en veut une extrêmement active. Les Jatropha ou Médiciniers doivent ce dernier nom à la même origine.

11 est bien remarquable que nous trouvions, à côté de médicaments et même de poisons énergiques, un aliment très-doux, comme la farine de Manioc ou Cassave, fournie par le Janipha, genre tout voisin des précédents, et servant à la nourriture d’une grande partie de la population de l’Amérique méridionale. Cette contradiction n’est qu’apparente ; la racine épaisse et charnue dont on extrait celte farine serait fort dangereuse crue, et le lait dont elle est alors remplie cause des accidents terribles et même une mort prompte. Mais la cuisson détruit le principe vénéneux et, en conséquence, on ne la mange qu’après l’avoir râpée, tamisée, lavée et soumise à l’action du feu sur une lame de fer. Dans le lavage se dépose une fécule très-pure qui est le tapioka.

Un arbre de celte famille, le Mancenillier, a souvent été cité comme présentant au plus haut degré les propriétés toxiques des Euphorbiacées , puisque son ombre seule pourrait être mortelle à l’imprudent qui s’y repose. Le fait n’a jamais été bien constaté, et l’expérience tentée par de courageux voyageurs n’a donné aucun résultat; ce qui ne décide pas la question , ainsi que tout résultat purement négatif. Le principe qui donne ces propriétés étant ordinairement volatil, comme semble le prouver entre autres faits sa destruction par la cuisson dans le Manioc, il est clair que l’atmosphère autour du Mancenillier pourra, suivant les diverses circonstances météoriques, en être chargée à divers degrés, si elle l’est en effet jamais. Ce qui est incontestable, c’est que le suc laiteux du même arbre en est bien imprégné.

Le caoutchouc , que nous avons vu exister dans le suc des Figuiers, se trouve aussi dans celui de certaines Euphorbiacées, particulièrement du Siphonia elastica , arbre de la Guiane, et qui passe pour en être la source la plus abondante. D’autres, où manque le suc laiteux, ont d’autre part un principe colorant, le Tournesol, que nous avons déjà rencontré dans une autre famille toute différente, les Lichens, d’où le commerce le tire de préférence. Une petite plante, commune dans le midi de la France, le Crozophora tinctoria, a été long-temps exploitée pour cet usage.

§ 771 . Les Cucurbitacées s’éloignent bien plus certainement que la famille précédente de toutes celles que nous avons énumérées dans cette division, et doivent plutôt prendre place parmi les Polvpétales périgynes, auprès des Passiflorées et des Loasées, malgré leurs fleurs diclines , et quoique leur périanthe interne, lorsqu’il

existe, ne soit pas franchement une corolle et ne se partage pas en pétales distincts. Il suffit de citer le Melon , le Pastèque, la Citrouille, le Concombre, pour faire connaître et les aliments qu’elle fournit à l’homme et l’aspect général des plantes qui la composent, avec leurs tiges herbacées rampantes et grimpantes garnies de feuilles palmatinerves et lobées, ainsi que de vrilles dont la situation anomale sur le côté et non à l’aisselle du pétiole mérite d’être signalée. Dans les fleurs, quelquefois fort grandes, le calice, terminé par cinq dents, se double intérieurement d’une seconde en-

590-595. Organes de la fructification du Concombre ( Cucumis sativus).

590. Fleur mâle, dont les enveloppes ont été fendues dans leur longueur et écartées pour montrer l’intérieur. — c Calice. — p Calice interne coloré ou corolle. — e Etamines périgynes.

Page 1