‹ Cours élémentaire d'histoire naturelleChapitre 21 sur 262 · TIGE. ÉCORCE · texte numérisé non relu

TIGE. ÉCORCE

une direction rectiligne (clans la Vigne, le Marronnier d'Inde, par exemple), et alors leurs rayons, formant des lames égalementdroites, continuent à s'interposer entre deux faisceaux voisins d’un bout de la tige à l’autre; tantôt leur marche est llexueuse (comme dans l’Orme, le Tilleul, le Chêne), et alors, se rapprochant alternativement de leurs voisins de droite et de gauche, ils les touchent et se confondent avec eux pour s’en séparer plus bas de nouveau, interrompant ainsi les rayons médullaires, cpii ne forment plus que des plaques courtes, et constituant par leurs fréquentes anastomoses un réseau dont les mailles ‘sont remplies par ces rayons (/ ig . KH). Chaque couche de ces fibres corticales représente une sorte de toile d’un tissu lâche. On a comparé l’ensemble des couches de plusieurs années, dont chacune peut se subdiviser elle-même en plusieurs autres plus minces si ces libres se sont formées par rangées régulières, à un livre dont toutes les couches diverses forment les feuillets: etde là le nom de liber sous lequel les fibres corticales sont le plus ordinairement désignées. Quelques auteurs leur ont encore donné celui d 'endophlœum en dedans; xXoioç, écorce), parce que

c*est la portion de l’écorce la plus intérieure.

Les feuillets produits d’années différentes sont, comme quelquefois les couches annuelles du bois, séparés entre eux par des zones utriculaires dépendant de l'enveloppe cellulaire dans l’épaisseur de laquelle se sont formés les faisceaux fibreux.

Il est clair que l’accroissement progressif de la tige doit déterminer la distension proportionnelle des feuillets de liber, dont les faisceaux vont ainsi toujours en s’écartant et par suite en s’élargissant. Les rayons, par la multiplication des cellules qui les composent, se dilatent dans la même proportion tant que le tissu reste vivant, et continuent ainsi à remplir les intervalles résultant de leur écartement.

§ 79. En effet, le système parenchymateux de l’écorce conserve une vitalité très-active, et la production de cellules nouvelles y a sans cesse lieu, non pas sur un point seulement, mais sur plusieurs

101. Réseau formé par le liber dans la Lauréole ( Dnp/mc laureola). — f Faisceaux fibreux. — r Rayons médullaires.

à la fois, puisque, indépendamment de la formation annuelle d’une couche du liber et des utricules qui l’entourent immédiatement, il peut y avoir, ainsi que nous l’avons vu tout à l’heure, un accroissement dans l’enveloppe subéreuse, tant par la multiplication de ses larges cellules que par celle des cellules tabulaires; et tous ces développements paraissent marcher l’un indépendamment de l’an Ire.

Du mode que suivent l'un relativement à l’autre ces développements divers résultent celui de l’écorce en général et la nature du périderme. Nous avons (§ 76) déjà examiné le cas où c’est dans l’enveloppe subéreuse que l’accroissement se fait avec le plus d’activité. Alors celui du liber et de l’enveloppe cellulaire se continue régulièrement, quoique dans de faibles proportions, et il persiste dans l’écorce dont le périderme est formé par la couche des cellules tabulaires de l’enveloppe subéreuse, soit que cette couche se développe seule, soit que, formée sous un amas de liège qui ne tarde pas à mourir, elle le repousse et le fasse tomber par grosses plaques.

Mais, dans beaucoup d’arbres, l’enveloppe subéreuse, au lieu de se développer, ne tarde pas à disparaître avec l’épiderme, et alors la production du périderme se fait soit sur la surface de l’enveloppe cellulaire, soit dans son épaisseur. Dans le premier cas, le périderme précédemment formé sur l’enveloppe cellulaire finit par être repoussé par celui qui se développe plus tard au-dessous de lui, et se détache par plaques, comme dans le Platane, dont la surface lisse est ainsi toujours formée par des couches nouvelles. Dans le second cas , le périderme repousse en dehors les couches cellulaires et fibreuses dans la profondeur desquelles il s’est développé, et qui se détachent tantôt par écailles comprenant plusieurs zones de parenchyme et de liber qui restent plus ou moins long-temps réunies ensemble (dans le Chêne et le Tilleul, par exemple); tantôt par larges feuillets, semblables en apparence à celui du Bouleau, mais différents par leur contexture et leur origine, puisqu'un lieu de la couche subéreuse ils comprennent le liber et l’enveloppe cellulaire, comme dans le Genévrier et beaucoup de Protéacées. Dans la Vigne et le Chèvrefeuille, chaque année la couche de liber, en se développant, fait tomber celle de l’année précédente, et forme ainsi la mince écorce de ses tiges. Il en est enfin (comme celle du Mélèze et du Pin commun) où l’enveloppe cellulaire prend un grand développe ment, et forme ainsi un faux liège qui tombe plus tard par écailles.

Pour nous résumer, une destruction continuelle des parties extérieures de l’écorce a lieu en même temps qu’une production continuelle de cellules dans son parenchyme, et suivant que cette production a lieu dans l’épaisseur de l’enveloppe subéreuse, à la surface

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de l’enveloppe cellulaire ou dans son épaisseur, les portions rejetées au dehors et enfin détachées comprennent un plus ou moins grand nombre des parties constituantes de l’écorce; la portion superficielle ou péridermese trouve formée par une couche plus ou moins intérieure de celles qui constituent primitivement le système cortical.

§ 80. Nous avons passé sous silence les vaisseaux lalicifères qu i abondent dans la portion la plus intérieure de l’écorce. Il est facile de s'en assurerenexaminant la coupe transversale d’une tige fraîche et voyant su in ter de leurs orifices le suc ordinairement coloré qu’ils charrient. Gomme c’est dans les parties jeunes et pleines de vie que leurs fonctions s’exercent, ils meurent de bonne heure et sont entraînés au dehors avec les couches à travers lesquelles ils circulent.

$ 81. Une conséquence de tout ce qui précède, c’est la grande activité que conserve tout le système cellulaire de l’écorce comparativement à celui du bois, qui cesse de s’accroître et même de \ ivre après les premiers temps de la formation de la tige. C’est donc plutôt au premier qu’au second que se rattachent les rayons médullaires du bois, qui d’ailleurs présentent, vers l’écorce, leur maximum tant en nombre qu’en largeur. Leur première origine au reste parait être dans la couche du cambium.

§ 82. Lenticelles. — Sur la surface de beaucoup de jeunes écorces on remarque de petites taches de forme variable, ordinairement allongées, suivant l’axe de la tige; et par un examen attentif aidé d'un tact délicat, on reconnaît qu elles y forment une légère saillie. On les a d’abord nommées glandes lenticulaires, et plus tard, après qu’on eut reconnu que leur nature n’était nullement glanduleuse , lenticelles. Elles croissent en même temps que la tige, mais plus en saillie qu'en longueur, de sorte qu’elles tendent à se bomber et s’élargir toujours davantage. En les étudiant au microscope, on reconnaît un amas utriculaire, et, en recherchant leur origine, que c’est une petite excroissance de l’enveloppe cellulaire qui. repoussant en dehors et faisant crever les parties qui la recouvrent, a fini par faire en quelque sorte hernie extérieurement. L’enveloppe subéreuse qu’elle traverse la suit un peu et forme son contour. Par les nombreuses lenticelles parsemées sur sa surface, l’écorce peut mettre ainsi ses couches les plus intérieures en rapport, avec l’air après que les stomates ont cessé leurs fonctions par la disparition de l’épiderme.

De Candolle leur attribuait un autre usage. On sait que lorsqu’on met un rameau dans l’eau, ou dans la terre humide, en général il continue à vivre, et que de sa surface se développent de nombreuses racines qu’on nomme adventices, et qui finissent par remplacer

celle qui manque à ce rameau, qu’on appelle une bouture. De Candolle, ayant remarqué que ces racines adventives partent souvent du centre des lenticelles, regardait celles-ci comme prédestinées à cette production, comme jouant à l’égard de ces racines le rôle que les bourgeons jouent par rapport aux rameaux. Mais on a remarqué que les racines partent aussi de beaucoup d’autres points où il n’y a pas de lenticelles, et on a expliqué naturellement leur origine plus fréquente du centre de celle-ci par l’amas celluleux qu’il présente

et qui doit favoriser la production des parties nouvelles.

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