GLANDES
§ 245. On appelle glande, dans les végétaux comme dans les animaux, un appareil contenant quelque liquide d'une nature particulière et différent de ceux qui sont répandus dans tout le reste du corps; liquide que l'action des organes qui composent cet appareil sécrète , c’est-à-dire tire des matériaux mis en rapport avec eux. C’est un tissu cellulaire qui , dans le végétal , est toujours chargé de cette fonction , et il ne se distingue pas de celui que nous avons appris à connaître jusqu’ici. On ne le reconnaît qu’à son contenu ; mais il est impossible de préjuger de son action par sa forme : aussi des organes qu'on regarde aujourd'hui comme glandulaires ont-ils , pendant longtemps, été confondus avec d'autres qui ne sécrètent aucun iluide particulier, avec les poils, par exemple. Ce sont les poils qu’on a désignés sous le nom de glanduleux.
§ 246. Poils glanduleux. • — Ces poils sécréteurs conservent même quelquefois, sans la plus légère modification, une desformes que nous venons de passer en revue. On ne voit rien de différent, sinon le liquide s’accumulant dans leurs dernières cellules et en suintant. Mais plus souvent la propriété sécrétante se lie à un léger changement de forme, ordinairement à un renflement terminal. Si le poil est formé par une cellule unique, elle*
POILS GLANDULEUX., sc dilate ou tout entière (1) ou seulement à son sommet, en globe , en œuf, en massue (fig. 212, 1 ); s’il est formé de plusieurs cellules, ce sont toujours les plus élevées qui sécrètent : tantôt une seule (/Uj. 212, 2), la dernière, plus ou moins dilatée avec quelques unes de ces formes que nous venons de citer; tantôt plusieurs terminales, placées ou bout à bout (/ Ig . 212, A), ou à la même hauteur, deux l’une à côté de l’autre [fig. 212, 3), ou quatre en croix, etc.; tantôt, enfin, plusieurs réunies en une seule masse qui constitue le renflement. Les autres cellules du poil ,
placées au-dessous , présentent leur conformation ordinaire , et exhaussent, en la rattachant à l'épiderme, la cellule-glande simple ou multiple, qui est dite alors pédicellée.
(1) C’est parmi ces glandes réduites à un utricule superficiel et presque sessile qu'il faut classer ces grains jaunâtres connus sous le nom de lupulinc , et qu’on voit si abondamment répandus sur les feuilles , les bractées et les Heurs du Houblon. Ce sont autant de vésicules simples remplies d'un liquide, et de principes résineux amers qui finissent par se durcir et persister seuls, et où résident les propriétés pour lesquelles la plante est si généralement employée.