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FLEUR EN GÉNÉRAL

Nénuphar; alors ces parties, pressées dans un petit espace, s'insèrent sur des points trop rapprochés pour que leurs positions relatives soient nettement accusées, ou pour qu’elles les conservent rigoureusement dans leur développement souvent inégal. Il arrive là en petit ce qui se montre en grand dans une plantation : si les arbres se trouvent suffisamment espacés, il sera facile de reconnaître au premier coup d’œil leur disposition générale; s’ils sont serrés les uns contre les autres, comme dans une pépinière ou un bois, il deviendra difficile de l’apercevoir, lors même qu’elle aura été faite suivant un plan régulier; et même avec le temps elle aura perdu cette régularité, parce que parmi ces arbres, surtout s ils ne sont pas de la même nature, les uns auront dépassé, repoussé ou même étouffé les autres.

D’ailleurs la surface offerte à l'insertion des folioles de la fleur n’a pas toujours une parfaite régularité, celle d'un cylindre ou d’un cône, ou d’un plan circulaire; et ce défaut peut alors en entraîner un semblable dans les rapports de position des parties.

Dans les exemples que nous avons choisis, le grand nombre de ces parties portées sur une surface étendue et régulièrement déve- Joppée permettait de constater facilement les spirales multiples et secondaires, desquelles on devait conclure l’existence d’une spirale unique primitive (§ 159). Mais supposons un moment que, même dans un de ces exemples, dans la fleur du Tulipier, nous nous fussions contentés de comparer ensemble seulement les cinq étamines ou les cinq carpelles situés plus bas, il nous eût été bien difficile de saisir les petites différences de hauteur qui existent entre leurs insertions, et nous les eussions vus tous cinq comme disposés sur un cercle unique. Or, c’est ce qui arrive pour le plus grand nombre de fleurs ou celui des parties est beaucoup plus limité que dans celles dont nous avons tiré nos exemples. Les carpelles, ainsi réduits en nombre, paraissent naître à la même hauteur; les étamines, réduites de même, disposées en un cercle autour d’eux, les pétales et les folioles calicinales, en deux autres cercles concentriques. Tantôt on peut encore reconnaître, à quelques signes que nous apprendrons à apprécier plus tard, de légères inégalités dans les hauteurs relatives de ces folioles de même nature les unes par rapport aux autres; tantôt il n’en existe réellement pas, et ces parties de la fleur rentrent dans la classe des feuilles exactement verticillées. Comme elles offrent à peu près la même apparence dans l’un et l’autre cas, on les a considérées comme disposées en effet par verticilles , et on est convenu en conséquence de désigner sous ce nom les groupes des organes différents

que nous avons déjà signalés dans la fleur. Complète, elle sera composée de quatre verticilles, celui du calice, celui des pétales, celui des étamines et celui descarpellesdont la réunion forme le pistil.

§ 361 . Si la tleur est parfaitement régulière en même temps que complète, dans chacun de ces différents verticilles les parties seront en nombre égal , et alors nous retrouverons la loi que nous avons signalée comme générale dans les rapports des feuilles de deux verticilles superposés, l’alternance de celles de l’un avec celles de l’autre ( § 164 ). Montrons-le par un exemple. La fleur des Crassula lucida , rubens (fig. 225, 235) etc., présente 1° un calice composé de cinq languettes vertes, égales, disposées en cercle [fig. 225, c c); 2° une corolle de cinq pétales p p rosâtres et plus longs, qui naissent sur un rang un peu intérieur, précisément danslescinq interval les qui séparent les cinq languettes; 3° cinq étamines ee e dans les intero valles des pétales et placées par conséquent

devant les divisions du calice ; 4° cinq carpelles ou disposés en étoile, alternant avec les étamines, et en conséquence placés devant les pétales. Ajoutons que ces carpelles peuvent donner, mieux que tous ceux des exemples cités précédemment, une juste idée de la nature foliacée de cet organe Ils ont chacun la forme d’une petite feuille pliée sur elle-même, 225. tournant en dehors sa nervure médiane,

et en dedans ses deux bords, qui se touchent et se réunissent pendant la floraison pour s’écarter plus tard. Ainsi donc, pour des verticilles composés d’un même nombre de parties, alternance de ces parties d’un verticille à celui qui est le plus voisin, opposition au contraire de ces parties de deux en deux verticilles ; c’est une loi commune aux feuilles véritables et à celles qui modifiées entrent dans la composition de la fleur.

§ 362. Au milieu de cette prodigieuse diversité qui permet de distinguer à leurs fleurs tant de milliers d’espèces de plantes, on doit s’attendre à rencontrer une grande variété dans le nombre des parties dont sont formés les verticilles floraux: et c’est ce qui a lieu en effet. Néanmoins, parmi ces nombres, il y en a deux qui se représentent le plus généralement, ce sont les nombres cinq et

225. Fleur du Crassula rubens. — c c Folioles du calice. — p p Pétales.

e. e Etamines. — o o Carpelles, à chacun desquels répond extérieurement un petit appendice a en forme d’écaille. — La tranche horizontale ou diagramme de cette même fleur est représentée par la figure 234.

(rois; et un fait bien digne de remarque, c’est que le premier se rencontre dans la majorité des plantes dicotylédonées, le second bien plus général encore dans celle des monocotylédonées. La Ileur du Crassula , que nous venons de décrire, peut être citée comme un type des premières; celle du Lis (/?</. 218), de la Tulipe, des Sc ilia (/?</. 226) et de la plupart des Liliacées, comme type des secondes. Celle-ci se compose d’un verticille de trois folioles i fig. 226, p' p' p‘), de trois autres ( p" p" p" ) sur un cercle plus intérieur alternant avec les premières, auxquelles elles sont plus ou moins semblables; de trois étamines (e') opposées aux premières, puis de trois autres (e") opposées aux secondes et par conséquent un peu plus intérieures; enfin, de trois carpelles (o) soudés au centre de la fleur, alternant avec les folioles et les étamines intérieures. Ce type peut donc être considéré comme formé de cinq vert icilles ternaires, deux d’étamines et un de carpelles.

§ 363. Adhérences des parties de la fleur. — Deux fleurs OU le nombre des verticilles est égal ainsi que celui des parties qui composent chacun d’eux, peuvent cependant se distinguer par beaucoup de caractères, par des différences de grandeur, de formes, de couleurs. Un de ceux qui contribuent le plus à déterminer des combinaisons variées, c’est la réunion ou soudure des parties voisines entre elles ; de telle sorte qu’elles ne semblent plus présenter qu’une pièce unique, au lieu de plusieurs distinctes. Dans les fleurs que nous avons citées précédemment, malgré le soin que nous avons pris d’en choisir où toutes les parties fussent indépendantes comme les feuilles d’un rameau, nous avons cependant rencontré déjà quelques-unes de ces réunions : celle des carpelles du Nénuphar et du Scilla , toile que le pistil constitue un corps simple en apparence; celle des folioles calicinales du Crassula, qui se confondent en une sorte de coupe à leur base. Cos

226. Fleur du Scilla ilalica, vue par en haut. — p’ p’ p’ Les trois folioles extérieures du périanthe. — p ” p” p” Les trois folioles intérieures. — e’ Etamines opposées aux premières ou extérieures. — e” Étamines opposées aux secondes ou intérieures. — o Ovaires soudés en un seul. — s Trois styles confondus en un seul. — On peut voir. fig. 233, 1 le diagramme d’une fleur toute semblable.

de folioles calicinales, deux

sortes de soudures existent fréquemment, tantôt sur un point, tantôt sur un autre, tantôt sur plusieurs a la fois. Examinons d’une manière générale les principales modifications qui peuvent en résulter.

§ 364. C’est entre les parties d’un même verticille que la réunion peut avoir lieu, et, comme on le comprend d’avance, a différents degrés qui les confondent plus ou moins intimement ou laissent plus ou moins visible leur indépendance essentielle. Ce peuvent donc être les pièces du calice qui sont ainsi soudées les unes avec les autres par leurs bords jusqu’à une plus ou moins grande hauteur, ou bien ce peuvent être les pétales. Dans ce cas, on dit que le calice est monophylle (nom que nous avons déjà vu employer en pareil cas pour les bractées formant involucre [§ 231]), la corolle, monopétale , en opposition avec les termes polyphylle , polypétale, par lesquels on désigne l’état contraire, dans lequel les foliolesou pétales qui, au nombre de plusieurs, composent le calice et la corolle, sont tous indépendants et entièrement distincts. On a assez justement critiqué les premiers termes qui, d’après l’étymologie ( advo; , unique), sembleraient indiquer qu’d n’y a qu’une seule foliole, qu’un seul pétale. Mais ils sont adoptés depuis si long-temps et, si généralement, qu’il est bon de les conserver, en se rappelant bien que le calice ou la corolle ainsi nommés sont composés, non pas d’une partie unique mais de plusieurs parties soudées ensemble en une seule pièce. On avait proposé les noms de gamophylle , gamopétale à la place des précédents (de yaaoç , noce, union); mais, outre l’inconvénient de substituer des noms nouveaux à d’autres habituellement employés, ils ne seraient pas eux-mêmes, par leur justesse, à l’abri de tout reproche, ainsi que nous le verrons en étudiant le développement de ces parties (§421). Gardons autant que possible les anciens noms après les avoir bien définis, ce qui fait disparaître lous les inconvénients de leur impropriété.

§ 365. La cohérence peut avoir lieu entre les étamines. Si elles sont élargies à la manière des pétales, elles peuvent se joindre de la même manière par leurs bords (fi g. 272); mais plus souvent elles sont rétrécies en filets qui ne viennent à se toucher et se confondre qu’aulant qu’ils sont assez nombreux ; et alors on les voit souvent se réunir, non pas en un cylindre unique, mais en plusieurs faisceaux ou adelphies (d' aosXcpsioç, fraternel, fig. 238, 322).

§ 366. Enfin, c’est entre les parties du verticille le plus intérieur, les carpelles, que la réunion peut exister; et comme ils se présentent l’un et l’autre par des faces et non plus par des bords, comme d’ailleurs ils occupent le centre de la lleur, le corps qui résulte de cette réunion est un solide beaucoup plus simple en

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