‹ Cours élémentaire d'histoire naturelleChapitre 76 sur 262 · FLEUR 1ÙN GÉNÉRAL. — ADHÉRENCES · texte numérisé non relu

FLEUR 1ÙN GÉNÉRAL. — ADHÉRENCES

apparence que les appareils que nous avons vus résulter de celle des autres vertieilles.

§ 367. 11 est clair que toutes ces réunions tendent, d’autant quelles sont plus complètes, à dissimuler la nature foliacée des parties. Dans celles de ces parties qui restent entièrement indépendantes, il est facile de voir des feuilles ; surtout si, placées à des hauteurs différentes, elles manifestent, par la manière dont elles se recouvrent mutuellement, leur disposition spirale, comme, par exemple, les folioles calicinales d’un Hellébore ou d’un Camellia ( faj . 248, c): Lorsque, confondues par leur base, elles sont distinctes à leur partie supérieure, on peut y reconnaître encore, quoique plus difficilement, autant de feuilles, comme dans le calice de la Bourrache. On ne le peut plus que par analogie lorsqu’elles se sont réunies par la plus grande partie ou même la totalité de leurs bords, de manière à former un tube (calice de l’Œillet, fig. 262 2, c; du Rhinatithus ), ou une sorte de coupe (calice de l’Oranger).

§ 368. Ces soudures doivent être d’autant plus fréquentes que les parties d’un même verticille se trouvent plus serrées les unes contre les autres, soit quelles soient plus larges, soit que l’espace qui leur est accordé soit plus étroit. On conçoit donc que les étamines à filets dilatés sont plutôt réunies ensemble que celles où ils sont, filiformes; que les étamines, en général, se soudent moins fréquemment entre elles que les pétales, toujours beaucoup plus larges; qu’au contraire les carpelles, ordinairement plus épais quo les autres parties, concentrés d’ailleurs sur un cercle beaucoup plus exigu au milieu de la fleur, se soudent plus habituellement quand l’axe ne s’étend pas en longueur ou en largeur pour les espacer suffisamment; que, plus cet axe est court et grêle, plus les vertieilles qui en naissent ont, à dimensions égales d’ailleurs, de tendance à se réunir entre eux.

§ 369 Mais ce n’est pas seulement entre les parties d’un même verticille, c’est entre celles de deux vertieilles différents que la réunion peut avoir lieu, et sous l’influence de causes analogues à celles que nous venons d’indiquer. C’est de même par leur portion inférieure, où ces parties ont moins de jeu dans leur développement, qu’elles se soudent le plus ordinairement. Les vertieilles floraux peuvent ainsi s’accoler deux à deux (la corolle avec le calice ou avec les étamines), trois à trois (le calice, la corolle et les étamines), quatre à quatre. Ce dernier cas doit se présenter toutes les fois que le calice vient à se souder avec le pistil, puisque le bas des étamines et des pétales situés dans leur intervalle se

trouve nécessairement compris dans cette soudure. Mais il est extrêmement rare que le pistil entre dans une soudure dont le calice reste indépendant, avec les étamines ( Nymphœa alla), ou en même temps avec les pistils (Iiaspalia), quoiqu’on voie par ces exemples mêmes que cette combinaison peut se rencontrer.

§ 270. Lorsque plusieurs verticilles différents se réunissent ainsi entre eux, les parties d’un même verticille doivent se réunir elles-mêmes ensemble ; c’est une conséquence presque nécessaire de la loi d’alternance d’un verticille à l’autre. Si les parties de deux verticilles A et B alternent, une partie quelconque de B, ainsi située entre deux parties de A, ne pourra se souder à ces parties sans les joindre entre elles, si elles ne s’étaient pas déjà jointes immédiatement. On conçoit cependant des exceptions possibles dans le cas où cette partie de B se souderait par l’un de ses côtés avec l’une des parties de A, tout en restant indépendante de l’autre; c’est ce qui arrive fort rarement, mais quelquefois (dans les Olacinées, par exemple). Il est plus commun de voir certaines pièces de la fleur s’opposer à celles du verticille voisin, soit par une interversion apparente des lois de position dont nous rendrons compte plus bas, soit par le doublement de celles d’un des deux verticilles ; et dans ce cas deux pièces ainsi placées l’une devant l’autre peuvent facilement contracter des adhérences ensemble, tout en restant indépendantes de celles qui sont placées de droite et de gauche. C’est ce qu’on observe assez fréquemment entre les pétales et les étamines qui viennent s’opposer à eux ( Stalice armeria , Agrostemma githago et beaucoup d’autres Caryophyllécs).

§ 371 . Très-souvent les traces de la soudure persistent bien manifestes. Ces parties restent distinctes quoique adhérentes; et même, dansquelques cas, il suffît d’un faible effort pour détruire cette adhérence. Ainsi, dans beaucoup MU de corolles monopétales, sur le tube que forment l'i/\ les parties inférieures des pétales réunis, on aperi ) p çoit les filets des étamines adhérentes qui tranchent par leur saillie et par leur couleur souvent différentes, et qu’on peut suivre jusqu’à l’origine même du tube [fig. 227, f; 326, *'). Dans d’autres cas, les traces de la soudure ont disparu; des deux parties soudées, la plus intérieure paraît naître de l’autre au point même où elle devient libre et au-dessous duquel les deux 227 • tissus se confondent en un seul.

227. Portion détachée de la corolle monopétale p d’un Collomia , montrant une

§ 372. Mais fort souvent, dans tout l’espace où deux verticilles sont ainsi réunis, on remarque un tissu particulier, différent de celui des parties qui les composent ; tissu le plus ordinairement glanduleux, c’est-à-dire offrant dans sa structure cet amas de petites cellules serrées et denses qui caractérisent celle de beaucoup de glandes : même assez fréquemment il se prolonge audelà sous la forme d’un bourrelet ou d’un anneau saillant. En examinant bien la surface comprise entre le calice* et le pistil, surface à laquelle on a donné autrefois le nom de réceptacle de la fleur, plus récemment celui de torus , et qui porte les parties de cette fleur, on la trouve souvent à leur origine tapissée de ce tissu, qui tantôt reste étendu en une lame superficielle, tantôt se relève en saillies concentriques, comme les verticilles. Cette saillie, désignée par plusieurs termes, assez généralement par celui de disque , donne le plus ordinairement naissance aux parties du verticille correspondant; elle pourrait, sous ce rapport, être comparée aux coussinets des feuilles.' Les parties peuvent naître du bord libre du disque, ou de sa face interne, ou de sa face externe. II peut s’allonger plus ou moins, et les porter ainsi à une distance plus ou moins grande de la surface du torus. Plus ou moins épais, il peut combler l’intervalle souvent étroit qui sépare deux verticilles et devient ainsi entre eux le moyen le plus fréquent d’union. C’esf , ainsi que son tissu se rencontre si habituellement dans la soudure de plusieurs verticilles, du calice avec ceux qui sont plus intérieurs que lui, du pistil avec ceux qui lui sont extérieurs. Alors ce n’est pas sur la portion inférieure du pétale ou de l’étamine, c’est sur le disque qui l’exhausse en lui servant de base que la sou.dure a lieu.

§ 373. Insertions des parties de la (leur. — Des faits qui précèdent, et qui font varier le point de départ apparent des verticilles de la ileur les uns par rapport aux autres, résultent des différences faciles à saisir et importantes pour la distinction des différentes fleurs. Comme chaque verticille semble commencer au point même où il se distingue ou se dégage des verticilles voisins; comme, considéré en dehors, il paraît s’insérer à la hauteur correspondante sur l’axe général qui porte la fleur, on a nommé caractères d'insertion ceux qui résultent de ces rapports divers des verticilles de la fleur non soudés ou diversement soudés eàtre eux à leur origine et dans une étendue plus ou moins grande. C’est principalement le

lanière du tube t terminée par deux lobes du limbe l, et à laquelle s’insère une étamine e dont le filet libre , à partir du point d’insertion i , s’aperçoit encore au-dessous /jusqu'à la base du tube confondu avec son tissu.

rapport des étamines et du pistil, les parties essentielles de la fleur, ainsi que nous le verrons bientôt, qu’on a cherché à exprimer par les termes inventés pour désigner ces différents modes d’insertion. Si les étamines se soudent avec la corolle, on les dit épipêtales , et en ce cas on considère l’insertion de l’une et des autres comme la même, ainsi qu’elle l’est en effet relativement au reste de la fleur. Si les étamines, soit réunies ainsi à la corolle, soit indépendantes d’elle, le sont également et du calice et du pistil, il est clair qu'elles s’inséreront au torus au-dessous de ce pistil ( fig . 228), on les appellera hypogynes (d’ura>, sous). Si elles s’insèrent sur le calice ( fig . 229), elles se trouveront élevées sur lui à une certaine hauteur au-dessus de la base du pistil ; leur position paraîtra, relativement à lui, non plus inférieure mais latérale, et on les dira périgynes (de rapé, autour). Enfin, si elles s’insèrent sur l’ovaire même (fig. 230), elles sont épigynes (d’Ixi, sur). Nous avons vu (§ 368) que, dans ce dernier cas, ordinairement les quatre verticil les seront en partie soudés ensemble, et par conséquent les étamines se trouveront en même temps insérées sur le calice et sur le pistil, ce qui porte quelquefois à hésiter entre ces deux modes d'insertion et les a fait confondre par

228-230. Trois fleurs coupées verticalement de manière à montrer les trois principaux modes d’insertion des étamines. — c Calice. — p Pétales. — e Étamines. — Pistil composé d’un ovaire o, d’un style et de stigmates s. — L Torus.

228. Coupe de la fleur du Géranium roberlianum. Les pétales et étamines sont hypogynes, et celles-ci en même temps monadclplies.

229. Coupe de la fleur de l’Amandier. Les pétales et étamines sont périgynes. Le pistil est libre comme dans le cas précédent.

230. Coupe de la fleur de 1 Aralia spinosa.. Les pétales et étamines sont épigy— ms, insérés sur le pourtour d’un gros disque d qui recouvre tout le sommet de l’ovaire. Celui-ci, adhérent au calice, est ouvert de manière à montrer ses loges et les ovules pendants qu’elles contiennent.

plusieurs auteurs, notamment de Candolle, qui a nommé calyciflores les plantes dont les fleurs sont dans ce dernier cas ou bien offrent des étamines franchement insérées sur le calice ; corullif lores , celles où la corolle porte les étamines ; thalami flores, celles où les verticilles, indépendants l’un de l’autre, s’insèrent immédiatement sur le torus, autrement dit quelquefois thalamus.

§ 373 bis. Nous venons de voir que les différents verticilles de la fleur peuvent être écartés plus ou moins l’un de l’autre par suite des adhérences qu’ils contractent entre eux, et qui les reportent au-dessus de la place qu’ils devraient naturellement occuper sur l’axe; mais ils peuvent aussi s’écarter tout en conservant leurs rapports avec cet axe, et c’est lorsque celui-ci continue à s’allonger, quoiqu’il ne porte qu’un nombre très-borné départies. Les verticilles se trouvent par là éloignés l’un de l’autre, et d’autant plus élevés que, dans une fleur ordinaire à torus plane ou peu saillant, ils seraient plus intérieurs. Les Capparidées {fi g. 231) offrent des

231. Fleur d'une Capparidéc (le Gynandropsis pahnipes ■>. — c Calice. — p Pétales. e Étamines. — ug' Gonophore ou entre-nœud de l’axe portant les étami-

nes. — ag" Gynophore ou entre-nœud portant le pistil, — os Pistil composé d un ovaire o, d’un style et d’un stigmate s.

232. Fleur d'une Caryophyllée (le Lychnis viscaria) , coupée dans sa longueur de manière à laisser voir le rapport des parties. — c Calice. — p Pétales avec leur onglet allongé «, leur limbe l, et l’appendice « qui se trouve à la jonction des deux — f. e Étamines. — o Ovaire surmonté de cinq styles s, et formant avec eux le pistil. - g Prolongement de l’axe portant les pétales, étamines et p.std ( on a proposé de l’appeler alors anthnphore 1.

exemples très-remarquables de cette élongation : les pétales p restent à peu près à la même hauteur que le calice c, mais le pistil o se trouve à l’extrémité d’un long cylindre ag qui s’élève audessus de la fleur, et n’est autre chose que l’axe ainsi développé et sur lequel le verticille des étamines e peut être lui-même porté à une assez grande hauteur. Dans les Caryophyllées ( fig . 232), il est assez fréquent de voir l’axe, après avoir produit le verticille calicinal c, continuer son évolution quelque temps avant de produire les verticilles suivants, qui se trouvent ainsi exhaussés sur une colonne g plus ou moins longue. Il est bien clair que cette disposition des verticilles par étage ne change rien aux véritables rapports d’insertion des parties; elle ne fait, au contraire, qu’exagérer l’hypogynie dans les exemples cités.

Plusieurs mots ont été proposés pour désigner ces entre-nœuds de la fleur, suivant qu’ils portent les pétales, ou les étamines, ou les carpelles, ou plusieurs de ces verticilles à la fois. Le nom général de stipes, qu’on employait seul autrefois pour tous ces cas, paraît suffire encore, aussi bien que celui d’axe, qu’on modifie par une épithète convenable, suivant la longueur, l’épaisseur, la forme, la direction de l’entre-nœud. Celui qui exhausse le pistil à une certaine distance des autres verticilles, existe le plus fréquemment et mérite peut-être un nom particulier (§ 483).

§ 374. Nombre parties de la fleur. — NOUS avons déjà dans toutes ces combinaisons, et dans les différents degrés que chacune d’elles peut offrir, un certain nombre de caractères par lesquels nous pouvons distinguer entre elles un assez grand nombre de fleurs. Cependant nous avons jusqu’ici supposé constant le nombre des verticilles de la fleur et des parties qui composent chacun d’eux; nous n’avons admis de différence marquée sous ce rapport qu’entre les monocotylédonées dont la fleur serait composée de cinq verticilles de trois parties chacun (fig. 226 et 233 ) et les. dicotylédonées où elle le serait de quatre verticilles, chacun de cinq parties (fig. 225 et 234). Mais autour de ces deux types,, qui peuvent nous servir de points de départ, s’observent d’innombrables variations qu’il nous reste à examiner. Elles peuvent se distribuer en deux grandes classes. Les nombres auxquels nousnous étions arrêtés ou bien s’augmentent par l’addition de partiesnouvelles, ou bien diminuent par la soustraction de quelques parties. Étudions successivement ces deux importantes modifications..

§ 375. Leur augmentation. — Le nombre des verticilles peut rester le même, tandis que celui des parties augmente d’une quanlité égale dans chaque verticille. Ainsi, à l’exemple que nous avons

choisi comme type de la Heur de dicotylédonée, à celle du Crassula (i fio ■ 234), comparons celle d’un genre tout voisin , le Sempervivum ou vulgairement Joubarbe, dans l’espèce qui croit communément sur nos murs ; nous pourrons voir dans chaque verticille, aux cinq parties qui composent celui du Crassula , s’en ajouter d’une à quatre, ce qui pourra porter le nombre jusqu’à neuf. Dans d’autres espèces du même genre , ce nombre s'accroîtra encore, et on en connaît où il est porté jusqu a vingt, où il s’est par conséquent quadruplé en particulier dans chaque verticille et en général dans la fleur.

§ 37G. Plus souvent l’accroissement numérique des parties résulte de celui des verticilles même.

Les folioles calicinales, ainsi que les pétales, peuvent se montrer ainsi en nombre double et disposées sur deux rangées concentrique^. Mais c’est surtout pour les étamines que ce doublement est fréquent, et il a le plus souvent lieu sans que les deux verticilles extérieurs y participent,

233-236. Diagrammes de differentes fleurs, c’est-à-dire, position relative de leurs differentes parties, telle que la présenterait la tranche résultant de la section horizontale de la fleur non encore ou à peine épanouie. Dans ccs diagrammes, et tous les suivants, les mêmes figures ont été toujours employées pour désigner les mêmes parties, savoir : tu une ligne double c pour les folioles ou les divisions soit du calice des dicotylédonées [Jig. 2311 , soit du périanthe des monocotylédonées 2331 ; 2° une ligne simple p pour les pétales ou les divisions de la corolle ; 3° un petit rond pour l’étamine à anthère uniloculaire; deux ronds accolés pour l’étamine e à anthère biloculaire, ou plus ordinairement leur réunion en une petite figure de la forme d’un rein ; 4° un ovale dont le petit bout est tourné vers le centre pour le carpelle o, ou un grand cercle pour l’ovaire composé de plusieurs carpelles {Jig. 250). — De petits corps accessoires a peuvent se rencontrer, et sont indiqués par un petit point ou un petit trait.

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