‹ Cours élémentaire d'histoire naturelle ... BotaniqueChapitre 244 sur 258 · SUCCESSION DUS ZONES · texte numérisé non relu

SUCCESSION DUS ZONES

année très-près tic* terre. La physionomie propre à chaque famille s’effare eu quelque sorte, remplacée par la physionomie générale île piaule alpine, et ou retrouve celle-ci jusque dans îles genres à espèces ordinairement arborescentes, par exemple dans des Saules, (pii ici rampent cramponnés sur le sol. •Sur le bord des eaux, lit où la croupe des montagnes tortue une pente adoucie, ou s’aplatit en {{radins sur lesquels puisse s’arrêter une couche d’humus, la végétation forme des lapis étendus; mais le plus souvent ce tapis est déchiré par les accidents du terrain, et lu verdure ne se montre que par lambeaux dans les intervalles, les tentes ou les anfractuosités des rochers. Plus ou s’élève, plus elle s’éparpil c et s’appauvrit, jusqu'à ce qu'cutiii ces rochers ne montrent plus d’autre végétation que celle des Lichens, dont les croûtes varient un peu la teinte monotone de leur surface. On est arrivé aux neiges éternelles, où les êtres organises ne peuvent plus accomplir leur vie, mais ne se montrent qu’en passant.

§ 871. Comparons maintenant ce qu’on observe en s’avançant du centre de la France vers le pôle, à ce qu’ou a observé dans l’ascension îles Alpes. Ou voit de même graduellement diminuer le nombre absolu des espèces et le nombre relatif de celles de certaines Familles : Labiées, Ombellijcres , Bubiucées, etc., disparaître complètement celles de plusieurs autres (Ma lancées, Cisimces, iùi/ilioi biuiées , etc.). En prenant pour points de comparaison certains végétaux earaclérisques, ces arbres que nous avons suivis sur la pente des Alpes, nous trouvons leur distribution à peu {très analogue, si on la considère d’une manière générale, un peu différente cependant si on se livre à un examen {tins détaillé et plus rigoureux. Ainsi, sur les cotes occidentales de la Scandinavie, le I/étrè s’arrête à (j()°, un peu plus tôt que le Cliênc, qui s’avance jusqu'à (il". C’est la limite septentrionale de la zone froide tempérée. Nous entrons dans ht zone sous-arctique, au milieu des forêts d'arlues verts, de Su/iin qui cesse vers (i8°, de Pin qui cesse vers 70°, mais où le Mélèze manque entièrement. Le Bouleau commun s avance encore un peu plus loin. Ce sont donc les mêmes végétaux dont nous avons vu l’ensemble caractériser ces diverses zones déterminées par les diverses hauteurs des montagnes, mais ici ils se dépassent dans un ordre différent et quelquefois inverse. On ne rencontre plus ensuite que des arbrisseaux bas, et, vers l’extrémité de la Laponie, nous entrons dans la région polaire. .Mais celle-ci peut elle-même se subdiviser en deux ; l’une antitjue , analogue à celle des Alpes que nous avons vue nue d’arbres, mais revêtue encore d’humbles arbrisseaux. Ici le Bouleau nain, jusqu’au 7 1°, remplace l’Aune vert des montagnes, et le llho- (loclciulron se repi éveille par une espèce particulière (II. tu/xmicum). Au Spitzberg, enfin, nous sommes dans la région des plantes alpines, dans l’autre zone qtt’ou peut appeler proprement j.olairc, où la végétation, réveillée quelques semaines seulement, dort ensevelie sous la neige le reste de l’année, et ne produit plus que des végétaux v ivaces et sous-lrutesceuls, chétifs, clairsemés, les mêmes, pour la plupart, que nous avons signalés vers la limite des glaces éternelles. Mais faisons bien remarquer que dans le parallèle précédent des diverses zones de végétation, suivant les altitudes et suivant les latitudes, nous avons pour ces dernières choisi la portion de la terre la plus favorisée comparativement , celle où les lignes isothermes sc relèvent le plus vers le péde, la côte occidentale de l’F.urope. En suivant d’autres méridiens, nous au-

096 GÉOGRAPHIE HOTAXIQl’K.

rions vu 1 es zones successives s'arrêter à des laliliuli's l>caiu'oii|> moins éle- f

vces , d’autanl moins <|ue nous nous serions avancés davantage vers ceux r

« | ni traversent le centre des grands continents ou se rapprochent de leurs 1

cotes orientales.

§ 872. Rappelons aussi ce que nous avons annoncé (§852) : c’est que la tem- i

peinture inoyenue exerce moins d’influence sur la végétation que la température |

extrême des hivers, et surtout celle des étés, ainsi que de leur duree. Car i

beaucoup de végétaux, échappant sous la terre ou sous la neige qui les re- |

couvre à l’action de l’atmosphère, peuvent braver ainsi celle des hivers les plus rigoureux et reparaître au jour pendant l’été, en parcourant même toutes les phases de la floraison et de la fructification , s’il est assez chaud et assez long. Ces mêmes conditions permettent également ht conservation d’un certain nombre d’espèces annuelles. 11 peut donc en résulter de notables différences dans la végétation de deux points situés sur une même isotherme: celui où les températures estivale et hivernale diffèrent peu, et celui où elles diffèrent beaucoup, comme à l’Ouest et dans l’intérieur îles continents, chacun d’eux excluant un certain nombre de plantes que l’autre admet. En conséquence, les lignes isothermes ne peuvent, non plus que celles des latitudes ni celles des altitudes, définir rigoureusement une zone végétale: les isoehimènrs et les isothères n'y suffiraient pas davantage. La végétation d’un pavs plus où moins borné est une résultante de ees influences combinées et de beaucoup d’autres encore , bien plus complexe par conséquent que le climat auquel elle ne se subordonne que d’une manière générale. Ou ne peut donc prétendre circonscrire ses variations si nombreuses dans certaines lignes continues, ou les formuler dans un petit nombre de lois. On conçoit par 'à combien est imparfaite et incomplète l'esquisse que nous avons tracée, obligés de nous reserrer dans quelques pages et d’éviter la multiplicité des détails ici pourtant si nécessaire. Aussi dans celle exposition avons-nous eu recours moins aux préceptes qu'aux exemples. Nous avons naturellement pris le nôtre dans l’Europe, et surtout dans la F ranci*, pour que le lecteur ait au moins le terme de comparaison à défaut de la comparaison tout entière. Cherchons cependant à en montrer encore quelques points.

§ 8715. Dans cette comparaison, nous suivrons une marche inverse, nous redescendrons du sommet des montagnes vers leur base, du pôle vers l'équateur.

Si dans les massifs situés à des latitudes diverses et sur des parties du globe bien différentes, nous considérons la zone de végétation la plus élevée, celle qui confine à la limite des neiges, et que nous avons nommée polaire, nous trouverons que partout el e présente la meme physionomie, celle dont nous avons cherché à donner une idée bien incomplète, il est vrai, dans h-s plantes alpines (§ 870). Mûries hauteurs du Caucase, de l’Altaï, de l'ilimalaya, des Andes Mexicaines, comme des Andes Péruviennes ou Chiliennes, les botanistes voyageurs nous décrivent ce même aspect d’une végétation arrêtée à pende distance du sol, formée par les pousses herbacées de plantes vivaces que développe un court été,, par les rameaux roules des espèces ligneuses dont la direction tend à l’horizontale au lieu de la verticale, enchevêtrés en plaques compactes, qui quelquefois ne peux eut être entamées qu’à l'aille de la hache] Les espèces quêtions avons signalées sur le principal massif de l’Europe, les Alpes, se retrouvent pour la plupart sur ses autres montagnes, celles de la

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