ILES
S; 882. Le cap «le lîonne-F.spérimcc, euliii, offre une physionomie liieil distincte, analogue eu i|uel(|iies points il celle «les terres australes par la présence «les Froleacëes, Diosméis, Hestiucëes , ainsi «pie «les Bruyères, «pii semblent ici remplacer les Fpacriilécs absentes. Mais «l'une part les Dilleniacées, les Acacias à pliy 1 lin les et les Eucalyptus maïupieut, taudis que d’autres plantes rares ou milles à la Nouvelle-Hollande deviennent ici abondantes et caraetérisliipies, connue l«‘s I ridées , les Ficditlrs , les Pelarfjonittm, les Alors, les Stopehas (genre d’Aselépiadées) , li s lii tmiueées , les Sélagiiteës , etc. Certaines Composées, notamment celles qu'on connaît vulgairement sous le nom «l’Ininiortelles {Giiaphuliiim, Elychrysum) , sont aussi fort multipliées. Les formes «les Palmiers, «pii ne se montrent «pie plus au nord, sont représentées par plusieurs curieuses espèces «le Cycndées, Il n’y a pas au Cap, non plus «pi'à la Nouvelle-Hollande, «le montagnes tut peu élevées sur lesipielles on puisse suivre la dégradation de celte végétation propre à ces deux points «lu globe. La Nouvelle-Zélande en offre d’assez liantes pour conserver la neige à leurs sommets ; mais les botanistes lie les ont pas encore explorées.
§ 883. Parvenus ici, nous nous trouvons ramenés aux zones juxla et intertropicales «pii, dans cet examen général, nous ont servi de point de départ. Nous ne nous sommes guères arrêtés «pie sur les grands couliiients, et nous n’avons cité ipi'un petit nombre «l’iles. II lions reste «loue à ajouter «ptehpics lignes sur les différences «pte les îles peuvent présenter dans leur végétation, comparées aux continents. Celles «pii ont mie grande étendue peuvent être considérées comme «le petits continents elles-mêmes, mais néanmoins offrent toujours, par le développement de leur littoral, une proportion plus grande «le terrains soumis au climat plus buntiiîe et plus tempéré une nous avons nommé marin (§ 853 J. Celle différence influe nécessairement sur leur végétation, à laipielle elle imprime «pteliptes caractères particuliers , mêlés à ceux tpi’elle offre en commun avec l«*s parties «les continents voisins et situés à la même latitude. Un de ces caractères est l’abondance relative des végétaux acotvléilonés cedulaires, et principalement des Fougères, auxipielles ce climat parait singulièrement favorable, et d'autant plus «pi'il est en même temps plus cliattd. Ils s’y mollirent donc dans une proportion d'autant plus grande, par rapport à la totalité des autres végétaux, que l'ile est moins considérable cl par couséipieut plus eomp élément placée dans ces conditions tic température. Ainsi, dans la grauile ile «le la Jamaïque, le nombre des Fougères, comparé à celui des espèces phanérogames, est comme I à 10 La proportion est 1/8 dans les îles de France et t.c Jlourbon, 1/G à la Nouvelle-Zélamle, 1/4 à Otaïti, 1/3 à l’ile Norfolk, 1/2 à celle de Trislan-d’A cunba. Un autre caractère de la végétation des iles mise en regard de celle îles continents, c’est «pie le nombre total des espères végétales v est moindre sur une étendue égale, et d'autant moindre que l’ile se trouve plus petite et plus écartée au sein de l’Océan : résultat presque nécessaire de l’obstacle qu’oppose celle interposition «les mers à la transmission d’espèces primitivement étrangères au sol, qui, au contraire, sur un espace égal, mais continental, peuvent arriver et finir par s’établir, eu s'avançant «le proche en proche de tous les espaces circouvoisins. Le climat marin, sur beaucoup de points et surtout en s'éloignant des tropiques, parait nuire à la végétation arborescente, probablement aidé par l’action de vents violents et fréquents. C’est ce qu’on
peut déjà remarquer sur beaucoup «le nos « «'«les. L’Islande , les archipels Shetland et l’eroë , n’oiil pas d'arbres ou u’en offrent «pie quelques l)oiu|uets rabougris, isolés sur un petit nombre de points abrités, taudis «pie nous avons vu ees arbres s'avancer autant et même plus loin en latitude sur la côte de Norvège, v acquérir une grande vigueur et y former des forêts. Nous avons vu aussi dans l'hémisphère boréal de grands arbres justju'à la Terre-de-l’eti, et h.'s Malouines, tptoitpte plus rapproebées de l'équateur «le «ptehptes degrés, offrent au plus d'iiuntblcs arbrisseaux, avec une flore du reste prestpte semblable.
§ 88i. Lue vérité «pie nous avons indiiptée au début de ce chapitre ressort clairement des détails dans lesquels nous venons d'entrer : c’est qu'un grand nombre de points «h- la terre offrent dans leur végétation des différences indépendantes des conditions différentes dans lesquelles ils si- trouvent placés, comme si chacun d’eux, dans le principe, avait été l’objet d’une création à part. Deux points éloignés avec un climat analogue et même idculupic, et avec toutes les autres circonstances dont l’ensemble devrait entraîner l’identité des productions naturelles, peuvent néanmoins ni' produire que des plantes différentes. C'est donc «pie chacun d'eux dans le principe a ueeti les siennes et non les autres, «ptoiipt'elles eussent pu également y vivre. Cela est tellement vrai «pi’on voit certaines espèces, transportées d'un centre à un autre, y prospérer comme dans leur patrie primitive. Nous en avons cité un exemple à la Nouvelle-Zélande (§ 880), et nous en avons plusieurs sous les yeux, par exemple YErirjerondu Canada, «pii une fois introduit en Europe y est devenu la mauvaise herbe la plus commune, et tant de plantes annuelles «pii par ht semis fortuit de leurs graitu's , mêlées à celles des céréales apportées d’autres pavs , se sont si bien naturalisées «laits le nôtre qu'oit a peine aujourd’hui à distinguer celles «pii en sont et celles «pu u’en sont pas réellement originaires. Citons encore deux végétaux , Y A<jaoe (connu sous le nom vulgaire et impropre d’AIoès) et la Hoquette (Cactus opuntia) «pii couvrent l'Algérie, la Sicile, une partie du littoral de I Espagne, de l'Italie et de la Grèce, au point «pie les voyageurs, frappés de l’aspect tout particulier «pie ieui’ présence imprime au paysage, les regardent comme les tvpes d’une végétation africaine, et cependant tous «leux viennent de l'Amérique, et n’avaient jamais avant sa ilécotiverle paru sur notre continent. Notre Cliardtin-mnrie et notre Ca -don ont envahi les campagnes du Rio-de-la-Plata ; le Monrcn des oiseaux, VHcrbcà- Habert, la Crawle Ci'juë, Y Ortie dioir/ue, la P ipè ri ne commune, le Marmite commun, pu 1 h t Ici ■ t aujourd’hui aux environs de certaines villes du Brésil et croissent abondamment jusque dans leurs rues. Presque tous les pays pourraient fournir des exemples semblables «le l'émigration de certaines plantes suivant les émigrations des hommes. Si elles ne s’y rencontraient pas avant, ce n’était donc pas faute de conditions propres à leur existence, c’est «pie la main toute-puissante qui a semé la terre en avait déposé les germes autre part et non là.
On conçoit qu’une espèce, parlant ainsi d’un centre quelconque, se propage en rayonnant autour de lui tant qu’elle trouve les conditions nécessaires à sa vie. Les latitudes différentes, les chaînes de montagnes, les déserts, les mers surtout sont autant de barrières naturelles qui s'opposent à son extension indéfinie, et la renferment le plus ordinairement «laits des bornes plus étroites