STATIONS
vciil île nier. Des arbres comme le Pin maritime peuvent y |)i osjiérer, et rendent un double service en opposant une barrière à l’invasion ultérieure îles dîmes et en utilisant leur terrain. On se sert aussi (en Hollande, par exemple) pour les arrêter, de Graminées traçantes qui , connue l’ Arunlo urennria , y poussent bien et vite; et une fois qu'elles ont cessé d’être mobiles, el les peuvent produire plusieurs plantes, même de celles ipte l'homme cultive.
^ U0-. Nous savons qu'avec les éléments minéraux du sol, avec l'eau ipti le pénètre, s’unissent les débris même des êtres organisés pour constituer le véritable sol végétal, celui dont la richesse influe le plus sur celle de la végétation. La présence de végétaux sur un point v garantit doue, el d'autant plus qu’ils doivent lui abandonner une plus grande masse de débris, la succession d’autres individus et leur multiplication, ipte favorisera encore la présence des animaux attirés par le besoin de s’y abriter ou de s’en nourrir. Mais, avant île former celle couche plus ou moins épaisse de terreau , il avait fallu que sur le terrain originaire, celui qui forme le fond, quelques plantes pussent s’établir, se développer, déposer un premier mélange d’engrais, et préparer le sol à en recevoir d’autres , (pii à leur tour ont enrichi ce premier dépôt , successivement augmenté par des générations suivantes des mêmes plantes ou de plantes différentes dont la variété s’accroît dans la -même proportion. A quelque point que s’arrête celte progression, c’est toujours de la qualité de ce terrain originaire que dépend l’admission des premières colonies de plantes, et par conséquent , en définitive, la nature générale de la végétation.
§ 1)03. C’est la nature du sol qui détermine un grand nombre de stations des plantes. 1 Iles ont , pour nous résumer, leurs séjours dans l’eau de la mer, sur son bord imprégné de sel mardi ou sur des terrains (pii eu sont éloignés, mais salés par une autre cause : dans l’eau douce, stagnante dans des espaces petits ou étendus, courante en ruisseaux ou en rivières; sur leurs rives; dans les marais; dans les tourbières ; sur les rochers; dans les sables dont la composition chimique peut varier, mais est le plus ordinairement siliceuse; dans des lieux stériles, par une autre cause (par exemple, parce que le terrain, au contraire, trop compacte, se durcit par la chaleur eu une masse que les racines ne peuvent percer) ; dans les terrains où domine l’argile, ou la chaux, ou le gypse, ou un autre élément, formés en place, ou par des allttvions, ou par des atterrissements, ou par des déjections volcaniques, ou d’une autre origine quelconque, etc. D’autres fois l’indication de la station est empruntée a l’association de la plante avec d’autres combinées déjà entre elles d’une certaine manière. C'est ainsi qu’on distingue celles (pii croissent dans les forêts, dans les prairies, dans les baies, dans les terrains cultivés et remués souvent (Plantæ arvrnses), etc. Nous trouvons ici l’iiifluence de l’homme sur la distribution des végétaux, puisque c’est elle qui a déterminé artificiellement ces dernières combinaisons. Mais il eu existe une autre que celle qu’il exerce volontairement et sciemment. Certaines plantes sauvages, certaines mauvaises herbes, qu'il serait plus porté à extirper qu’à propager, l’accompagnent partout et se multiplient autour de sa demeure comme les Orties, diverses espèces de ('licno/wtlium et de llumex, de Mauves, le Mouron îles oiseaux, etc., etc. Leur présence au milieu d’une campagne déserte, de solitudes perdues à une grande élévation dans les montagnes, indique qtt’il a passé par là, et qu’au moins la bulle d’un berger v a été quelque temps élevée. Il y a des plantes que nous voyons couronner h* sommet des murs; d’autres (comme ht Pariétaire) s’éta-
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lilir (Luis leurs fissures et sur les moindres saillies de leurs parois; d’imlres, toujours border leur pied et s’emparer des décombres (/‘/«iilffi rudernlcs).
§ 00 4. L'homme. civilisé, atuptel lie su l'Hseï 1 1 ]>l i is les productions spontanées que lui offre la terre, et qui elierclie à multiplier autour de lui les animaux et végétaux qui peuvent lui servir ou lui plaire, il détruire ceux qui lui déplaisent ou lui nuisent, tend nécessairement à modifier de plus en plus la distribution de ces êtres et la physionomie de la nature primitive. Nous ne la voyons qu’aiusi altérée dans la p'tis grande partie de l’Kuropc, où il faut qu'un lieu soit bien inaccessible ou irrévocablement stérile pour rester abandonné à lui-même. Les forêts, dans l étal de la nature, tendent à s’emparer du sol, ainsi qu’on peut le voir encore dans le sud du Chili, oit les bosquets de bois, une lois établis sur le bord ou au milieu des prairies, empiètent sur elles chaque année en s’avançant sur toute la ligue de leurs lisières comme en colonne serrée, finissent par opérer leur jonction et, rétrécissant de plus en plus le cercle des Graminées, par les remplacer complètement. C’est le contraire dans les pays cultivés. Les forêts, qui en couvraient primitivement la plus grande étendue, s’éclaircissent et disparaissent graduellement sous les coups de l’homme ; et celles qu’on conserve, soumises pour la plupart à des coupes réglées, n’ont plus ni le même aspect ni la même influence sur la nature eiiviroimaïqe. Les conditions du climat ont été ainsi modifiées; celles du sol le sont sans cesse par la culture, qui règle d’ailleurs les espèces peu nombreuses qui doivent le couvrir. Beaucoup de celles qui formaient la flore spontanée sont ainsi détruites, au moins par places; quelques autres, au contraire, sont introduites, et ce sont eu général des plantes annuelles dont les graines se sont mêlées à celles des Céréales venues de pays plus ou moins lointains. Mais quelles que soient ces modifications, elles ne peuvent être tellement profondes que la nature ne conserve pas toujours ses droits ; ( lie dirige l’homme tout eu le suivant: les piaules spontanées qu’elle continue a faire croître en abondance, les plantes cultivées qu’c le laisse croître, sont un double indice par lequel elle se fait reconnaître. Les dernières fournissent même des signes excellents à J’élude de la géographie botanique : seulement, eu les employant, on doit se rappeler que l'industrie humaine trouve moyen de pousser toute culture avantageuse plus ou moins au delà des limites où s’arrêterait la croissance des mêmes plantes laissées à elles-mêmes; mais ces limites ainsi étendues conservent leur rapport pour les diverses espèces. Il faut se souvenir aussi que l’absence d’une culture dans un lieu donné peut ne pas impliquer son impossdnlité, mais seulement la préférence donnée à d’autres plus avantageuses pour ce lieu-là. C’est dans sa région natale qu’un végétal est cultivé avec le plus de succès et ordinairement qu'il l’a été d’abord. Les climats analogues lui sont ensuite les plus favorables, et, à mesure qu’on s’éloigne davantage de celle zone, sa culture devient de plus en plus difficile, sa production de moindre eu moindre. F.n ayant égard à ces considérations, la géographie botanique et l’agricole s’éclaireront mutuellement. La première empruntera à la seconde des points de repère bien definis, et, une fois qu’on aura vu certains végétaux spontanés accompagner telle ou telle culture eu les rencontrant autre part, ou en conclura la probabilité que cette même culture pourrait y réussir aussi.
§ 005. Dans le rapide examen qu’il nous reste à faire de la distribution des végétaux cultivés, nous nous bornerons à un petit nombre, à ceux ipti servent