PLANTES CULTIVÉES
périls, |)oiir ses graines farineuses, et il l’est encore, quoiqn’à un beaucoup moindre degré.
^ flOX . Plusieurs espèces du genre Polyqonmn, type de la famille voisine des Polygonées (§ 779) , dont la graine offre une composition analogue, servent , pour celte raison, habituellement d'aliment aux peuplades qui habitent les montagnes septentrionales et les battis plateaux de l’Asie, d’où ces espèces sont originaires. L'une d’elles, le Sarrazin (P. fmjnpy rnm) , est très-répandue dans le nord de l’Europe, particulièrement dans la Bretague, où elle forme la principale nourriture des paysans.
§ 909. Les populations de quelques districts montagneux, dans l’Apennin en Italie, en France dans les (devenues et le Limousin , se nourrissent, pendant une partie tle l’année , île Châtaignes. Le Châtaignier (§ 764) croît spontanément dans toutes les régions moutuciiscs du midi de l’Europe , dans TAsic-Mineure et le Caucase, et il est cultivé assez loin de ses limites naturelles. Mais il lui faut , pour «pie sou fruit mûrisse, un certain «legré île chaleur assez long-temps prolongé. Au delà de Loin Ires et de la Belgique, vers 51°, il ne vient plus à maturité et n’est plus cultivé comme fruitier, mais seulement pour son bois ou pour l’ornement. Comme, en sa qualité d’arbre , il doit subir toute l’influence des hivers, il est probable que sa limite au nord est marquée par une ligne isochimène. Mais il redoute aussi la chaleur : déjà, en Italie, il ne croît que sur le penchant des montagnes, et il manque à l’Atlas.
S 910. Entre les tropiques, dans toutes les parties peu élevées au-dessus du niveau de la mer, ce sont d’autres produits végétaux qui nourrissent l’homme, parce que, en général, la quantité de substance alimentaire fournie par eux est beaucoup plus considérable sur un espace donné, et que, d’ailleurs les fruits obtenus, le plus souvent presque sans culture, favorisent l’aversion aux rudes travaux sous un climat brûlant. Mous avons cité: 1" le Bananier (§ 75(i) , qui est cultivé pour ses fruits jusqu’en Syrie, vers 34", et qui, dans les Andes, ne fructifie qu’avec peine à une hauteur de 2000 mètres, où la chaleur moyenne tombe à 18-19°. 2” le Dattier (749) , Palmier de l’Afrique septentrionale ou certaines populations se nourrissent de son fruit , qui ne peut mûrir au delà d’une certaine ligne allant de l’Espagne jusqu’en Syrie, du 39° au 30” degré, quoique l’arbre puisse encore végéter quelques degrés plus au nord. B” ’e Cocotier (§ 749), originaire de l’Asie méridionale, maintenant répandu, comme le Bananier, sur toute la zone intertropicale , mais se plaisant seulement sur les bords de la mer, loin de laquelle ou ne peut l’obtenir. Il demande une température moyenne de plus de 22", s’arrête, par conséquent , à peu près là où commencent les Céréales, et fournit à certains peuples, par exemple, ceux de la Péninsule de l’Inde et de l’île Ceylan , un objet important de nourriture et de commerce. 4" l 'Arbre à J (lin (4s 765) , aliment de la plupart des habitant s des îles de la mer du Sud, dont il est originaire, transporté maintenant aux Antilles, au Brésil, à la Guyane et à l’île de France , mais qui craint assez le froid pour ne pouvoir déliasser le 22' ou 23' degré de latitude.
91 1. Nous avons cité encore quelques p ailles alimentaires cultivées pour leurs racines farineuses: Yhjname (§ 755), originaire de l’Archipel indien, et dont la culture ne s’étend guère ait delà de 10° de chaque coté de l'équateur
dans l'ancien monde; la Paint? (§888), venue de l’Inde, niais i|iii réussit jusque dans 110s climats tempérés, quoiqu’elle eesse dette cultivée en {grand au delà de la zone chaude, c’est-à-dire de il" à 42'1 ; le Manioc (§ 770) , répandu du Brésil jusque sur la côte occidentale d’Afrique, cultivé en Amérique jusqu’au 30* degré des deux côtés de l'cquateur, et qui ne peut l’étre sur les montagnes à une élévation surpassant 1000 mètres.
§ 1112. Nous avons vu, à l’article des différentes familles, à quel point les Boissons fermentées et alcooliques sont recherchées par l'homme, qui s’eu procure dans presque tous les pays au moyen des végétaux qu'il peut y avoir à sa disposition. Nous eu examinerons ici un seul , le plus important de tous, la Viijnc ($ 794), relativement aux limites de sa culture en grand pour la fabrication du vin. Celle limite paraît s’être étendue autrefois plus au nord que maintenant, puisqu’on faisait du tin en Bretagne et en Normandie , où l’on n’en fait plus, moins sans doute parce que lè climat se serait détérioré, comme quelques-uns le prétendent, «pie parce que la civilisation, facilitant les échanges et les transports, a engagé à substituer d’autres cultures plus avantageuses à celle-là, et à abandonner un produit médiocre et incertain , qu’on pouvait aisément cl sûrement tirer supérieur d’autre part. Quoi qu'il en soit , la ligne où s’arrête actuellement la culture en grand de la Vigne commence maintenant sur la côte occidentale «ht France, vers Nantes (47° 20’); de là elle remonte jusqu’auprès de Paris (40'), un peu plus liant encore en Champagne , et sur la Moselle et le llhin , jusqu’à 51°; puis, après quelques ondulations, passe à peu près au même degré en Silésie; redescend ensuite, vers le midi, à 48-40° en Hongrie, «l'oit elle se soutient à la même latitude jusqu’en Crimée et au nord de la Caspienne , où elle disparaît. La limite méridionale de la Vigne est aux Canaries vers 27’ 4S’ , puis elle suit le littoral de la Barbarie , s’y interrompt pour reparaître sur un petit point de l’F.gv pte , et beaucoup plus abondante en Perse à 20° et même à 27". F.llo ne mûrit pas au .lapon , et n’est pas cultivée dans la Chine, où sans doute elle pourrait l'être, mais dont tout h' vaste empire est voué à la boisson «lu Thé.
Dans l’autre hémisphère et en Amérique , celle culture a été tentée avec succès; sur «ptehptcs points disséminés, d'après les habitudes i'l les idées des eo'ous , mais non sur une échelle assez générale pour «pie sa circonscription actuelle puisse être "considérée comme nécessaire et fixée par la nature. Dans l’Amérique septentrionale, où les premiers navigateurs trouvèrent plusieurs espèces distinctes de Vignes croissant spontanément , la limite septentrionale de sa culture ne dépasse pas 37° sur les bords de l’Ohio, 38’ dans la Nouvelle-Californie; sa limite méridionale, 2(i° à la Nouvel le-Biscave, 32“ au Nouveau-Mexique. Dans l’hémisphère austral, où elle n’atteint certainement nulle part 40”, oit l’observe au Chili et dans la province «le Bitenos-Avres ; vers 34° «laits la Nouvelle-llollaude et au Cap «le Bonne-Espérance, si renommé par son vin.
Quant aux montagnes d’Europe, elle mouleau plus à 300 mètres en Hongrie; dans le nord «le la Suisse, à 550; ne dépasse pas 050 sur le versant méridional «les Alpes, et peut s'approcher de 000 dans l’Apennin méridional et en Sicile, «ptoiqu’à Ténériffe e’Ic n’aille qu’à 800.
!)«■ tout ce qui précède on peut conclure que la Vigne veut un climat tempéré, mais qu’elle se règle moins sur la température moyenne que sur la