‹ Cours élémentaire d'histoire naturelle ... BotaniqueChapitre 29 sur 258 · TIGE DES MONOCOTYLÉDONÉES · texte numérisé non relu

TIGE DES MONOCOTYLÉDONÉES

§ 95. Cetle structure de la plupart des palmiers avait été déjà reconnue des anciens. Desfontaines eut la gloire de découvrir sa généralité dans toutes les plantes monocotylédonées, et de proclamer cette loi très-simple : D'après la structure interne des tiges, les végétaux se partagent en deux grandes classes : 1 0 ceux qui nont pas de couches concentriques distinctes; dont la solidité décroit de la circonférence vers le centre; où la moelle est interposée entre les faisceaux fibreux , sans prolongements médullaires en rayons divergents : les monocotylédones ; 2° ceux qui ont des couches concentriques distinctes; dont la solidité décroît du centre vers la circonférence; où la moelle est renfermée dans un canal i longitudinal avec des prolongements médullaires en rayons divergents : les dicotylédones. Celte loi, ainsi formulée par Desfontaines, n'a pas jusqu’ici été attaquée.

Il n'en est pas de même des conclusions sur le mode de croissance des tiges des végétaux monocotylédonés qu’il en avait tirées fort dubitativement d’après Daubenton, mais qui, plus tard, furent adoptées et proclamées généralement. Comme toutes les feuilles sont ordinairement réunies au sommet de l’arbre, et que, dans leur assemblage, les plus jeunes, les dernières formées, sont celles qui sont placées le plus au centre; d’autre part, comme aux feuilles viennent aboutir tous les faisceaux fibro-vasculaires dont la réunion constitue la partie solide de la tige, les faisceaux qui aboutissent aux feuilles les plus jeunes, et qui par conséquent sont euxmêmes formés les derniers, se trouvent situés au centre des autres. Ainsi le tronc s’endurcit continuellement par l’addition de faisceaux nouveaux formés à son milieu, repoussant au dehors les plus anciens, qui se rapprochent et se resserrent de plus en plus, et finissent ainsi par déterminer cette zone extérieure, plus dure que le reste. Ce serait un mode de croissance précisément inverse de celui des dicotylédons , où la couche la plus nouvelle est toujours la plus extérieure, et ou chacune est d’autant plus ancienne qu’elle se trouve plus près du centre. On proposa le nom d’exogènes pour ces tiges de plantes dicotylédones qui croissent en dehors, le nom d 'endogènes pour celles des monocotylédones qui croîtraient en dedans.

§ 96. Mais, pour que ces conclusions fussent vraies, il faudrait <] ue les faisceaux conservassent invariablement les mêmes rapports, et par conséquent la même direction parallèle, dans toute l’étendue de leur trajet, que leur ensemble format une sorte de gerbe. Or c’est ce qui n’a pas lieu ; et dans une tige de palmier coupée suivant sa longueur, on voit le faisceau se courber et croiser dans

Qlî BOTANIQUE.

Page 1