I.imbc
Pétiole.
Stipule axillaire.
FEUILLUS. DEVELOPPEMENT. r*5
Le limbe définitivement est donc ici 3 fois plus long que le pétiole, et 4 fois que la stipule. 11 n'était d’abord dans la feuille I que le double de celle-ci , un peu plus dans la feuille 3 , triple dans la
1 feuille 4, quadruple dans toutes les suivantes. Le pétiole, nul dans la feuille I , a commencé à paraître dans la feuille 2 ; il était la moitié de la stipule dans la feuille 3 , la dépassait déjà dans la feuille 4, et du doublé dans les deux dernières. En choisissant des exemples différents, par exemple, celui des Polygonum et des Me-
I liant hus , cité plus haut, nous trouverions des rapports un peu différents, mais analogues.
On pourrait en conclure que c’est par la partie de sa base située au-dessus de la gaine que la feuille continue à s'allonger, et non , comme les racines, par son extrémité libre. Mais s'allonge-t-elle, comme les tiges , en même temps dans toute son étendue? 11 est facile de s’assurer du contraire en mesurant les distances entre plusieurs points marqués naturellement ou à dessein sur le limbe d'une feuille en développement ; on constate ainsi que les points supérieurs ne s’éloignent pas les uns des autres, tandis que l’inférieur s’éloigi e de plus en plus de la base , et on en déduit nécessairement cpie c’est par cette base et par le pétiole qui la continue que la feuille persiste à croître après qu’elle a cessé de croître dans toute sa partie supérieure. Une observation du même genre, faite, non plus dansle sens longitudinal , mais dans le transversal, montrerait que la feuille continue quelquefois à croître en largeur par son milieu plus longtemps (pie par son pourtour, (pie l'allongement des nervures secondaires a lieu relativement à la médiane, comme celui de cette médiane relativement à la branche qui porte la feuille.
Ce que nous venons de dire de 1 accroissement en longueur s’applique aux feuilles simples. Les composées, sous ce rapport, peuvent en général se comparer plutôt à un rameau , parce que l’évolution semble se faire de bas en haut , que les folioles paraissent et se développent d’autant plus tard qu'elles sont plus supérieures. Nous citerons particulièrement un genre de Méliacées ( Guarea ) où toute la partie supérieure de la feuille est encore comme à l’état de bourgeon quand toute l’inférieure a déjà acquis son parfait développement, de sorte (pie ces feuilles semblent porter deux générations différentes de folioles.
§ I 48. Les feuilles une fois arrivées à leurs dimensions définitives vivent plus ou moins longtemps. Un sait que, dans la plupart de nos arbres, cette vie n’excède pas quelques mois. Dans quelques uns, surtout dans ceux des climats chauds, elles persistent deux
I2li liOTAMOUE.
années ou plus, et ces arbres sont appelés toujours-verts, parce qu'on les voit constamment couverts d'un feuillage qui conserve sa couleur ; mais ce ne sont pas toujours les mêmes feuilles. Les premières sont tombées après un certain temps; mais l'arbre, déjà couvert de feuilles nouvelles, ne s'est pas dépouillé et a conservé la même apparence. C’est ce qu on peut aisément vérifier sur nos Pins, nos Houx, nos Chênes-verts , etc. Noils avons vu que, parmi les feuilles annuelles, les unes restent flétries sur l’arbre, les autres s’en détachent en se désarticulant . 11 est inutile de rappeler comment la couleur verte est remplacée progressivement par celle qu’on connaît sous le nom de feuille morte. Mais souvent les feuilles, celles qui sont articulées surtout, passent, avant de tomber, par diverses nuances dont la variété, et pour quelques unes la richesse et l’éclat, leur donnent ces teintes automnales si vantées, d'un si grand effet surtout en massifs.
$ 119. Comparaison des feuilles dans les trois grandes classes
de végétaux. — Jusqu’ici la comparaison des organes fondamentaux dans les trois grandes classes de végétaux nous a montré entre elles des différences notables et constantes. En est-il de même pour leurs feuilles? Rappelons d'abord qu’elles se composent de nervures et de parenchyme, et que les premières sont palmées ou pennées, suivant que le faisceau pétiolaire se partage à son entrée dans le limbe en plusieurs autres presque égaux et divergents, ou se continue sur la ligne médiane en distribuant à droite et à gauche des faisceaux plus petits qui se détachent de lui. Nous n avons pas insisté sur sa marche ultérieure et sur les rapports de ces faisceaux ou nervures secondaires. Or, il peut arriver deux choses : 1° qu'ils continuent tous leur marche sans-se ramifier, ou, du moins, s’ils émettent quelques divisions latérales, sans se mêler jamais avec les faisceaux voisins : 2° que les nervures secondaires se ramifient elles-mêmes, que ces ramifications se subdivisent à leur tour, que, passant d’une nervure à une autre, elle les réunissent, qu'il en résulte enfin une sorte de réseau vasculaire, dont les mailles sont formées par les dernières divisions des nervures, les aréoles par le parenchyme.
Il paraît y avoir un accord assez constant entre ces deux modes de distribution des nerv ures et les deux grandes classes de végétaux cotylédonés , le premier s'observant en général dans les monocotylédonés, le second dans les dicotylédonés.
§ I üO. Feuilles des monocotylédonées. — Leur limbe ne présente
pas des nervures en réseau ; quelquefois elles marchent toutes parallèlement (/à/. 1 5 1 ), comme dans les feuillesd Iris, de Roseau, etc.;
I KUILLI'.S 1 ES MONOEOIMÆDU.NEES.
d'autres fois il yen a de secondaires qui se détachent d’une ou plusieurs principales en marchant dans une autre direction ; mais elles s’en séparent par une ligne plus ou moins arquée, dont la convexité est tournée vers la principale [fig. 1.32). De cette égalité et de ce parallélisme des nervures secondaires, il résulte que la feuille est le plus souvent entière. Les palmiers, il est vrai, offrent des feuilles pinnatiséquées et palmatiséquées ; maison peut, ensuivant leur développement, voir que dans leur premier âge elles étaient réellement entières, et que c’est plus tard qu elles se sont fendues en plusieurs lobes parallèlement à leurs nervures palmées ou pennées.
La partie vaginale est souvent très développée dans les feuilles des monocotylédonées qui engaînent la tige dans une assez grande longueur. Ce sont mémo plusieurs de ces gaines emboîtées les unes dans les autres qui fortifient la tige et semblent la constituer en grande partie dans beaucoup de ces plantes, dans les Bananiers , par exemple. La gaine à sa terminaison se prolonge quelquefois en une espèce de petite collerette souvent membraneuse et blanchâtre (/i</. loi, g J) r tantôt entière, tantôt frangée ou déchiquetée, et le plus souvent symétriquement en deux parties latérales. C’est ce qu’on appelle la ligule , qu’on rencontre dans presque toutes les Graminées , et qu’on a comparée aux stipules; car, si celles-ci sont considérées comme entièrement distinctes de la gaine, on n'en trouve pas d’autres dans les monocotylédonées.
Continuée avec la tige dans une grande partie de son contour et suivant sa direction , la gaine ne s’articule pas, et la feuille ne tombe pas avant de mourir.
Si les nervures restent toutes parallèles depuis le bas jusqu’en haut de la feuille, sa forme est le plus souvent celle d’un ruban ( Typha , Roseau), et il est diflicile d’y pouvoir distinguer un pétiole et un limbe. D’autres fois elles divergent peu à peu à partir de la base, puis convergent de nouveau vers le sommet , et on a l’ap-
151. Portion d’une feuille de Graminée [Phalaris nrundinaj: a . — /Sa partie limbaire. — y Sa gaine. — yv Portion vaginale de celle-ci. — yl Sa portion supérieure libre , membraneuse ou ligule.
12S IHJTAMOUE.
parence d’un limbe (quelques Orchidées , Epipaciis ovula, lati folia, etc. ). Si des nervures secondaires se séparent des principales dans une autre direction , en se séparant elles déterminent un élargissement, un limbe , bien distinct du pétiole qu elles formaient rapprochées plus bas. C'est ce dont les Bananiers donnent rcxemplesuruncsigrandeéchelle(/îf/.1 52). Dans la plupart des cas, la feuille tout entière serait plutôt comparable à un phyllode, et une plante très commune sur le bord de nos rivières, la (lé— chière ( Sagittaria sagitti folia), justifie cette comparaison ; car on peut y voir sur le même pied des feuilles portant au haut du pétiole long et dressé un grand limbe en forme de flèche; d’autres étendues au cours de l’eau qui les baigne, s’allongeant en de longs et minces rubans sans distinction de limbe et de pétiole , et l’on peut suivre le passage d’une de ces formes à l’autre si différente.
Un petit nombre de familles monocolylédonées font exception aux règles précédentes par les nervures ramifiées et anastomosées en réseau de leurs feuilles, où l’on doit reconnaître un véritable limbe, souvent lobé dans son contour. Ce sont les Aroïdes, Smilacées et Dioscorées.
§ I 51 . Feuilles des dicotylédonées. C’est parmi elles qu Oll
trouve les feuilles articulées, celles qui sont véritablement composées (fhj. I 40, I 4 1 ), celles dont le contour est denté (fig. I 42), crénelé, partagé en lobes par des angles ou des sinus ( fig . 136, 137,
I 38, 1 39 ), et non par des lignes droites résultant de déchirures. Les nervures, en naissant les unes des autres, forment un angle proprement dit, le plus souvent aigu ( fig . 134, 136); elles se divisent et se confondent par leurs dernières ramifications. En nous occupant de la feuille en général , ce sont elles et leurs parties constituantes que nous avons eues presque constamment en vue ; il serait donc superflu de s’y arrêter ici.
Disons cependant que, dans quelques dicotylédonées, les feuilles, par les nervures parallèles ou convergentes sans ramifications, jouent assez bien celles de monocolylédonées. Telles sont, par exemple, quelques unes de nos Renoncules ( Ilanunculus gramineus, liugua, etc.). 1 1 y en a qu’on peut, sans aucun doute, reconnaître pour des
152. Feuille de Bananier (très réduite), pour faire voir les nervures secondaires parallèles et curvilignes à leur origine.