DEUXIÈME PARTIE. lO
ils gais, aimables, généreux, spirituels et sensibles; emportés, ils sont incapables de haine et de ressentiment. Ils ne connaissent ni tristesse ni mélancolie.
L’abus du vin produit des résultats opposés, comme tous les excitans, il plonge les organes dans une funeste inertie; et pour ne parler ici que de l’innervation, l’ivrogne ne finit -il pas par devenir pour ainsi dire stupide? Les sens sont vainement sollicités par les objets extérieurs; la perception est lente ou même nulle; la mémoire, l’imagination, le jugement sont à jamais détruits, les passions généreuses ne peuvent plus trouver accès dans ces cœurs abrutis.
Les fonctions sensoriales et affectives sont aussi fortement influencées par les infusions aqueuses de quelques substances , telles que le thé et le café. On sait que la première détermine des tremblemens, et occasionne quelquefois l’hypocondrie et une foule d’affections nerveuses; et que la seconde porte sur l’encéphale une stimulation directe , qu’elle a plus d’une fois animé la verve poétique et dissipé les vapeurs de la mélancolie.
Les assaisonnemens disputent aux alimens et aux boissons leur influence sur le système nerveux ; elles augmentent son action ou la diminuent selon qu'ils sont doués de qualités plus ou moins excitantes. Les personnes qui font un usage habituel d’alimens toniques et réparateurs, de vins généreux, de boissons stimulantes et d’assaisonnem*»s de même genre, jouissent en général d’une puissante activité physique ‘et morale, c’est-à-dire que les mouve-
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mens des viscères de la vie organique, ceux de la vie animale sont plus énergiques chez elles que chez les personnes habituées à un régime contraire. Il est donc exact de dire que par un régime alimentaire sagement ordonné, on peut exciter ou modérer à son gré les facultés mentales et affectives, l'intelligence et les passions. Puissance admirable de l’hygiène!
Mais les alimens , les assaisonnemens et les boissons, dont l’action, à la vérité journalière, imprime à l’économie animale des mutations si profondes, ne sont pas les seuls moyens que nous ayons en nos mains pour exciter, réprimer ou détruire les passions; les agens de l’hygiène compris sous le titre de la climatologie, en agissant incessamment sur la respiration, sur la peau, sur les sens, ne possèdent pas un empire moins étendu.
Sous la douce température du printemps, les passions bienveillantes et expansives s’éveillent avec l’impression délicieuse des zéphirs, du parfum des fleurs, de la lumière inaltérable du soleil. L’homme palpite alors d’espérance, d’amour et de joie.
Sous le règne de la saison qui lui succède, une faiblesse générale produite par une chaleur accablante , qui occasionne les pertes les plus considérables, porte aussi son influence délétère sur le cerveau. Les sensations sont obtuses, l’intelligence peu active, les mouvemens lents et pénibles, les passions assoupies. U#e congestion presque continuelle vers l'encéphale sollicite au sommeil qu’exige plus impérieusement encore la fatigue qui résulte des pertes