‹ Cours elementaire d'hygiene (volume 2)Chapitre 101 sur 207 · deuxième partie. aog · texte numérisé non relu

deuxième partie. aog

dont nous venons de parler. Il faut cependant établir une différence entre les effets de l’été', et ceux des climats chauds.

Ce que nous venons de dire se rapporte d’une manière plus spéciale à l’action d’une chaleur passagère. Celle des climats chauds est différente. Le cerveau de l’Africain, de l’Arabe et de l’Indien, allumé par le feu d’un soleil ardent, dépassant toute espèce de bornes dans ses productions intellectuelles, est encore emporté plus loin par ses passions. Les convulsions, la mélancolie et toutes les maladies cérébrales que nous avons si souvent énumérées, sont endémiques dans ces pays peuplés d’extatiques’ de rêveurs et de fanatiques.

Le froid n a pas moins d’influence sur le principal organe de la vie. La peau frappée par cet agent devient pâle et bientôt insensible; s’il s’établit une réaction, elle devient chaude et quelquefois douloureuse. Lorsque le froid est sec et modéré , les forces musculaires sont augmentées ; on se sent gai , dispos, plein d alacrité. L’énergie cérébrale est réellement plus grande. Mais si le froid est violent et que la réaction ne puisse s’opérer, alors on éprouve un état d’oppression intellectuelle et morale. Incapable de sentir et de penser, l’homme qui a froid ne peut pas se mouvoir davantage. Le sommeil arrive avec peine ; il est douloureux et fréquemment interrompu. A un degré plus intense, au contraire, un sommeil funeste et souvent irrésistible vient assaillir le malheureux que le froid accable, et peut le

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conduire au tombeau de la manière la plus perfide, s’il a le malheur de se laisser entraîner à cet appât décevant. Au reste, on peut dire d’une manière générale que le froid à un certain degré diminue la sensibilité, par conséquent l’intelligence et les passions, qu il augmente au contraire la contractilité ; tandis que la chaleur accroît les premières et affaiblit la derniere.

Les fonctions cérébrales ne sont pas moins modifiées par la secheresse et par 1 humidité ; actives dans la première, lorsqu’elle n’est pas trop prolongée, elles sont toujours affaiblies par la seconde, surtout lorsque la chaleur se joint à elle.

Nous ne parlerons pas de l’influence directe des vents et de la lumière sur les organes de l’innervation ; mais quel agent est-il doué d’une puissance plus immédiate sur ces organes que l’électricité? Et cependant quelle puissance est-elle encore plus inconnue? Nous savons qu’on provoque des contractions musculaires sur des animaux qui ont cessé de vivre; nous savons que certains individus éprouvent un abattement remarquable et des phénomènes nerveux fort extraordinaires à l’approche des orages , et nous ne connaissons pas la manière d’agir de ce fluide. Nous ne savons même pas, ce qui cependant est présumable, s’il augmente la force du cerveau ou s’il la diminue , et conséquemment pour ce qui nous intéresse le plus, s’il active ou modère les passions. Les saisons, les climats, les localités modifient les qualités de l’air et agissent à leur manière sur le cerveau; mais cette action offre avec la précédente

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