‹ Cours elementaire d'hygiene (volume 2)Chapitre 102 sur 207 · deuxième partie. all · texte numérisé non relu

deuxième partie. all

la plus grande analogie. Il suffit de la signaler.

Le moral de l’homme peut encore recevoir des modifications notables de l’usage des bains, des lotions, des ablutions, des pratiques du luxe et de la mollesse. Je ne sache pas que personne voulût mer ces résultats, lorsque Montesquieu en a fait la principale cause de la décadence des Romains.

L’abus des bains tièdes affaiblit l’action cérébrale. 11 énerve, amollit le courage, rend l’intelligence lourde, les travaux de l’esprit difficiles, diminue la contractilité, rend impropre aux travaux qui exigent de la force et de la persévérance ; ils disposent aux jouissances de l’union des sexes. Le massage , les frictions, les onctions et les cosmétiques agissent de la même manière; ils rendent faibles, timides et pusillanimes.

Le tabac n est pas sans action sur le cerveau , dont il éveille la sensibilité par l’espèce d’irritation qu’il détermine sur la pituitaire. Il est d’ailleurs de la classe des narcotiques , c’est dire assez qu’il jouit d’une action spéciale sur l’encéphale.

Les évacuations de toute espèce agissent puissamment aussi sur les organes de la sensibilité, et cette propriété n’a pas échappé à l’esprit observateur des philosophes, des moralistes et des théologiens. La pratique de la saignée, dont nous avons parlé, était fondée sur l’observation que l’évacuation sanguine diminuait l’énergie des passions; et ce que Voltaire dit si plaisamment de l’effet de la constipation sur un homme d’état, reconnaît une observation ana-

u | u COllHS d'hygiène.

logue , et d’ailleurs parfaitement juste. On en conclura que la saignée peut déterminer sur le cerveau des changemens importans, et que la liberté du ventre, procurée par des moyens évacuans convenables , ne sera pas sans avantages dans une foule d’affections cérébrales, intellectuelles et morales. Le traitement que les anciens faisaient subir aux maniaques était basé sur ces considérations ; il avait été souvent couronné de succès.

Nous nous abstenons à dessein de parler de l’effet de l’exercice ou du repos musculaire sur l encephale, sur les fonctions mentales et affectives , pour ne pas tomber dans des redites au moins superflues.

Parmi les passions, les unes avantageuses a la chose publique, ou à l’individu, ou à l'un et à l’autre à la fois, doivent toujours être favorisées; les autres, presque constamment nuisibles , doivent être réprimées ; quelques-unes enfin , dangereuses seulement par leurs excès, doivent être modérées.

Réprime*- ou exciter les passions, c’est, r° mettre habilement en usage les agens dont nous venons de parler, que l’on appelle moyens physiques ; ce sont sans contredit les plus puissans; a0 les moyens moraux , c’est-à-dire ceux qui portent directement leur action 9ur le cerveau par l’intermède des sens; ce sont la philosophie, la religion, les lois et les mœurs des peuples. On sent que nous ne pouvons entrer dans aucun détail à cet égard, sans sortir ostensiblement de notre sujet ; mais on voit en même temps combien est fondée l’opinion émise au coin-

Page 1