‹ Cours elementaire d'hygiene (volume 2)Chapitre 103 sur 207 · DEUXIÈME PARTIE. aJ · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. aJ

menceinent du paragraphe, qu’il existe entre toutes les sciences , mais surtout entre la médecine et la philosophie , les connexions les ^plus étroites et les plus intimes.

S V. Usage qu'on peut faire des passions pour la santé.

Les passions, même les plus funestes, ne doivent pas toujours être réprimées. Ainsi qu’entre des mains habiles, des poisons terribles sont devenus des médicamens héroïques, de même les passions dirigées par un homme doué de prudence et de sagacité, peuvent procurer les résultats les plus inespérés.

Leur puissance que nous croyons avoir mise dans tout son jour, ne saurait être perdue pour le médecin observateur; une multitude de faits, cités par les auteurs les plus recommandables, prouvent qu’elle peut être mise à profit dans beaucoup de maladies rebelles a tous les autres moyens de l'art.

Le prince de Saxe Weimar éprouvait à midi précis les premiers symptômes d’une fièvre intermittente. Cette fièvre avait résisté à tous les médicainens; Huffeland avance un jour son horloge de deux heures: le malade se croit guéri, et la joie qu’il en éprouve le guéiit réellement. Cormgius fut, dit-on, guéri d une fievre tierce par le plaisir qu’il eut de converser avec Meïbomius.

Varehola conseilla aux pareils d’un jeune homme affecté d une fièvre quarte, contre laquelle tous les médicamens avaient échoué, de le faire mettre en

COURS d'hygiène.

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colère, un peu avant le retour de l’accès; les inouvemens violens que détermina l’emportement dans lequel il entra, empêchèrent le retour de la fièvre, et justifièrent ainsi la hardiesse du conseil. Au rapport de Pechlin, un de ses amis affecté de fièvre tierce, assailli par une tempête comme il était en mer, eut tellement peur de faire naufrage, que la fièvre ne revint plus. Nous avons déjà dit comment la confiance que le médecin savait inspirer produisait fréquemment des résultats avantageux.

L’action de la puissance nerveuse, l’effet des passions se conçoit encore assez bien dans les maladies dont nous venons de parler; peut-être parce que l’ignorance où l’on est encore aujourd’hui sur leur siège, rend moins exigeant sur la connaissance précise de cette action.

Mais comment cette influence se fait-elle sentir dans les phlegmasies, dans les hémorrhagies, et même dans les affections organiques? c’est peut-être ce qu’il est difficile d’expliquer, mais ce qui cependant est incontestable. D’ailleurs si les passions sont assez puissantes pour déterminer un bouleversement général dans l’économie, et produire les dérangemens les plus variés, je ne vois pas pourquoi les mouvemens qu’elles impriment ne pourraient pas être avantageux dans une foule de cas. Par exemple : leur effet est d’accélérer la circulation; je ne doute nullement que dans certaines maladies caractérisées par l’atonie générale , telles que les scrophules et le scorbut , certaines passions qui excitent les organes circula-

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