‹ Cours elementaire d'hygiene (volume 2)Chapitre 105 sur 207 · DEUXIEME PARTIE. 2IQ · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE. 2IQ

de toute contestation, je supposerai le même individu digérant parfaitement bien , ou digérant mal , il n’est personne qui ne se soit trouvé dans ces différentes dispositions. Certes on sera forcé d’avouer que le cerveau est bien diversement influencé dans ces deux circonstances. Dans le premier cas , les fonctions mentales et affectives s’exécutent avec aisance , force et liberté ; dans le second , elles languissent dans une profonde inertie. La moindre inflammation viscérale, la moindre colique bouleversent le caractère et l’intellect, et vous ne tenez aucun compte de l’action de ces viscères abdominaux sur les phénomènes encéphaliques ? Quoi ! parce que le foie sécrète la bile, vous ne voulez pas que son état sain ou malade , fort ou faible , imprime la moindre modification dans l’exercice des autres fonctions ?

Ce que nous disons des viscères digestifs s’applique bien plus directement encore à ceux de la circulation. Le sang est l’excitant naturel, le véhicule des matériaux réparateurs de tous les organes ; si donc il est lancé par des organes robustes vers le cerveau , s’il y arrive en plus grande abondance, pouvez -vous douter que chez cet individu les fonctions de ce dernier organe ne soient plus actives, sous tous les rapports, que chez celui qui ne sera pourvu que d’un cœur débile? N’avez-vous pas éprouvé vous-même, que lorsque votre circulation était légèrement accélérée, vous aviez, ou plus de lucidité dans les pensées, ou plus d’énergie dans vos désirs ? N’est-il pas

‘Il 0

COL1 HS D’HYGIÈNE.

bizarre qu’on soit obligé de combattre aujourd’hui pour des propositions qui à juste titre pouvaient paraître hors de doute ?

Mais si l’état des organes digestifs ou circulatoires , modifie à un tel point l’action cérébrale, que ne pourrons-nous pas dire des organes de la génération? Ne sait-on pas que l’ablation des parties génitales rend les eunuques incapables des sentimens tendres de l’amour; et faudra-t-il répéter jusqu’à satiété que cette passion se manifeste, se développe avec les organes génitaux? qu’elle est d’autant plus prononcée que ces organes sont eux-mêmes doués de plus d’activité, de plus d’énergie? qu’elle peut être portée jusqu’au délire et jusqu’à la fureur, par une continence trop prolongée? Et quel homme, avant la satisfaction de ses désirs, n’a pas trouvé sa compagne revêtue des formes et des qualités les plus aimables, les plus ravissantes, et n’a pas vu s’évanouir cet enchantement avec la cause qui le produisait? A mesure que l’âge flétrit et condamne au repos les organes reproducteurs, l’amour fuit du cœur de l’homme; serait-ce que le cervelet cesse ses fonctions?

§ VU. Effets de V inaction du cerveau sur les autres

viser res.

Le repos du cerveau , avons-nous dit, ou plutôt des sens extérieurs, constitue le sommeil; car il est impossible que pendant la veille la pensée, le moral, ou les sens ne soient pas en exercice: nous n’enten-

Page 1