DEUXIÈME PARTIE
ration que de dire que sans elle , l’homme peu différent de la brute, vivrait privé des arts et des sciences qui font sa gloire et son bonheur. C’est donc un des points les plus importans de l’éducation que de développer cette faculté précieuse. Heureux celui qui par son éloquence peut ramener ses semblables à sa façon de penser !
On s’attachera donc de bonne heure à rendre la voix des enfans nette et pure. C’est un usage bien absurde que de leur apprendre des mots corrompus qu’ils sont obligés d’oublier plus tard. Gardez-vous , pendant que les organes sont encore si flexibles et si tendres, de leur faire contracter des habitudes vicieuses dont ils auront bien de la peine à se défaire par la suite.
L’exercice de la voix la rend plus forte et plus sonore. Les habitans des bords des rivières ou de la mer , obligés souvent de vaincre le bruit des flots pour se faire entendre à de grandes distances , ont ordinairement la voix plus forte que les habitans silencieux des villes. Si donc l’enfant a la voix faible, il ne faut pas balancer à l’exercer avec prudence. La force de la voix est un don précieux pour tout homme qui se destine à parler en public. Les avocats, les orateurs de tribunes, les professeurs, les acteurs, les prédicateurs, en retirent un très-grand avantage. Dans les assemblées populaires, la force de la voix a souvent été un auxiliaire puissant pour la raison; plût à Dieu qu’elle n’eût jamais servi à faire triompher l’erreur!
aa6 cours d’hygiène.
L’exercice de la voix simple et sans effort, tel qu’il a lieu pour une conversation ordinaire, n’est pas sans influence sur l’organisme; surtout si elle se prolonge pendant un certain temps. Son premier effet est de mettre en mouvement les organes qui la produisent, et par conséquent d’augmenter leur activité, leur nutrition et leur accroissement.
Quatre cartilages, le cricoïde , le thyroïde et les deux arrylhénoïdes ; des ligamens, des fibro-cartilages dont le principal est l’ épiglotte; un grand nombre de muscles extrinsèques et intrinsèques; une membrane muqueuse, des glandes, des vaisseaux, des nerfs, tels sont les nombreux ressorts qui composent le larynx, principal organe de la voix, et l’un des plus compliqués du corps humain. C’est en traversant ce corps que l’air produit la voix et même la parole qui reçoit cependant encore quelques influences de la part de plusieurs autres parties. Le poumon qui pousse l’air, la trachée-artère qui le dirigera bouche et les fosses nasales qui le modifient, concourent trop puissammentà laformation de lavoix, pour devoir être passés sous silence dans cette énumération, et n’être pas mis au nombre des organes qui la produisent.
Hygiéniquement considérée, je crois même que la production de la voix agit principalement en ce qu’elle met en jeu le poumon, dont elle active l’exercice, en multipliant les actes respiratoires, et en nécessitant l’augmentation des efforts expirateurs nécessaires à l’expulsion de l’air qui doit heurter plus