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DEUXIÈME PARTIE

ou moins fortement les ligamens de la glotte ; bien plus qu’en exerçant les diverses parties du larynx. — Il résulte de cette augmentation d’activité dans les actes de la respiration, une absorption plus grande de l’oxygène de l’air, l’accélération de la circulation et de toutes les autres fonctions organiques dont celles-ci sont la suite ou l’origine. On a prétendu qu’une conversation animée favorisait la digestion en imprimant au ventricule rempli d’alimens de légères secousses occasionées par le relâchement et les contractions alternatifs du diaphragme, secousses qui excitaient l’action de ce viscère, et favorisaient le passage du chyme de l’estomac dans les autres intestins. Je ne sais pas jusqu’à quel point est fondée cette explication purement mécanique. Ce qu’il y a de certain c’est qu’une conversation agréable facilite en effet l’élaboration des matières alimentaires, quelle qu’en soit d’ailleurs la cause prochaine.

La lecture à haute voix produit ces résultats à un degré plus éminent. Il en résulte même une sécrétion plus abondante de salive, qui peut être avantageuse à la digestion. Si cet exercice est long -temps prolongé , une fatigue particulière s’empare des muscles du thorax; le poumon lui-même sent la nécessité de se reposer; il exécute de longues inspirations suivies d’expirations promptes et rapides. Les amygdales se sèchent et deviennent douloureuses, une soif vive se manifeste.

Les cris, si difficiles à apprécier et à définir, mais si connus, puisqu’ils sont le partage de tous les ani-

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maux, et qu’ils servent à exprimer les besoins instinctifs et les passions naturelles; les cris nécessitant de grands efforts de la part des organes dont nous avons parlé, produisent des effets remarquables. Us peuvent occasioner les accidens les plus funestes; la mort même peut en être la suite. Si les cris sont violens et continués pendant quelque temps, la face rougit, devient pourpre, se gonfle, les yeux sont humectés de larmes, et saillans, les veines jugulaires se distendent ainsi que celles du front et des tempes; la respiration est oppressée, la circulation pervertie, et toutes les autres fonctions plus ou moins bouleversées. Les cris étant d’ailleurs causés par une émotion vive, par une passion véhémente, les effets de celles-ci se confondent avec les effets de ceux-là. On a vu des cris produire des hémoptysies mortelles, et l’on conçoit parfaitement que des anévrysmes- du cœur et de l’aorte, des hernies, et toute la série des accidens produits parles efforts delà respiration, pourraient être occasionés par cette cause ( voyez le mémoire intéressant de M. J. Cloquet sur ce sujet). On voit de quelle importance il peut être de savoir apaiser les cris des enfans.

Malgré les assertions de quelques physiologistes , nous ne pensons pas que le chant soit aussi fatigant que les cris, mais il l’est assurément plus que la lecture à haute voix, et surtout plus que la simple conversation. Il n’a pas les inconvéniens des cris, et il offre tous les avantages des autres exercices de la voix. Il favorise à un haut degré la digestion, et im-

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prime à toute l’économie des mouvemens salutaires dont l’utilité n’avait pas échappé aux anciens qui en recommandait l’usage, principalement après un repas copieux. Tous ces exercices tiennent aussi l’organe de l’ouïe dans une activité continuelle qu’il est important de signaler; puisque la sensation de plaisir ou de peine qui résulte de l’audition, peut modifier singulièrement l’effet simple du chant.

C’est au moyen de la déclamation qu’on parviendra à fortifier les organes de la voix, à corriger efficacement les vices de la prononciation. Mais la déclamation n’agit pas simplement sur les organes de la voix et de la respiration.

Lorsque la personne qui déclame est douée d’une vive sensibilité, elle s’identifie tellement avec le personnage qu’elle représente ou dont elle débite le rôle, qu’elle en prend momentanément le caractère et les passions, au point qu’elle éprouve réellement tous les effets qu’ils peuvent occasioner : or cet effet est bien autrement considérable que celui qui résulte des efforts simples de la voix. Il est tel rôle qui exige peu d’éclat dans la voix, et qui fatigue prodigieusement l’acteur chargé de le représenter, à cause des passions que sa physionomie doit exprimer, et dont les mouvemens doivent agiter son âme. C’est dire assez que l’effet de la déclamation doit varier selon ces mêmes passions, et ne saurait être tracé d’une manière générale. La déclamation est un exercice trés-pénible et souvent dangereux. Il n’est pas rare de voir périr les acteurs de phthisie, d’anévrysme, d’hémoptbysie. On sait que Molière mourut de cette

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dernière maladie , et que notre moderne Roscius en éprouve fréquemment des atteintes, après certaines représentations.

Effets des divers agens de V Hygiène sur la voix.

Une nourriture trop abondante affaiblit la voix de plusieurs manières. D’abord, en remplissant l’estomac d’alimens, elle empêche le diaphragme de se mouvoir en liberté. En diminuant ainsi l’étendue de ses mouvemens , elle diminue proportionnellement la voix; en second lieu, elle augmente l’embonpoint, et cette cause affaiblit aussi la voix d’une manière remarquable. Un médecin célèbre fut consulté par une cantatrice qui se plaignait à lui d’avoir perdu , depuis quelque temps, plusieurs notes dans le bas et dans le haut , sans que sa santé en souffrît en aucune manière , et sans qu elle sût à quoi attribuer un accident aussi fâcheux pour elle. Après l’avoir inutilement interrogée avec beaucoup d’attention, voyant que cette dame avait beaucoup d’embonpoint, il lui demanda si cet embonpoint avait toujours existé; la réponse fut négative, et le médecin ne tarda pas à apprendre que la diminution de la voix coïncidait avec l’augmentation de l’embonpoint. Une diète sévère, un exercice violent et un traitement convenable ayant considérablement diminué cet état, la voix reprit sa première étendue.

L’abstinence en affaiblissant l’économie tout entière affaiblit en même temps les organes de la voix, au point que celle-ci paraît alors expirer sur les lèvres

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