‹ Cours elementaire d'hygiene (volume 2)Chapitre 111 sur 207 · DEUXIÈME PARTIE. 23l · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. 23l

Certaines substances alimentaires paraissent jouir d’une action particulière sur ces organes. Les chanteurs n’ignorent pas que les substances âcres , les huiles susceptibles de se rancir , les noix , les amandes , les noisettes , rendent la voix rauque. Il est vraisemblable que c’est en déterminant une sorte d’irritation sur la membrane muqueuse qui tapisse l’arrière-bouche. Quelques substances non-alimentaires possèdent une vertu plus directe , je veux parler des narcotiques. Plusieurs de ces substances produisent le mutisme. Sauvages raconte que des voleurs faisaient boire aux voyageurs qu’ils voulaient dépouiller, du vin dans lequel ils avaient fait infuser de la pomme épineuse; ce breuvage produisait un mutisme passager qui leur donnait le temps de s’évader.

Les boissons alcoholiques altèrent singulièrement la pureté de la voix, et la raucité qu’elles lui impriment n’a pas échappé au vulgaire qui la désigne par une expression triviale.

Les différentes qualités de l’air ne sont pas sans influence sur l’étendue et la force de la voix; mais c’est moins en agissant sur les organes vocaux que parce qu’il est plus ou moins propre à communiquer les ondes sonores, qu’il produit ces résultats. Cependant l’air chaud et surtout l’air chaud et humide , en plongeant l’organisme dans une profonde débilité , doit nécessairement diminuer l’intensité de la voix. Les bains ne me paraissent pas avoir sur cette fonction une influence directe et bien digne de remarque ;

23a cours d’hygiène.

^cependant on conçoit que l’abus de bains cbauds pourrait déterminer l’affaiblissement de la voix. Des pertes considérables occasionées par les exhalations ou par l’excrétion des fluides sécrétés , par des saignées copieuses , des hémorrhagies accidentelles , etc. , affaiblissent la voix , ou en altèrent la nature. Mais rien n’est plus propre à la modifier que l’action du cerveau lui-même. Les passions surtout qu’elle est destinée à exprimer, semblent se peindre parla diversité des intonations qu’elles produisent. Dans les passions tristes, elle est grave et sombre comme elles, elle acquiert de la force dans la colère, la fureur , le courage; elle est affaiblie dans la timidité; tremblante dans la peur , et quelquefois totalement suspendue, touchante et tendre dans l’amour, suppliante dans la douleur physique et morale, éclatante dans la joie et les plaisirs bruyans, etc. Après le sommeil, elle est plus sonore, plus forte et plus grave. Ce n’est pas ici le lieu de parler encore de l’influence de l’exercice des organes génitaux sur la fonction qui nous occupe.

§ II. De la gymnastique ou des exercices.

Rien n’a plus exercé peut-être le génie observateur des anciens que l’influence de la gymnastique sur le corps humain. Elle est telle , que tous ceux qui en ont parlé, ont célébré ses bienfaits. Tous, d’un commun accord, sont convenus que, lorsqu’elle était bien dirigée , elle donnait au corps de la grâce et de la

Page 1