DEUXIEME PARTIE
force, qu’elle développait les formes, procurait une santé brillante, endurcissait contre les fatigues et les intempéries des saisons, redoublait le courage, éteignait toutes les passions, excepté l’amour de la gloire et de la patrie; que si elle n’adoucissait pas les mœurs, elle formait de véritables citoyens , capables de résister aux attaques des ennemis , et de conserver vierge le sol qui les vit naître. Est-il possible qu’on ait volontairement renoncé à désavantagés aussi précieux? Eh! qu’avons -nous pour les remplacer? Aussi les anciens , pénétrés de l’importance de la gymnastique, avaient-ils pris tous les moyens imaginables de la faire chérir des peuples. Non - seulement ceux qui se distinguaient dans les exercices du corps, au jour des concours solennels, étaient couronnés en présence et aux acclamations de la Grèce assemblée , mais tous les arts célébraient à l’envi leurs triomphes ; leurs images étaient présentées à l’admiration générale dans tous les lieux publics : dans les rues , dans les places , dans les temples même; les peintres, les poètes, les statuaires consacraient leurs talens à transmettre à la postérité les traits et les éloges des vainqueurs aux jeux olympiques ; ils leur donnaient ainsi et en recevaient l’immortalité. Ces peuples enthousiastes ne bornèrent pas là leur reconnaissance; ils leur accordèrent, dans leur vivant, une véritable suprématie, et, après leur mort, ils élevèrent leurs premiers athlètes au rang des héros et même des dieux. Quoi de plus propre à enflammer l’ardeur d’un peuple éminemment sensible
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aux. jouissances de l’amour-propre! Aussi sont-ils parvenus, dans ce genre, comme dans tous, aussi loin qu’il soit permis à la nature humaine.
Les exercices auxquels se livraient les anciens étaient très -multipliés, et cela devait être, car chacun d’eux concourt, selon sa nature, au développement des organes.
Sous les noms de palestrique et d ' o relies trique Platon nous a tfllnsmis une division complète des exercices qui se pratiquaient dans les gymnases.
La palestrique comprenait ceux qui étaient exécutés dans les jeux olympiques, tels que la course, la lutte, le pugilat, le pancrace, le jeu du disque, etc. : la lutte était le plus considéré de tous les exercices, celui qui conduisait aux plus grands honneurs; mais les accidens de toute espèce qui en étaient souvent les résultats compensaient et au delà tous les avantages qu’on retirait de cet exercice. Les lutteurs s’étranglaient, s’étouffaient, se fracturaient les membres ou les cotes, et rarement en étaient quittes pour des contusions. Ces inconvéniens graves ont sans doute fait abandonner cet exercice. — Le pugilat, ou combat à coups de poings, encore plus dangereux que le précédent, a été encore plus justement abandonné ; l’un des exercices les plus antiques, puisqu’il dut être un des premiers que les hommes, encore sans armes, mirent en usage pour attaquer ou se défendre, il n’eut entrée aux jeux olympiques qu’en la 23e olympiade : il avait lieu d’abord avec les poings fermés et nus; plus tard , enveloppés de bandes de cuirs entremêlées de