‹ Cours elementaire d'hygiene (volume 2)Chapitre 113 sur 207 · DEUXIÈME PARTIE. Si · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. Si

plaques métalliques, qui augmentaient leurs poids et leur force. Cet appareil, appelé ceste , avait le double avantage de porter des coups plus terribles, et d’amortir ceux qui tombaient sur les parties qu’il recouvrait. On sent combien un pareil exercice devait être funeste à ceux qui s’y livraient; et quoique Arétée et quelques auteurs modernes en conseillent l’usage, il est impossible de ne pas se ranger de l’avis de Galien, qui le proscrit; Hippocrate, qui le passe sous silence, ne semble -t-il pas aussi îe condamner par ce silence même ? Et ne doit-on pas s’étonner qu’un peuple moderne ait conservé une coutume aussi indigne d’une nation civilisée ? — Le pancrace était composé de la lutte et du pugilat, et réunissait nécessairement les désavantages de l’un et de l’autre, et ne saurait être conseillé dans des vues hygiéniques, malgré l’autorité de Galien. Mais le jeu du disque ne saurait être enveloppé dans la même proscription. Il consistait à lancer, aussi loin que possible, une masse de bois, de pierre ou de métal, de forme en général lenticulaire, ou simplement semblable à une portion de cylindre. Ce jeu n’entraînait aucun danger; il développait les membres supérieurs, le thorax, les organes qu’il renferme, et les muscles du tronc. On pourrait le faire revivre avec utilité dans les gymnases modernes.

L’hoplomachie peut aussi être comprise dans les exercices dont nous parlons .Elle paraît avoir été plus particulièrement en usage chez les Romains. Quoi qu’il en soit , lorsque cet exercice n’était pra-

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tiqué qu’avec des épées obtuses, à peu près telles que celles dont on fait usage sur nos théâtres, il ne devait avoir rien de dangereux, et ses effets sur l’économie animale devaient ressembler beaucoup à ceux que l’on obtient de l’escrime moderne; mais dans le temps où les Romains, se faisant un féroce plaisir de voir verser le sang humain , ne sachant pas se contenter de combats simulés , les convertissaient en véritables boucheries, cet exercice barbare n’était propre qu’à faire des victimes, et aurait dû être relégué parmi les nations sauvages.

Les jeux de l’orchestrique ne firent jamais gémir l’humanité sur leurs résultats. Composés de la danse et ses nombreuses variétés, du saut et de la sphéristique, dans laquelle on employait une balle de verre , ou de toute autre matière, ils réunissaient sans le mélange du moindre danger, l’agrément à l’utilité.

Les espèces de danses étaient innombrables. L’on sait que les unes étaient consacrées aux cultes des Dieux ; d’autres aux exercices guerriers ; que le théâtre avait ses danses appropriées , et que les particuliers qui célébraient des fêtes en l’honneur de l’Hymen, de l’Amour, ou de Lucine, avaient aussi des danses spéciales. Les unes étaient graves et pleines de majesté , les autres enjouées , mais décentes; beaucoup étaient voluptueuses, licencieuses même; l’imagination ardente des Grecs s’était plu à accumuler dans ces dernières les postures et les mouvemens les plus indécens : telles étaient les danses auxquelles se livraient les bacchantes , et les.

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