‹ Cours elementaire d'hygiene (volume 2)Chapitre 115 sur 207 · DEUXIÈME PARTIE. 23g · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. 23g

nomie, et dont l’innervation et la circulation sont, sinon les seules causes, au moins les agens principaux, tous les organes , toutes les fonctions, participent plus ou moins aux mutations que l’exercice fait naître.

Toute perte exige une réparation; sans cette réparation l’individu vivant cesserait bientôt d’exister. Aussi les pertes qui font tomber les organes dans un tel état d’atonie et de faiblesse, que la réparation se fait avec difficulté, sont-elles les plus funestes à l’économie animale, et abrègent - elles infailliblement les jours que nous pourrions compter sans elles. Tel n’est pas l’exercice, à moins qu’il ne soit porté à un point excessif, comme cela pouvait avoir lieu pour les athlètes et les gladiateurs; alors il entraînait ordinairement une vieillesse prématurée. Mais l’exercice modéré favorise l’appétit, active la digestion, et facilite la conversion des matières alimentaires en notre propre substance.

D’après une autre loi de l’organisme dont nous avons parlé déjà , tout organe ou toute portion d’organe qui s’exerce fortement, exige le repos des autres organes ou trouble leur action. C’est ainsi que nous avons vu l’action de la portion cérébrale qui préside aux travaux de l’intelligence, suspendre l’action de celle qui tient sous son empire les affections et les passions, et vice versa. C’est ainsi que nous avons vu ces mêmes actions suspendre ou troubler les actions des autres viscères* de l’économie. Appliquant cette loi au sujet qui nous occupe, nous voyons que si l’encéphale est en travail pour produire des actes

Ol[\0 cours d’hygiène.

locomoteurs, pendant que l’estomac est rempli d’alimens , celui-ci suspend son action; la digestion est manifestement troublée, ce que prouvent des expériences directes. Ce n’est pas que l’exercice pendant la digestion s’oppose au passage des alimens de l’estomac dans les autres intestins , ce passage se fait au contraire avec une rapidité telle qu’ils ne subissent aucune altération préalable dans le ventricule , d’où il faut tirer ce corollaire important que la digestion la plus désirable n’est pas la plus prompte, mais celle qui fait subir aux matières alimentaires les modifications les plus profondes, et les rend plus propres à nous nourrir, quel que soit d’ailleurs le temps que la nature emploie à accomplir ce travail. Mais ce n’est pas comme le prétendait Bichat, et comme le répètent innocemment des gens qui se paient d’explications surannées, parce qu’une somme déterminée de forces , ayant été départie à l’économie, ne peut être employée surabondamment dans un système, sans être diminuée dans les autres, que ces effets sont produits ( nous savons aujourd’hui à quoi nous en tenir sur ces forces prétendues ) , mais bien par la loi de l’organisme que nous venons de poser.

Il est cependant des fonctions que l’action du cerveau accélère inévitablement; je veux parler de la circulation. Mais cela se conçoit aisément: car si le cerveau est en action, pour que cette action se soutienne, il faut qu’il soit convenablement excité; or, le sang étant, ainsi que nous l’avons dit plusieurs fois, l’excitant naturel de tous les viscères, et par

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