DEUXIÈME PARTIE. 2 l
Ce que nous avons dit d’une lumière naturelle trop vive, trouve ici une entière application. Bien plus, c’est que je pense que la lumière artificielle trop éclatante est encore plus dangereuse que la lumière naturelle. On ne saurait donc éviter avec trop de soin les foyers lumineux trop ardens. Il faut éviter aussi que ces foyers ne frappent directement les regards. Il faudra donc les couvrir avec le plus grand soin, soit au moyen d’une demi-sphère de verre dépoli, ou de toute autre substance semi-transparente, ou bien encore d'un corps tout-à-fait opaque. Un moyen plus efficacepeutêtre d’obvier à cet inconvénient, c’est de se couvrir les yeux d’une espèce d’auvent en taffetas vert. 11 ne faut pas que l’objet sur lequel on fixe la vue soit trop près du foyer; j’ai expérimenté sur moi-même que les yeux se fatiguaient alors beaucoup plus promptement que dans le cas où le foyer était très-éloigné, bien que la lumière fût aussi intense. Si l’on pouvait placer derrière soi, ou à une distance considérable, le foyer destiné à répandre la clarté, nul doute que cela ne valût infiniment mieux; mais il faudrait singulièrement augmenter la consommation des substances destinées à l’éclairage, et cette raison d’économie empêchera beaucoup de gens d’avoir recours à ce moyen. Dans tous les cas une clarté médiocre est ce que l’on doit rechercher. Une clarté trop faible n’a pas moins d’inconvénient ici que dans le cas précédent.
Les substances dont on se sert pour l’éclairage ne remplissent pas toutes ce but avec les mêmes résultats. Le suif est parmi nous le plus généralement em-
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ployé, et tout devrait le faire proscrire; lumière désagréable, vacillante, odeur infecte; ce n’est pas seulement en fatiguant la vue, mais en favorisant les congestions vers la tête, et en viciant l’air qu’on respire, qu’il agit défavorablement. Rien n'cst peut-être plus fatal à la vue que le mouvement continuel de la flamme d'une chandelle. L’huile est sans contredit infiniment préférable, surtout lorsqu’elle est parfaitement épurée. La flamme qu’elle donne est immobile et ne répand aucune odeur, sa clarté est douce et agréable à l’œil. C’est à peu près la seule manière dont on s’éclaire dans les pays méridionaux. C’était aussi celle que les anciens mettaient en usage. Depuis quelques années on l’a adoptée à Paris, non sans avantages.
La bougie produit une lumière plus douce, plus agréable que la chandelle, et n’exhale aucune odeur fetide, au moins lorsqu’elle est convenablement fabriquée.
Dans l’antiquité on employait quelquefois la résine, on s’en sert encore pour faire des torches. Ce moyen peut être bon en plein air, lorsqu’on veut obtenir un faisceau considérable de rayons lumineux; mais il est inutile de dire qu’il ne saurait convenir dans des appartemens clos.
Que dirons-nous de l'éclairage par le gaz hydrogène? la clarté qu’il fournit est vive, pure, douce à la vue; il doit convenir dans les vastes salles, dans les illuminations extérieures, et si l’on en fait usage dans l’intérieur d’appartemens resserrés, il faut avoir