‹ Cours elementaire d'hygiene (volume 2)Chapitre 13 sur 207 · DEUXIÈME PARTIE. ü · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. ü

soin de tenir le foyer à une certaine hauteur ou du moins à une distance assez grande des yeux, pour éviter les dangers attachés à une lumière trop éclatante. Il produit une oscillation fatigante.

Art. IV. Du 'volume des corps.

Le volume des corps sur lesquels on attache ses regards, exerce sur l’organe dont nous parlons une grande influence. L’organe de la vision est obligé de faire les plus grands efforts, lorsqu’il se fixe habituellement sur des objets d’une très-grande ténuité. Aussi cette cause produit-elle exactement les mêmes résultats qu’une lumière trop vive ou une lumière trop faible. On remarque que les personnes les plus sujettes aux diverses maladies des yeux, à l’affaiblissement, à la perte de la vue, sont celles qui se livrent à des professions qui les forcent de diriger continuellement leurs regards sur des objets d’une extrême petitesse. Les horlogers , les graveurs, les peintres en miniatures, sont dans ce cas. Il est juste de remarquer que ces artistes sont obligés d’employer en même temps une vive lumière, et d'armer encore leurs yeux de lunettes, circonstances qui concourent puissamment à produire les effets que nous avons signalés, puisque seules elles pourraient les déterminer.

Art. V. De quelques corps qui exercent une action spéciale sur la vue.

11 est des corps dans la nature qui ont sur plusieurs

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de nos organes une action spéciale. On s’est beaucoup élevé dans ces derniers temps contre ces actions spéciales qu’on avait en effet portées beaucoup trop loin autrefois; chaque médicament jouissait alors d’une vertu spécifique sur un organe, ou au moins contre une maladie. Il demeure évident, lorsqu’on lit les anciens auteurs, qu’ils avaient à cet égard une confiance aveugle, une crédulité sans bornes; mais il est évident aussi qu’on a poussé de nos jours le scepticisme, ou, pour mieux dire, l’incrédulité à un point plus extrême encore, puisqu’on a été jusqu’à nier qu’il existât des spécialités. S’il est une substance qui puisse en démontrer l’existence, c’est bien certainement la belladonne. Son ingestion dans le canal alimentaire , son application sur la peau du voisinage du globe de l’œil, sur une plaie, etc., peuvent éteindre la sensibilité de la rétine. Les auteurs fourmillent d’exemples de ce genre, et il n’est pas de médecin à qui sa pratique particulière n’en ait fourni quelqu’un. Mais cette substance n’est pas la seule qui possède cette faculté, la plupart des narcotiques en sont aussi doués. J’ai administré l’extrait de jusquiame à une malade affectée de boulimie, au bout de quelques jours sa vue se troubla, ses pupilles se dilatèrent, et la vision s’affaiblit sensiblement; je suspendis l’usage de ce stupéfiant, et les accidens disparurent. Le seigle ergoté a plusieurs fois produit les mêmes effets et même l’amaurose. Des gaz méphitiques, ceux des fosses d’aisance, les vapeurs de plomb et de mercure, déterminent les mêmes

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