C. De la course
Regardée par quelques auteurs comme une combinaison des deux exercices précédens, la course est plutôt une série de sauts alternatifs, exécutés par l’un et l’autre membre inférieur. Dans la course, il y a toujours un moment où la totalité du corps est suspendue en l’air. Elle est d’autant plus pénible et fatigante, et ses effets sur l’économie animale d’autant plus prononcés, qu’elle a lieu sur un plan plus ascendant ou plus descendant, qu’elle est plus rapide et plus longue, etc.
Dans la course , ce sont encore les muscles des extrémités inférieures qui supportent les efforts , ainsi que ceux du tronc; mais les bras et les avantbras sont maintenus dans une contraction permanente, ce qui les fait participer à l’efficacité de cet exercice. Dans la course, de toutes les fonctions organiques aucune n’est influencée à un plus haut point que la respiration. Pendant une course rapide, le thorax se développe, autant que possible, pour recevoir une grande quantité d’air. L’immobilité de la poitrine étant une condition essentielle à la rapidité de la course, il s’ensuit que moins les actes respiratoires se succèdent, plus elle doit être prompte. Ce sera donc une condition favorable à la rapidité
a5o cours d’hygiène.
et à la durée de cet exercice qu’une capacité thoracique considérable, laquelle, en permettant l'introduction d’une grande quantité d’air, n’exigera pas de répéter souvent les inouvemens d’inspiration et d’expiration. On a même été jusqu’à dire que cette disposition particulière pouvait contrebalancer les avantages que donnent ordinairement l’habitude de cet exercice et la construction favorable des extrémités inférieures. Après une course violente, la respiration est anhéleuse ; il semble que la nature veuille compenser, par des actes accélérés, le temps qu’elle a perdu. Le cœur bat avec violence ; enfin toutes les fonctions se trouvent singulièrement activées. La course ne peut guère convenir qu’aux adolescens et aux jeunes gens. Elle n’est pas toujours sans danger; elle peut occasicTner des hémoptysies, des anévrysmes du cœur, des ruptures du diaphragme, des hernies, et une multitude d’autres accidens.
Il est difficile de passer sous silence l’exercice du patin , l’un des plus utiles que l’on puisse recommander dans les climats assez rigoureux pour le rendre praticable. C’est un de ceux qui donne au corps le plus de force, de souplesse et de grâce. Salzmann pense que, par la complication des mouvemens, par l’élégance des évolutions qu’il exige, par la rapidité extraordinaire de la progression , l’ exercice du patin est non -seulement un des plus avantageux, mais encore un des plus agréables, et qu’on ne saurait trop l’encourager.