DEUXIÈME PARTIE. a
des jambes, des cuisses, et de la partie inférieure du tronc prodigieusement développés; ceux des extrémités supérieures le sont beaucoup moins; leur poitrine, leurs épaules paraissent étroites et resserrées.
E. De la natation.
Par la loi générale de l’attraction, les corps spécifiquement plus légers que l’eau, c’est-à-dire dont le poids sous le même volume est moindre, restent à sa surface. Ils vont au fond si, sous un même, volume, ce poids est plus considérable. Il faut donc pour qu’un corps surnage naturellement que son poids soit moindre que le volume d’eau qu’il déplace. Le corps de l’homme et de la plupart des mammifères ne jouit pas de cette propriété. Quelques individus chargés d’embonpoint ou doués de vastes poumons qui peuvent contenir une grande masse d’air, sont cependant presque du même poids que l’eau. Pour rendre nul l’excès du poids du corps, il ne s’agit que de multiplier sa surface par le mouvement; il s’ensuivra que si l’on peut parvenir à déplacer par le mouvement deux fois son volume d’eau, par exemple, le corps surnagera. Mais il sera nécessaire de presser à la fois sur un grand nombre de points de la surface de l’eau, et de la frapper plus vite qu’elle ne peut fuir, par ce moyen, le volume du corps se trouvera pour ainsi dire multiplié, et l’individu deviendra relativement plus léger, tel est tout le secret de la natation.
Mais d’où vient que les animaux nagent sans ap-
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prentissage, et qu’une longue éducation est quelquefois nécessaire à l’homme pour y parvenir? Est-ce simplement la peur qui le force à chercher un point d’appui solide qu’il ne trouve qu’au fond de l’eau? ou bien est-ce son organisation qui ne se prêle pas à cet exercice? En considérant le peu d’efforts nécessaires pour se maintenir sur l’eau, il est difficile de croire que l’organisation de l’homme soit si contraire à la natation, et l’on a lieu de s’étonner que tout individu ne puisse s’y tenir naturellement. D’un autre côté si l’on songe que la peur est bien plus encore le partage des animaux que de l’homme, on aura de la peine à penser que cette cause seule l’empêche de nager. Nous laisserons donc cette question indécise , pour ne parler que des effets de la natation sur l'organisme.
La natation est sans aucune comparaison l’exercice le plus utile, le plus avantageux et le plus agréable auquel onpuisseselivrer. Toutestprofit dans ce salutaire, exercice. Aux modifications profondes qu’imprime à l’économie animale, les actes locomoteurs qu’exigent les divers modes de natation , il faut joindre encore les effets non moins remarquables du bain frais. Tout exercice occasionne des pertes abondantes, surtout par la perspiration cutanée; ici cette perte n'a pas lieu, la température du fluide , la pression qu’il exerce par sa densité s'opposent à cette perte. Aussi son effet tonique se fait- il sentir promptement. L’homme qui sort de nager est agile, fort et dispos , pourvu toutefois qu’il ne se soit pas fatigué par la