DEUXIÈME PARTIE
durée ou la violence de ses inouvemens; et dans ce cas même après quelque temps de repos, il en éprouve lous les bons résultats. L’habitude de cet exercice développe les organes locomoteurs et active toutes les fonctions organiques. Mais les effets immédiats et consécutifs ne sont pas les mêmes dans toutes les manières de nager, ce qui exige que nous entrions dans quelques détails
Dans la manière la plus ordinaire, le corps est étendu sur l’eau qu’il touche par sa face antérieure. La masse des muscles sacro-lombaires, longs-dorsaux, ceux de la région postérieure du col sont dans un état de contraction permanente. Ces muscles fixent le bassin, la colonne vertébrale, et redressent la tête en arrière; leur action est puissante et soutenue. Dans le même moment, ceux qui meuvent les membres entrent en exercice; les mains rapprochées l’une de l’autre sont appliquées sur la poitrine; les pieds sont rapprochés des fesses. Par une extension subite, les bras s’allongent, se redressent, les mains étant toujours rapprochées, tandis que dans le même temps les membres inférieurs s’allongent en s’écartant l’un de l’autre. Dans le second temps, les extrémités supérieures s’écartent en appuyant sur l’eau à la manière des rames, les inférieures se rapprochent parallèlement l’une de l’autre, c’est pendant ce second temps que la progression a lieu. Les membres inférieurs, en se rapprochant, compriment l’eau qui est contenue entre eux, la forcent de s’échapper, et la résistance qu’elle oppose imprime au corps un mou-
a 56 cours d'hygiène.
vement en avant, secondé’puissamment par l'action des membres thoraciques qui , prenant un point d’appui solide sur les cotés, agissent, ainsi que nous venons de le dire, comme de véritables rames. Le troisième temps consiste à ramener les mains et les pieds dans la première position par une flexion forte et simultanée. Extenseurs, fléchisseurs, adducteurs, abducteurs, tout est en mouvementdans cemodede natation; mais les muscles de la région cervicale postérieure , ceux des lombes et du dos , sont ceux qui fatiguent le plus , car ils n'éprouvent point d’intermittence d’action. Ce sont donc ceux qui doivent se fortifier le plus; on conçoit que ce genre d’exercice serait surtout convenable à ces enfans grêles et débiles, chez lesquels la station est pénible et difficile par la faiblesse de ces muscles, et chez lesquels un rachitisme imminent fait craindre la déviation de la colonne épinière.
Il est une façon de nager pleine de grâce et de noblesse, par laquelle l’homme semble dominer les flots. Les bras sortent tour à tour hors de l’eau, dont ils frappent la surface à coups redoublés. Les muscles pectoraux, le grand dorsal et le deltoïde sont principalement en action dans cette manière de nager; la poitrine se développe, et les organes qu'elle renferme acquièrent plus de volume et plus de force. Les muscles du tronc et ceux des extrémités inférieures exécutent d’ailleurs les mêmes mouvemens que dans la manière précédente. Il faut une réunion d’efforts bien autrement considérables pour nager