‹ Cours elementaire d'hygiene (volume 2)Chapitre 126 sur 207 · DEUXIÈME PARTIE. 0.5ÿ · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. 0.5ÿ

sur l’effet des bains. On rapporte que plusieurs voyageurs qui supportaient très -bien le bain froid dans leur pays natal, ont succombé à la suite de ces bains dans deS pay séloignés. C’est à cette cause qu’on attribue la mort du célébré voyageur suédois Biornsthal. Il se trouvait fort bien de ces bains dans sa patrie; il en périt en Orient. Par la raison émise plus haut, on concevra que le milieu du jour n’est nullement propice pour prendre le bain froid ; car c’est dans ce moment que le soleil est dans toute sa force : c’est donc le matin, avant le premier repas du jour, ou le soir, avant le dernier, qu’on devra se livrer à ce bain salutaire.

F. De la chasse .

A l’exemple de quelques auteurs, nous n’examinerons pas si des la naissance du monde , l’homme assailli, et continuellement menacé dans son existence par les bêtes farouches, dut dès lors chercher aies combattre et à les détruire, ou bien si, fatigué du métier paisible de pasteur, et naturellement hasardeux, il chercha dans les animaux sauvages, des vêtemens destinés à le garantir des vicissitudes de l’air, et des alimens plus solides que le lait de ses génisses ou les fruits de ses vergers. Toutes les savantes divagations auxquelles on peut se livrer à ce sujet ne peuvent jamais conduire à la découverte de la vérité, et les seules probabilités qu’on puisse en déduire, c’est que cet exercice reconnaît une antique origine, ce

2ÔO COURS D’HYGIÈNE.

qui, en hygiène comme ailleurs, n'a rien de commun avec une utilité réelle.

Quoi qu'il en soit de cette question, il est incontestable que la chasse a été regardée par tous les peuples comme un des exercices les plus utiles, nonseulement pour l’individu qu'il fortifie , dont il développe les sens, et l'organisme entier, mais encore pour la patrie à laquelle il prépare de robustes défenseurs. Le chasseur s'accoutumant à braver les feux d'un soleil ardent, et les glaces d'un hiver rigoureux, continuellement exposé à la pluie, aux vents, enfin à toutes les intempéries des saisons, acquiert la faculté précieuse d'être insensible à leurs atteintes. Obligé de franchir des obstacles nombreux qui s’opposent à son passage, il devient agile et adroit; suspendu sur des rocs escarpés, il s’habitue à mesurer sans effroi le précipice ouvert sous ses pas; il suit à la course un cerf agile, il fuit un sanglier furieux; son œil accompagne au loin l’oiseau qui traverse les airs; son oreille perçoit le moindre bruit; forcé d’imaginer mille embûches, il devient industrieux et rusé; mais cet exercice violent, occasionant des pertes considérables, fait naître le besoin de les réparer. L’appétit du chasseur est toujours vif, sa digestion toujours active et complète; l'absorption, la circulation, la respiration suivent nécessairement cette augmentation d’énergie. Il est ordinairement peu chargé d'embonpoint; il perd trop pour cela, et répare trop peu. Son sommeil est ordinairement réparateur, à peine a-t-il placé sa tête sur sa couche,

Page 1