DEUXIEME PARTIE
qu’il dort profondément; s'il rêve, ce sont les images de la chasse qui se retracent dans son cerveau. L’homme qui se livre habituellement à cet exercice est presque réduit aux seules passions de l’homme isolé. Il méconnaît l’ambition, l’envie, l’avarice.
Les tourmens de l'amour ne déchirent point son cœur. C’est avec raison que l’antiquité nous a peint la chaste Diane ennemie de ses plaisirs, et le sauvage Hippolyte rebelle aux séductions de la fille de Minos et de Pasiphaé.
L'habitude de vivre dans les bois , donne au chasseur un caractère âpre, fier, inflexible aux raffinemens de la politesse; et le peu de culture de son esprit le rend insensible aux plaisirs des beaux-arts et des sciences, pour lesquels il affecte un mépris souverain.
Les organes locomoteurs sont surtout influencés de la manière la plus heureuse par l’exercice qui nous occupe. La chasse à pied réunissant la course . le saut, la marche, jouit de tous leurs avantages; elle a de plus celui d’exercer les extrémités supérieures pour le maniement de l’arme dont on fait usage.
Cependant la chasse n’est pas sans inconvénient. Tous les individus ne sont pas propres à réagir contre les intempéries de l’air, et un grand nombre contractent des maladies chroniques. Quelques manières de chasser exercent plus particulièrement une influence délétère. C’est ainsi que le chasseur étant quelquefois obligé de traverser des lieux marécageux, et
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même d’y séjourner, est ordinairement frappé de rhumatismes, d'inflammations catarrhales chroniques. Celui qui reste immobile, osant à peine respirer, pour attendre sa proie, reçoit toute l’action d’un air souvent humide, brumeux et froid, sans qu’il lui soit possible de se soustraire à ses effets.
G. Dr l’escrime.
L’exercice des armes exige un tel concours d’efforts, qu’il n'est pas surprenant qu’il puisse introduire dans l’organisme de profondes mutations. Les anciens le considéraient comme un des plus fatigans et l'un des plus propres à dissiper un embonpoint excessif. La nutrition qu’il augmente dans les puissances locomotrices n’est pas départie d’une manière uniforme, bien que tous les membres semblent être également en action. On a observé que le membre thoracique droit et le membre abdominal du même coté acquéraient un volume supérieur, dans l’homme qui faisait des armes de la main droite, à celui des membres du coté opposé ; que l’inverse avait lieu, dans le cas contraire. L’escrime serait donc trèsavantageuse, si l’on avait à combattre une faiblesse relative dans une des deux moitiés du corps. Mais il est bon de faire remarquer ici que cet exercice serait plus funeste qu'utile, si la faiblesse dépendait d’une affection locale de la partie de l’encéphale qui préside aux mouvemens , surtout si cette affection n’était pas très-ancienne; car, dans ce pas, l’exercice devant être commandé par la partie malade, ce tra-