DEUXIÈME PARTIE. s
ainsi les plus prompts secours à son semblable qui les réclame; il peut franchir, par le même moyen, un espace considérable sans pont et sans bateau : il peut courir un jour entier avec la plus grande célérité, et venir annoncer à l’aréopage la nouvelle de la victoire que la patrie vient de remporter sans payer de sa vie ce généreux effort , etc. Quelques personnes , mues par l’amour du bien public , frappées des avantages sans nombre qu’on pouvait retirer de ce moyen, en ont fait une étude spéciale, et se sont efforcées d’en faire l’application. Mais dans cette ville où règne cependant beaucoup moins de frivolité qu’autrefois, tout est mode, tout est vogue. Les gymnases modernes, après avoir rempli les colonnes de tous les journaux, après avoir, pendant quelques jours, occupé toutes les conversations, et attiré tout Paris dans leur sein, sont retombés dans le plus profond oubli. Mais les succès obtenus par les philanthropes dont nous voulons parler, leur sont une trop belle récompense pour qu’ils puissent se décourager dans leurs louables travaux.
Ils font d’abord faire à leurs jeunes disciples des marches dans différens sens, accompagnées de chant et même de musique. On leur fait exécuter des exercices partiels des membres. Ces mouvemens élémentaires consistent dans l’élèvement, l’abaissement, la pronation, la supination et la rotation des membres thoraciques , rendus plus ou moins difficiles par la promptitude avec laquelle ils doivent être exécutés. Les membres abdominaux sont exercés à des mou-
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vemens analogues et fort multipliés. Lorsque les jeunes élèves sont suffisamment habiles dans ces mouvemens préliminaires , on leur fait faire des exercices plus compliqués. La course en rond, en long, en avant, en arrière, les épaules et les bras libres d’abord de tout fardeau , chargés ensuite de poids plus ou moins considérables, est l’un des premiers auxquels ils se livrent. Viennent ensuite diverses espèces de lutte que n’accompagne aucun danger. Le saut et ses diverses variétés succèdent à la lutte. Ils apprennent aussi à grimper, par les bras, derrière une échelle sans appuyer les pieds; ils s’élèvent, à l’aide d’une corde à nœuds ou unie, en s’appuyant entre deux mats qui n’offrent aucune aspérité ; ils traversent d’un lieu dans un autre au moyen d’une corde horizontale. Le lecteur appréciera sans doute les effets qui doivent résulter de tous ces exercices, sans qu’il soit nécessaire de tomber dans les répétitions fatigantes que ne savent pas toujours éviter les monographes : nous pensons que ce que nous avons dit doit suffire.
Art. II. Exercices passifs.
Si l’on a fixé son attention sur ce que nous avons dit dans l’article précédent, on doit se souvenir que l’exercice spontané en mettant en action le système musculaire , nécessite en même temps le concours de l’innervation et de la circulation, sans lesquelles il ne saurait avoir lieu; que ces fonctions tenant sous