DEUXIÈME PARTIE
Ils se composent de secousses imprimées par une force extérieure, et d’efforts spontanés. Ils doivent par cette raison jouir des propriétés des uns et des autres, et selon que l’un ou l’autre domine, être plus ou moins toniques, plus ou moins excitans, favoriser davantage la nutrition des puissances locomotrices, ou la nutrition des organes de la vie individuelle. Ces exercices pourraient être combinés avec les précédens, de manière à servir de transition des uns aux autres. Tandis que l’individu sera très-faible encore, on devra se borner aux gestations ; à mesure que les forces reviendront , lui faire prendre un exercice mixte, d’où il passerait à un exercice actif, d’abord peu violent, enfin à celui qui exige le plus grand développement d’efforts musculaires.
A. De l’ équitation.
L’équitation peut être donnée comme le prototype des exercices dont nous parlons. Elle présente en effet les deux espèces d’exercices actifs et passifs, d’une manière bien distincte. Des secousses plus ou moins fortes sont imprimées par le mouvement de progression du cheval, et des efforts plus ou moins considérables sont faits par le cavalier soit pour se maintenir sur cet animal, soit pour le diriger dans sa marche. Le premier communique de légers ébranlemens ou de violentes secousses suivant sa vitesse et son allure,, suivant son organisation et suivant la nature du terrain sur lequel il marche. Les efforts du cavalier sont d’autant plus considérables qu’il est moins habitué à
2 "T 8 COURS d’hygiène.
monter à cheval, ou qu’il monte un cheval plus fougueux ou plus rétif.
L’utilité de cet exercice n’a pas été reconnue par les médecins de l’antiquité; mais les modernes l’ont beaucoup préconisé, et Sydenham en a fait le plus pompeux éloge. L’exercice du cheval ne peut être qu’extrêmement salutaire lorsqu'il est pris au milieu d’un air pur, sur les bords d’un fleuve, dans des bois touffus, sur des coteaux rians, ou dans des plaines fertiles. Le plaisir, les distractions qu’il procure, en agissant directement sur l’encéphale, le rendent très-propre à dissiper les effets des passions, à reposer cet organe fatigué de longues méditations; ce qui le rend précieux pour les gens de lettres.
Il ne sera pas indifférent pour tous les individus de prendre l’exercice de l’équitation à toutes les heures du jour, ou d’aller au pas, au trot ou au galop. On peut aller au pas après avoir pris des alimens; mais il pourrait y avoir quelque inconvénient à aller au trot, surtout sur certains chevaux dont cette allure est extrêmement fatigante. Ce sera celle qu’on devra choisir lorsqu’il s’agira de communiquer aux organes des chocs, des commotions très-sensibles. Le galop est un mode de progression extrêmement doux et agréable. Pendant l’été ce sera le matin ou le soir, et pendant l’hiver , au milieu du jour, qu’on devra se promener à cheval.
Nous ne jugeons pas qu’il soit nécessaire d entrer dans les détails des effets que produisent les commotions de cet exercice sur tous les viscères et sur toutes