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DEUXIÈME PARTIE

fois qu’il se déplace. Il faut encore tenir compte, comme différence importante, du mouvement de rotation auquel on est soumis dans cette espèce d’exercice. Cette impulsion circulaire est très -propre à déterminer des congestions cérébrales. Il en résulte ordinairement des étourdissemens, des vertiges, des nausées et même des vomissemens. Les mouvemens que l’on exécute pour saisir un anneau , au moyen d’un instrument conique , en font un exercice mixte. Cet amusement ne jouit pas d’une grande influence; il ne peut guère convenir qu’aux femmes et aux enfans.

Art. IY. De V inaction.

La paresse , dit-on , est naturelle à l’homme , il a horreur du travail, de la peine, de l’action. Cette assertion n’est pas toujours exacte. Ce qui est naturel, c’est que l’être qui a reçu des organes doit les exercer; ce qui est naturel, ce sont les désirs, et les passions, lesquels ne peuvent être satisfaits sans que les organes entrent en action. Sans doute l’homme craint la fatigue, mais il redoute plus encore un repos complet. J’imagine difficilement un supplice comparable à celui d’un individu que l’on condamnerait à une parfaite immobilité. Rien ne prouve d’ailleurs mieux combien le repos est peu naturel que les résultats funestes qu’il traîne après lui : ces résultats sont locaux ou généraux, primitifs ou consécutifs. Une partie reste-t-elle dans l’inaction, elle diminue de volume, les éminences musculaires s’affaissent, la peau

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qui la recouvre pâlit, la chaleur s’y éteint, elle devient de plus en plus inhabile «à sc mouvoir. Qui n’a observé ces effets sur des membres qu’un appareil chirurgical avait long - temps tenus dans l’immobilité? dans les ankylosés, dans les luxations, les fractures mal réduites, etc.? J’ai dans ce moment-ci dans mes salles plusieurs femmes qui sont dans ce cas. L’une d’elles a eu le bras droit luxé, en même temps que l’omoplate et la clavicule ont été fracturées. Ce membre totalement immobile, est moitié moins volumineux que celui du côté opposé ; les doigts sont allongés, inflexibles, aplatis; la peau qui recouvre ce membre est pâle, décolorée , et le peu de chairs dont il est revêtu sont flasques et molles. Une autre à la suite d’une blessure qui a divisé l’artère radiale de l’avant-bras gauche, a occasioné les mêmes accidens. Je ne parlerai pas de l’immobilité qui résulte des affections locales du cerveau , car on pourrait croire que l’atrophie qui en résulte n’est pas due simplement à cette immobilité. L’inaction ralentit d’abord dans la partie immobile la circulation et l’innervation , par suite la nutrition. Voilà l’effet local d’un repos forcé. Si le repos est général l’action du cœur et du cerveau se ralentit manifestement; la chaleur animale diminue, et les mouvemens organiques des autres viscères, qui sont sous leur dépendance, tombent dans une funeste inertie le système entier s’affaiblit d’autant plus profondément que la cause est plus absolue et plus durable.

Si l’inaction n’est que passagère non - seulement

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elle n’entraîne pas d’effet funeste , mais elle procure aux organes un repos nécessaire à une action nouvelle; elle donne aux parties le temps de réparer leurs pertes. Les fonctions assimilatrices s’exécutent alors avec d’autant plus de perfection qu’elles ne sont distraites par aucune action étrangère, et qu’aucune perte nouvelle ne détourne les sucs réparateurs de leur véritable destination. Cette inaction passagère n’est donc suivie que de résultats avantageux.

Sous l’empire de l’exercice actif, nous avons vu la digestion troublée et précipitée, sous celui d’un exercice passif, nous l’avons vue favorisée; il en est de même d’un repos passager. Mais un repos durable porte sur l’estomac son influence débilitante; la digestion est alors lente, tardive et pénible; les substances alimentaires font sentir leur séjour dans le ventricule par le poids qu’elles occasionnent dans l’épigastre, par les éructations qu’elles provoquent, et l’inappétence qu’elles procurent. Les matières alvines sont plus abondantes et plus liquides, et la défécation plus rare à cause du peu de contractilité du canal alimentaire. L’absorption intestinale est bien évidemment moins énergique que de coutume. Comment augmenterait-elle d’activité lorsqu’il n’y a pas de pertes à réparer? L’absorption interstitielle n’est pas plus énergique, et l’exhalation graisseuse du tissu cellulaire paraît être augmentée, si l’on en juge par l’espèce de bouffissure qui survient dans ce cas; phénomène qu’il est facile de vérifier, non-seulement sur les personnes très-sédentaires , mais sur les animaux

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qu’une barbare industrie prive de la lumière et de la liberté pour assouvir notre sensualité. Les contractions du cœur sont affaiblies, le cours du sang conséquemment ralenti; la circulation capillaire et la chaleur animale ont moins d’activité ; les mouvemens respiratoires se succèdent avec moins de rapidité. D’après des expériences positives, il paraît que l’action chimique de la respiration s’opère moins parfaitement, c’est-à-dire qu’une moindre quantité d’oxygène est absorbée à chaque acte respiratoire.

La même diminution d’activité se fait sentir dans les organes exhalans et sécrétoires; la perspiration cutanée est surtout infiniment diminuée, ainsi que l’exhalation synoviale; il en est à peu près de même des sécrétions glandulaires. Si l’on s’obstinait à juger de l’activité de la nutrition par l’augmentation de la graisse, nul doute que le repos absolu ne pût être regardé comme une cause d’augmentation de cette fonction; mais si c’est par la rapidité des réparations qu’on en juge, il n’en sera pas ainsi. D’abord, il y a peu de pertes à réparer, l’absorption intestinale et l’oxygénation étant peu actives, le sang qui en résulte est peu riche, peu réparateur; la nutrition ne saurait donc être très-énergique. Le tissu de nos organes est en effet plus lâche et plus mou, et si le tissu cellulaire se charge de graisse, ce n’est là qu’un embonpoint atonique qui ne peut caractériser le surcroît d’activité dans la fonction dont nous parlons.

Le repos musculaire est utile à l’action du cerveau lorsqu’il n’est pas absolu et de trop longue durée;

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