DEUXIÈME PARTIE
)é travail de Ramazzini, que Fourcroy cependant avait tâché de rajeunir. Cette raison a engagé un jeune médecin à publier un ouvrage sur cette matière, en y joignant tout ce que les découvertes modernes ont appris. C’est M. Pâtissier qui a entrepris ce travail.
Quoique les classifications ne soient peut-être pas aussi utiles à l’avancement des sciences qu’on l’a pense, il est certain néanmoins qu’une méthode qui rapproche les objets analogues, éloigne ceux qui diffèrent, favor.se leur étude, soulage la mémoire, évite les répétitions, etc. Ramazzini a senti l’avantage d’une classification , et l’ordre qu’il a établi a servi de base à la plupart de ceux qu’on a proposés depuis. II pense que les maladies nombreuses qui attaquent les ouvriers viennent de deux causas : la première et la plus commune, c’est la nature délétère des matériaux qu’ils mettent en œuvre; les exhalaisons nuisibles qui s’en élèvent enfantent une foule de maladies. La seconde cause doit être rapportée aux mouvemens violens et déréglés , aux situations gênantes et extraordinaires que beaucoup d ouvriers donnent à leur corps; elles altèrent peu à peu l’organisme , et y font naître , quoique lentement, des maladies dangereuses. Plusieurs auteurs modernes ont publié des classifications pour le même sujet ; voici celle de Fourcroy, adoptée, avec quelques légères modifications, par M. Pâtissier:
première classe. Maladies causées par des molécules qui , mêlées sous forme de vapeurs ou de
^9° cours d'hygiène.
poussière à l’air que les ouvriers respirent, pénètrent
clans les organes et en troublent les fonctions.
deuxième classe. Maladies causées par l’excès ou Le défaut d exercice. La première classe se divise en quatre ordres.
Le premier, ayant pour titre : Maladies causées par des vapeurs ou molécules minérales, comprendrait, sous autant de chapitres, les mineurs, les doreurs, les potiers de terre, etc.
Dans le second ordre, intitulé : Maladies causées par des vapeurs ou des molécules végétales, seraient rangés les parfumeurs, ceux qui travaillent au tabac, ceux qui sont exposés aux vapeurs du charbon, etc.
Dans le troisième , qui traiterait clés maladies causées par des vapeurs ou des molécules des trois règnef mêlées ensemble, renfermerait les chimistes et tous ceux en général qui emploient des substances des trois règnes dans leurs travaux, et qui sont exposés aux vapeurs malfaisantes qui s’en élèvent. La deuxième classe se subdivise aussi en quatre ordres.
Le premier exposerait les maladies de tous les ouvriers que leur travail force d’être le plus souvent assis , et d’exercer en même temps d’autres parties : tels sont les écrivains, les tailleurs, les ouvriers à l’aiguille.
Dans le second ordre, il serait question des maladies causées par la station trop long- temps continuée , viendraient se ranger naturellement les crocheteurs, les commissionnaires, les menuisiers, etc.
Dans le troisième ordre, où l’on traiterait des ma-