‹ Cours elementaire d'hygiene (volume 2)Chapitre 142 sur 207 · DEUXIÈME PARTIE. 2g I · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. 2g I

ladies causées par la trop grande application des yeux, on s’occuperait des horlogers, des joailliers, et de tous les ouvriers en petits objets.

Dans le quatrième ordre, où l’on parlerait des maladies produites par un trop violent ou trop long exercice de la voix , on serait conduit à traiter de celles des chanteurs, des crieurs publics, des acteurs, des joueurs d’instrumens à vent.

Dans une division particulière, on réunirait tous les artisans que leur profession oblige à respirer des vapeurs ou molécules nuisibles, et qui pèchent en même temps par excès ou pardefaut d’exercice, c’est-àdire qui sont exposés à toutes les influences des classes précédentes, comme les boulangers, les amidonniers, les blanchisseuses, etc.

Dans ce tableau, il n est nullement question des ouvriers exposés habituellement à une forte chaleur, à une vive lumière, aux intempéries de l’air, à l’humidité; et un oubli qu’on n’aurait pas dû craindre de la part de l’auteur du Système des Connaissances chimiques , c’est celui des savans et des gens de lettres, c’est-à-dire des personnes qui exercent principalement le cerveau.

Tout récemment on a divisé les professions en celles qui exigeaient une forte contention d’esprit; en celles qui, purement mécaniques, n’exerçaient que point ou peu le cerveau ; enfin en celles qui exerçaient également le cerveau et les organes locomoteurs. Cette division peut être bonne lorsqu’on ne s’occupe que du cerveau ; mais il est évident quelle

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est vicieuse pour l’hygiène, puisqu’elle passe sous silence des causes modificatrices qui méritent la plus haute importance.

Les mêmes actes ne peuvent être sans cesse répétés sans introduire dans l’organisme des mutations évidentes. Une pareille proposition peut se passer de développement. Constamment soumis aux mêmes influences, se livrant tous les jours aux mêmes travaux , qui exigent toujours les mêmes mouvemens ; incessamment entouré des mêmes objets; respirant la même atmosphère; recevant les mêmes impressions, il est impossible que dans l’exercice de sa profession l’homme ne contracte pas une organisation particulière. Ces modifications organiques deviennent causes prédisposantes de diverses maladies; il est peu de vérités médicales plus solidement établies.

Lorsqu’un individu embrasse un nouvel état, il ne tarde pas à se manifester dans l’exercice de ses fonctions des changemens qu’on attribue avec raison à cette cause. Peu à peu il se familiarise avec ces agens inaccoutumés, il se plie à leur action, il en reçoit %une empreinte spéciale , facile à reconnaître même pour les yeux les moins observateurs. Si nous portons nos regards sur certaines classes d’ouvriers, nous voyons qu’ils offrent tous un aspect qui leur est propre. Les uns exerçant certaines parties, offrent dans ces parties un développement remarquable. Ceux-ci présentent des épaules larges et arrondies; ceux-là des jambes volumineuses; l’un est brûlé par l’ardeur du soleil, l’autre est étiolé par l’obscurité.

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