‹ Cours elementaire d'hygiene (volume 2)Chapitre 144 sur 207 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

s'assurer de la puissance des professions. Les observateurs de tous les temps ont été frappés en voyant tous les individus d’un même^état périr victimes de la maladie, tandis que ceux qui exerçaient d’autres métiers bravaient impunément ses atteintes. Dans la terrible peste qui ravagea Marseille, tous les bout langers succombèrent; les vidangeurs, les corroyeurs, les porteurs d’eau, les fabricans d’huile et les chas» seurs échappèrent à ce fléau.

Toutes les professions ne promettent pas une carrière également longue. On a remarqué en général que la mortalité était d’autant plus considérable que les ouvriers étaient occupés à des travaux plus sales et moins lucratifs; sans doute parce que toute leur vie n’est qu’une infraction continuelle aux lois de l’hygiène, et que leur faible gain ne leur permet pas de se procurer les moyens de résister, par un régime alimentaire convenable, à des causes incessamment agissantes : ce serait un but bien digne de la sollicitude d’un gouvernement paternel que de chercher à atténuer, sinon à détruire complètement, la pernicieuse influence de certaines professions.

Art. II. De quelques professions en particulier.

hé nombre des professions est pour ainsi dire infini. Ce serait un travail bien superflu, et bien déplacé dans cet ouvrage que de vouloir parler de chacune d’elles ; mais nous ne pouvons nous dispenser d’entrer cependant dans quelques détails relativement à celles qui

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produisent des effets plus profonds sur ceux qui les

exercent.

A. Des profession $ qui exercent V encéphale.

Les professions qui exigent plus particulièrement l’exercice de l’encéphale et le repos du corps méritent d’abord notre attention. Les gens de lettres, les poètes, les peintres, les musiciens, les hommes d’état, de cabinet, les savans, etc., sont exposés «à des maladies particulières; ce que nous avons dit des travaux intellectuels nous dispense d’une description nouvelle des effets primitifs et consécutifs qui en sont la suite, et si le lecteur désirait avoir de plus amples détails il les trouverait dans l’ouvrage de Tissot sur les gens de lettres, et dans l’écrit de M. Brunaud sur ce même sujet.

Pour se soustraire aux dangers qui les menacent, les personnes qui exercent beaucoup la partie de l’encéphale qui préside à la pensée, doivent s’astreindre à suivre un régime assez sévère. Bien que quelques hommes illustres soient parvenus à une longue carrière, ce n’est guère qu’au détriment de sa santé et qu’en abrégeant ses jours qu’on obtient cette réputation, cette gloire, que bien des philosophes regardent comme une vaine chimère, mais que beaucoup de personnes poursuivent de leurs vœux les plus ardens. Les conseils de l’hygiène peuvent modérer, éloigner et même détruire les maux auxquels s’exposent les gens de lettres.

Lorsque le travail est un plaisir, il est rare qu’il

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