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DEUXIÈME PARTIE

soit dangereux; s’il est exécuté avec répugnance, au contraire, il peut devenir funeste. Cependant son opiniâtreté, quoiqu’il soit agréable, entraîne les suites funestes dont nous avons parlé, et le premier conseil qu’on doive donner aux personnes qui consacrent leur vie à la méditation, c’est de suspendre souvent leurs travaux. Si comme tout porte à le croire, et comme Tissot lui-même en était persuadé, chaque partie de l’encéphale est chargée d’ijne faculté différente, il ne sera pas sans avantage de varier le sujet de travail. L’une se reposera, tandis que l’autre entrera en fonction. Le moyen le plus efficace de reposer l’intelligence est de se livrer à un exercice actif. La chasse, la paume, le jardinage , l’équitation , la natation, opéreront une révulsion salutaire. La vue étant principalement en action dans les travaux littéraires, il sera fort avantageux de la reposer sur la verdure que les champs offrent avec profusion ; la promenade dans la campagne sera donc aussi utile , qu’agréable; et les poètes pourront y puiser de nouvelles inspirations, quoiqu’il leur soit plus avantageux d’oublier complétemment l’objet de leurs études.

Lorsque la saison ou le temps ne permettront pas de suivre les préceptes que nous venons de tracer, il sera très-utile d’entendre ou de faire de la musique. Je pense cependant, malgré l’avis de savans pour lesquels je professe une haute estime, que la musique portant son action sur le cerveau, où elle produit quelquefois les mêmes résultats que l’étude, pourrait

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n’être pas sans inconvéniens clans quelques circonstances. A défaut des distractions dont nous parlons , rien n’est plus efficace que la conversation que l’on fait avec quelques amis, et dans laquelle bien souvent on retrempe son esprit. Les douceurs de l’intimité avec une personne qu’on aime sont très-propres à conjurer les dangers des excès dans les travaux intellectuels. Mais les savans, peu aptes d’ailleurs aux plaisirs de l’amour, ne doivent s’y livrer qu’avec une grande modération. L’estomac sans cesse détourné de $es opérations par les travaux de l’intelligence, est rarement bien robuste chez l’homme de lettres. Un estomac faible suit l’homme de lettres, a-t-on dit, comme l’ombre suit le corps; on conçoit donc que les alimèns ne devront pas être de même nature chez lui que chez les gens adonnés à des travaux pénibles. Chez ces derniers, une nourriture grossière, composée de substances fortement réparatrices et d’une digestion laborieuse seront fort convenables; chez les premiers, au contraire, des alimens légers, d’une digestion facile, et médiocrement nourrissans devront être préférés; des viandes blanches, de la volaille, du poisson , des légumes herbacés feront la base de leur régime alimentaire; des fruits mûrs ou cuits leur seront aussi avantageux. Les alimens seront pris en quantité très-médiocre; quelques légères doses d’un vin généreux aideront utilement les forces languissantes du ventricule; le café pris modérément activera l’organisme entier, et l’encéphale ne restera pas étranger à cette douce excitation.

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