‹ Cours elementaire d'hygiene (volume 2)Chapitre 146 sur 207 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

C’est une habitude bien funeste aux gens de cabinet j3e refuser à l’air toute entrée dans le lieu où ils se livrent au travail : ils ne sauraient lui donner un trop facile accès. Il faut ( ce qu’ils font d’ailleurs la plupart du temps, mais par des considérations étrangères à l’hygiène ), il faut qu’ils élisent leur demeure dans un étage élevé, qu’ils reçoivent en hiver l’influen«e bienfaisante des rayons solaires; ils doivent cependant éviter avec soin de recevoir le soleil sur la tête, car, enclins qu’ils sont déjà aux affections cérébrales, cette cause occasionelle pourrait déterminer l’apparition d’accidens fâcheux. La chaleur de leur appartement' ne devra pas s’élever au-dessus de

10 à 1 5°. R. en hiver. Il faut que l’homme qui travaille immobile n’éprouve pas l’impression du froid.

11 se chauffera plus convenablement au moyen d’une cheminée qu’au moyen d’un poêle.

La propreté, que bien.de sa vans négligent, est un devoir indispensable pour eux. Si la malpropreté est funeste, c’est surtout à ceux qui n’en détruisent pas les effets par un exercice puissant. Les lotions, les bains tièdes en hiver, et froids en été doivent leur être recommandés. L’exercice du cerveau empêche de s’apercevoir des besoins que doivent faire naître les excrétions : celui qui étudie oublie souvent de les satisfaire. Il peut en résulter des inconvéniens graves qu’il est facile d’éviter avec un peu d’attention.

Ceux qui cultivent les sciences et les beaux-arts, ont coutume de donner peu d’heures au sommeil : c’est assurément un grand tort : aucune condition ne

3oo cours d’hygiène.

réclame plus impérieusement le sommeil que celle dont nous parlons, puisqu’il est le repos de l’encéphale, organe exclusivement exercé dans ces travaux. Un repos trop prolongé aurait néanmoins les inconvéniens que nous avons déjà signalés.

Mais quelle est l’heure la plus convenable pour se livrer à l’étude, et quelle durée peut-elle avoir? Bien des personnes pensent que le travail du matin est préférable à tout autre à cause de la lucidité des pensées , de la fraîcheur de l'imagination, parce que dans ce moment les idées de la veille ont eu le temps de s’effacer; mais beaucoup de gens ont de la peine à se lever matin, et le cerveau reste long-temps engourdi avant de pouvoir entrer en exercice. Le silence de la nuit est préféré par quelques autres : mais le soir on est obsédé par les idées de la journée, l’excitation cérébrale se prolonge aussi souvent fort tard, et nuit au sommeil. Le milieu du jour est troublé par les affaires et par le bruit. Il est dans le choix de tous ces momens des inconvéniens et des avantages; le meilleur conseil qu’on puisse donner à cet égard, c’est de se livrer au travail lorsqu’on y est disposé, et de le quitter lorsqu’il fatigue.

Si on se livre à l’étude sans disposition, on n’en retire que peu de fruit; et, si on prolonge le travail trop long-temps, l’esprit accablé n’enfante plus que des productions imparfaites. Il est dans tous les cas fort sage de ne se mettre à l’étude que lorsque la digestion est achevée. Le travail du cerveau et celui de l’estomac se nuisent réciproquement.

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