‹ Cours elementaire d'hygiene (volume 2)Chapitre 150 sur 207 · DEUXIÈME PARTIE. 3Q · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. 3Q

transmet qu’un fluide, sinon capable de détruire et la santé et la vigueur, du moins nullement propre à les produire. Ces ouvriers, travaillant la plupart du temps dans des ateliers humides, et faisant peu d’efforts, font peu de pertes par la perspiration cutanée, encore empêchée par leur malpropreté habituelle ; 1 exhalation graisseuse est donc abondante chez eux ; mais les sécrétions glandulaires sont en général frappées d’inertie. Les organes des sens et de l’intelli*

gence étant peu exercés sont peu développés; ils seraient néanmoins susceptibles de l’être. Leurs passions sont en général peu vives ; ils sont dominés par l’amour du gain; leurs organes locomoteurs tombent dans l’atonie, et plusieurs sont, dit -on, enclins aux plaisirs de l’amour. De ces habitudes fonctionnelles naît une disposition organique facile à reconnaître. Ces ouvriers ont rarement une bonne constitutionleur visage est pâle , bouffi , décoloré ; leurs yeux ternes et sans expression ; leurs chairs molles, leurs membres peu développés; leurs cavités étroites, et les organes qu’elles contiennent peu vigoureux. Cette disposition entraîne après elle une foule de maladies d’autant plus difficiles à combattre, qu’elles sont préparées de longue main, et qu’il ne faut rien moins que modifier entièrement l’organisme pour pouvoir les détruire. Les scrophules, les engorgemens glandulaires , les tumeurs blanches des articulations, les tubercules, les phlegmasies chroniques, le scorbut, les hémorrhagies passives, les flueurs blanches , les dartres, la gale, la teigne, les varices, etc., etc..

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telles sont les maladies dégoûtantes auxquelles ces individus sont en proie. Leur sort est d’autant plus déplorable , que leur métier étant leur seule ressource pour exister, ils ne peuvent le quitter sans tomber dans la plus affreuse détresse. Ces infortunés n’ont d’autre alternative que la maladie, la misère et la mort! Le médecin, condamné à être le témoin de ce triste spectacle, ne peut leur donner que de stériles conseils : eh ! que feront quelques médicamens contre l’action toujours persistante des causes destructrices ?

On devra cependant chercher à alléger leurs maux par les conseils suivans : Autant qu’il leur sera possible ils devront prendre un exercice actif au milieu des champs ; ils devront souvent interrompre leur travail, et changer fréquemment de position; chasser le chagrin par des chants qui respirent la gaieté ; dormir modérément; prendre des alimens nourrissans, mais de facile digestion, pour les proportionner à l’énergie peu considérable dfc leurs viscères gastriques ; du pain blanc de fine fleur de froment; quelques substance? animales, telles que du bœuf et du mouton; le vin le plus naturel possible et pur; une très-légère dose de liqueurs alcooliques; mais éviter soigneusement les excès dans ces boissons, car ils produisent des effets contraires à ceux qu’on se propose d’obtenir.

Ils devront renouveler le plus souvent possible l’air de leur atelier; ne point y travailler à la lumière artificielle ; et ne pas y entretenir une forte

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