DEUXIÈME PARTIE. 2g
ganisation, dont le siège est le cerveau, c’est-à-dire le centre de toute sensibilité, pourraient-elles n’avoir pas d’influence sur les organes des sens, et principalement sur l’œil qui, comme on l’a dit si souvent, est le miroir de l'âme? Si le vulgaire même s’est aperçu des cbangemens que les passions impriment au regard, pourrait-on en nier l’existence? Nous n’ignorons pas qu’on pourrait répondre que ces expressions de physionomie sont plutôt dues aux mouvemens des parties accessoires de l’œil qu’à l’œil lui-même; mais peut-on penser qu’il y reste étranger? Non, si le regard étincelle de colère et de fureur, s’il languit d’amour, s’il brille d’espérance et de joie, s’il est terni par l’ambition et l’envie, ce n’est pas seulement à l’extérieur de ce sens que l’influence s’exerce, f^es sourcils et les paupières ne seront pas seuls affectés.
Art. VII. De V exaltation et de la diminution de la vue.
Il est quelques états particuliers qui , sans être précisément du domaine de la pathologie, ne sont pas non plus de celui de la physiologie; espèces d’infirmités douteuses, d’état valétudinaire des organes qui, sans être malades, ne sont cependant pas dans l’état sain. C’est principalement cet état incertain de maladie et de santé, cette espèce d’intermédiaire, qui mérite toute l’attention du médecin hygiéniste. La faiblesse de la vue est de ce genre.
On a donné le nom de vue faible à deux états
3o cours d'htgiène.
bien différons et même entièrement opposés. On dit qu'une personne a la vue faible, lorsqu’elle ne peut soutenir l’éclat d’une vive lumière, ou qu’une trèsforte clarté lui est nécessaire pour distinguer les objets. Je pense que c’est à tort que quelques personnes conservent une même dénomination à deux choses aussi différentes. Les anciens regardaient même la myopie comme une faiblesse de la vue, et la désignaient sous le nom d ' imbecillilas oculorum. Nous verrons tout à l’heure en quoi nous pensons que cette opinion était erronée.
On ne s’est déterminé sans doute à considérer l’individu qui ne peut supporter une vive lumière comme ayant la vue faible, qu'en le comparant à un autre qui soutient sans peine celte même lumière, qui peut se livrer à un travail long-temps continué sans éprouver la moindre fatigue, et auquel, aussi une lumière très-médiocre peut suffire, conditions qui caractérisent, en effet, la vue forte.
Cependant ce n’est pas sans répugnance que nous serions forcés d’admettre un excès d’irritabilité , comme un signe de faiblesse. Il nous semble préférable de désigner cet état par la périphrase que nous lui avons imposée ( exaltation de la vue) , que de lui conserver un nom qui nous semble consacrer une erreur.
L’exaltation de la vue est le propre des gens chez lesquels domine l’appareil de l'innervation; ce n’est alors qu'un caractère particulier de l'augmentation générale de la sensibilité. L’exaltation de la vue est