DEUXIÈME PARTIE
que l’on doit préférer : cependant si des travaux pénibles avaient occasioné beaucoup de fatigue, et que la tranquillité d’âme dont jouissent ordinairement les époux le permît, il serait avantageux d’attendre quelques moinens de repos , ou même qu’un premier sommeil eût délassé le corps : le sommeil de la nuit viendrait ensuite dissiper les fatigues de l’amour.
Lorsque les désirs sont très-prononcés , que le besoin se fait fortement sentir, tous les momens sont bons, et toutes les circonstances où le corps puisse se trouver, sont favorables, ou du moins ne peuvent pas s’opposer à l’accomplissement de cet acte. Il n’en est pas de même lorsque les besoins sont peu vifs , alors une foule de causes peuvent empêcher de les satisfaire.
Influence qu exercent sur le coït les divers agens de l'Hygiène .
Cette influence est médiate ou immédiate , primitive ou consécutive ; par exemple , pour ce qui regarde les alimens, nous avons dit que la plénitude de l’estomac, nuisait à l’exécution du coït, et que celui-ci nuisait à la digestion : voilà pour l’effet primitif; mais l’usage habituel d’une alimentation copieuse et réparatrice dispose aux plaisirs dç l’amour : voilà pour l’effet consécutif. L’usage des épices, desexcitans, des aromates favorise les individus du tempérament dit lymphatique, même pendant la digestion de ces substances; les personnes sensibles et irritables en éprou-
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\eront un effet tel , que l’érection ne pourra pas avoir lieu. Nous en dirons autant du café et des liqueurs alcoholiques; mais ces substances une fois digérées portent leur action sur les organes de la génération. Il est des alimens qui paraissent doués d’une vertu aphrodisiaque spéciale, tels que les poissons, les truffes, etc. Nous pensons que beaucoup d’entre eux jouissent d’une réputation usurpée; et si réellement quelques-uns excitent directement les organes génitaux, ce ne peut être qu’au détriment de celui qui en fait usage. La réparation que procurent ces substances n’est pas en rapport avec les pertes qu’elles occasionnent. Le meilleur des aphrosiaques est certainement celui qui répare le plus facilement et le plus abondamment; les substances animales qui proturent l’alimentation tonique et fortement réparatrice possèdent cette faculté au plus haut degré.
Toutes les températures ne sont pas également favorables au coït. Nous avons déjà dit qu’une chaleur modérée était la condition atmosphérique la plus heureuse pour les plaisirs de l’amour, et nous avons fortifié notre opinion de celle des anciens , et de. Celse en particulier. Les grands froids et les grandes chaleurs sont également contraires. Des médecins ont même prétendu qu'il fallait s’abstenir du coït pendant les jours caniculaires. Ce n’est pas ici le lieu de nous élever contre l’influence délétère, et, pour ainsi dire , merveilleuse que l’imagination de nos aïeux avait prêtée à la canicule; mais nous ne